DIY ?

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Nhuman punk
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Re: DIY ?

Message par Nhuman punk » 18 févr. 2021 11:56

hey y'a des réflexions que je trouve hyper pertinentes là, ça pourrait être chouette d'en faire une synthèse?

blacksquare
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Re: DIY ?

Message par blacksquare » 18 févr. 2021 19:19

C'est justement la limitation du DIY à mon sens. Un bricolage autocentré qui rejoint l'auto-entreprenariat au sens libéral. C'est ce qui se fait récupérer par le capitalisme. (voir à ce propos "Le nouvel esprit du capitalisme" de Chiapello et Boltanski ou plus proche "Do it Yourself !" de Fabien Hein). A mon avis ce qu'il faut mettre en avant, c'est plutôt le collectif et les réseaux, des envies, des actions, au final une confiance commune dans des valeurs particulières. Les initiatives personnelles DIY sont certes sympathiques mais sans un soutien collectif elles s'épuisent et disparaissent non sans avoir générées quelques sous dans le circuit capitaliste (les fameuses compromissions, énergie nucléaire et j'en passe). D'où la question, comment stabiliser un collectif dans un esprit anarchiste, à savoir qui ne repose pas sur des principes (gloire à bakounine ! inch' stirner, etc....).
On peut prendre l'exemple de ce site qui résiste quand même bien à l'épreuve du temps. Le collectif commence par la discussion et l'échange. On pourrait récolter des entretiens avec les participant-es du site pour mettre ces questionnements en avant et essayer de dégager des lignes directrices. Beaucoup de personnes présentes sur ce site appartiennent déjà à des réseaux, quel interêt de venir partager ici, serait-ce pour la promotion de leur dernier album ou de leur dernière action d'éclat ?
Que le DIY soit limité, à mon sens, c’est tout à fait normal. L’objectif de l’éthique DIY non-profit n’est pas de révolutionner la société dans son ensemble mais essayer de révolutionner un « champ » (pour reprendre un terme sociologique) tout à fait particulier qu’est le champ musical : révolutionner le champ musical, c’est proposer des alternatives pratiques concrètes à la logique marchande et aux pratiques imposées par l’industrie culturelle dans ce secteur de la culture particulier qu'est celui de la musique. Croire que le punk changera dans la société et les rapports sociaux dans leur totalité est, en effet, une croyance tout à fait idéaliste. Révolutionner un champ particulier, c’est certes un objectif limité, mais on ne peut pas être sur tous les fronts à la fois (cas des militants qui sont de tous les combats mais qui finalement en font vraiment parti d'aucun). Si tous les agents sociaux, de tous les champs existants faisaient de même, je veux dire s’ils essaient de révolutionner le champ social qu’ils investissent au quotidien, cela permettrait peut-être de produire quelques changements allant dans le sens d’une véritable émancipation collective...

Pour ce qui est de la notion d’ « autonomie », j’avoue avoir du mal à saisir le sens du propos. Certes ce terme a été récupéré par le néolibéralisme, mais c’est loin d’être le seul. Deleuze déplorait déjà en son temps la récupération du terme philosophique de « concept » par le marketing (« un concept-car », un « nouveau concept », etc.). Et que dire de la récupération du terme de « révolution » par notre cher président qui a intitulé son programme politique néolibéral ainsi ? Ce n’est pas parce que le néolibéralisme cherche à se réapproprier de tels termes qu’il faut pour autant les laisser tomber. C’est que justement le concept libertaire d’ « autonomie » n’a rien à avoir avec la notion libérale d’ « autonomie ». Dans le premier cas, il s’agit d’une autonomie sociale, dans le second cas, il s’agit d’une autonomie personnelle. Il n’est pas besoin d’être un fin analyste pour comprendre que l’ « autonomie » promue par le capitalisme n’a d’ « autonomie » que le nom puisqu’une telle autonomie personnelle désigne un dispositif social d’auto-réification de soi (gérer sa propre vie comme on gère une entreprise, se gérer soi-même comme le ferait un entrepreneur), et que donc une telle autonomie, au lieu de mener à l’émancipation de soi, mène au contraire à une plus grande soumission à la logique du capital/

A ce propos, la référence au livre Fabien Hein tombe à pic puisque j’avais eu le projet à un moment de faire une analyse critique de son discours sur le DIY. Disons pour schématiser qu’il distingue trois grandes positions dans la seconde partie de son livre : 1. Il y a les « vendus » qui ont clairement renoncé à l’éthique DIY pour rentrer dans l’industrie et se la jouer rock star (cas de Green Day) , 2. Il y a les « anarkopunks », les « orthodoxes » ou les « puristes » qui ne font aucun compromis avec l’industrie musicale mais qui, du même coup, restent à la marge et ne parviennent pas à vraiment changer les choses (cas de Crass), 3. Il y a les « pragmatiques » qui occupent une position intermédiaire entre ces deux extrêmes, qui ont à la fois un pied dans l’industrie et un pied en dehors, qui vendent des disques dans l’industrie mais en essayant de respecter tout de même une certaine éthique (cas de Fugazi). Fabien Hein semble clairement prendre le parti pour 3 contre 1 et contre 2 (le chapitre « les garants de l’orthodoxie punk » est sur ce point tout à fait édifiant). La question n’est pas ici musicale (à titre personnel, j’aime les trois groupes). Elle est celle de la prise de parti éthique ou politique. Disons que, contrairement à Fabien Hein, je me sens plus proche de 2 que de 1 ou de 3. Les expressions dont il fait usage pour défendre sa position (« entrepreriat punk », « succès commerciaux » ou « industrie punk ») sont pour moi contradictio in abjecto. Plus encore, elles me répugnent au sens où sa volonté de trouver un juste milieu entre ce qu'il présente comme deux excès est, selon moi, une manière tout à fait critiquable de poser le problème. Mais peut-être mon différend s'explique parce qu'au fond je ne partage pas avec lui-même le même style de vie, ni les mêmes aspirations, ni les mêmes valeurs...

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Chéri-Bibi
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Re: DIY ?

Message par Chéri-Bibi » 18 févr. 2021 21:15

Je plussoie !
Avec un bémol toutefois (bon, j'ai lu le bouquin de F. Hein quand il est paru donc je m'en souviens plus...), car autant je suis d'accord avec le fait de ne faire aucune compromission "majeure" (signer avec une Major, participer à des festoches servant de placards publicitaires à des grands trusts, etc.), mais cela s'applique dans le champ musical. En effet, un groupe de zik est une petite unité de guérilla en soi et rien ne l'empêche de se produire dans les conditions les plus précaires (concert sauvage, etc.) ni, surtout aujourd'hui, d'enregistrer, sortir et distribuer un disque hors des grands réseaux du business capitalo.
Cela vaut également pour une compagnie de théâtre et, dans un autre registre, pour l'édition (fanzines, livres) à petite échelle. C'est hélas déjà moins vrai pour le cinéma ou la viticulture (mais ça reste possible au prix d'intenses galères).

Pour d'autres sphères de production artisanale, ça devient nettement plus compliqué voire impossible (je vais pas multiplier les exemples, chacun-e les projetera à l'aune de sa propre expérience et de ses "champs de compétences").

Donc oui, si l'on ne s'en tient qu'au domaine musical, y'a des difficultés, mais c'est pas la mer à boire d'être totalement en marge des structures capitalistes. Or le constat qui a été fait dans cette discussion, ou alors je l'ai mal comprise, est celui du basculement de la mentalité libertarienne ("liberté d'entreprendre sans ingérences extérieures !") sur l'éthique Do It Yourself.

Après, si l'éthique DIY c'est vivre en autarcie dans son coin sans qu'on nous fasse chier mais également sans faire chier personne, clairement je laisse ça aux hippies.
J'adore Crass surtout parce qu'ils ont su rester offensifs, même du fond de leur petite communauté. Pourtant, ils tapaient par exemple carrément à côté en fustigeant la oi! prolo. Bon, je sais, c'est Conflict qui chantait The Great Cockney Rip-Off, pas Crass... Pis Steve Ignorant était super pote avec le regretté Micky Fitz, et The Business ont repris Do They Owe Us A Living... M'enfin, cette bataille de clochers entre lumpen des villes et intello des champs était tout de même un brin ridicule et surtout très contre-productive.

À mon sens, le DIY c'est faire AU MAXIMUM les choses par soi-même. Et AU MAXIMUM de manière collective.

Donc plutôt que compter les compromissions dans l'éthique DIY du voisin, ne s'agit-il pas davantage de comprendre la nature des obstacles qui s'opposent férocement à l'autodétermination des êtres et à l'autogestion des pratiques sociales ?

Pour moi, le principal problème de la fin du XXe siècle et de ce début de XXIe siècle est l'immense difficulté à créer du collectif.
L'offensive libérale des "années fric" (les 80's pour ne pas les nommer), avec Thatcher à la barre en UK et Reagan aux USA notamment, a surtout visé à détruire l'union des prolétaires et la conscience de classe qui permet de reconnaître en l'Autre non pas un concurrent mais un complice potentiel.

Aujourd'hui, il n'y a plus beaucoup de collectifs mais des regroupements éphémères d'intérêts au gré d'actions séparées. En clair, chacun se démerde pour faire sa tambouille dans son coin, recevant quelques coups de main à l'occasion (en musique, on appelle ça des "featuring").
Déjà parce que les éléments du langage eux-mêmes ont banni l'usage de termes comme "classe sociale", "prolétariat", "exploités", etc. Maintenant on dit "les exclus" pour la simple raison que le terme "exclueur" n'existe pas dans la langue française (alors qu'exploiteur, si). Donc c'est la faute à personne. Or bien évidemment que l'appétit gargantuesque des uns conditionne la faim des autres.

Désolé, je vais encore prendre ma pratique fanzinesque comme base d'exemples. Pas pour me la jouer (achetez-le bordel !), juste parce qu'il est tout de même indispensable -comme l'ont fait plusieurs intervenants ici bas– de partir de sa propre pratique productrice de richesses. Bref.
Depuis 2005 et le début du projet de nouvelle formule du ChériBibi, dont j'ai déjà causé, je me suis éreinté à tenter de mettre en place un vrai collectif pérenne. Résultat, même si beaucoup de gens participent à l'occase ou plus ou moins régulièrement, ça fait 15 ans qu'on est pas plus de deux pour tenir le bouzin... En clair, tout le monde veut bien jouer les wagons comme à St-Brieuc (surtout si y'a des bières !), mais pas multiplier les locomotives pour accoucher du train létal de Makhno !

Dans un registre pas si différent, le fait d'affirmer faire un zine de "culture populaire", alors que le terme me semblait tomber sous le sens, me vaut toujours d'être confronté aux sempiternelles mêmes questions et critiques ("Oui mais la culture populaire c'est TF1, Cyril Hanouna, gnagna..."). Systématiquement faites d'ailleurs par des "intellectuels de gauche" (et j'utilise le terme sans aucun mépris, en étant moi même un spécimen) se prévalant d'une radicalité certaine (ce dont je me prévaut aussi) et très souvent issus des classes "moyennes" ou bourgeoises (là par contre je passe mon tour).

Bien sûr, je ne demande à personne ses origines sociales à l'heure de partager un combat également social. Pourtant, souvent, l'approche du DIY des uns et des autres est conditionnée à leur culture de classe originelle.
Car la culture bourgeoise du "regroupement d'intérêts entrepreneurial" n'a rien, mais alors rien à voir avec la solidarité, seule condition de réussite d'un projet "Do It Ourself".

Bon, je finirais cette longue diatribe en citant deux grands penseurs du XXe siècle...

« La conscience du désir et le désir de la conscience sont identiquement ce projet qui, sous sa forme négative, veut l’abolition des classes, c’est-à-dire la possession directe des travailleurs sur tous les moments de leur activité. Son contraire est la société du spectacle, où la marchandise se contemple elle-même dans un monde qu’elle a créé. »
Guy Debord

« L'agressivité est ce qui fait tourner un bon groupe de rock'n'roll. Ça ne peut pas se simuler, sinon c'est de la merde et ça s'entend tout de suite. Les gens de classes supérieures n'arrivent pas à comprendre cela. Le système capitaliste ne peut pas créer des groupes de rock et s'attendre à ce que le public croie en leur énervement. Ça ne marche pas. »
Dee Dee Ramone
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ChristOff
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Re: DIY ?

Message par ChristOff » 18 févr. 2021 22:58

Coucou !

Mmh, sur la "radicalité", l'ouverture, les tentatives de porter notre "parole" plus largement, etc...

Je pense qu'il y a vraiment un grand truc derrière ce fantasme performatif de la diffusion massive. Moi, je me demande encore en quoi diffuser "largement" serait un gage d'ouverture. C'est un fantasme, produit par la grille de lecture capitaliste qui prétend (sans jamais vraiment le prouver d'ailleurs) qu'une idée, une création, elle n'a de l'intérêt et de la portée que si, et seulement si elle est massivement diffusée.

Hors, le punk DIY, il me semble, plutôt que de poser la question de COMBIEN on diffuse, il va se focaliser sur la question de COMMENT on diffuse. Le centre du problème n'est pas tant la quantité de bidules diffusés, mais la "qualité" avec laquelle on va le faire. Car on se dit que la forme même que l'on donne à la diffusion de nos idées est une partie et une représentation même des idées qu'on porte. En gros, si on dit qu'on est contre le mode d'organisation capitaliste, et que pour diffuser cette idée on a recourt audit mode d'organisation, on rend le message quand même au mieux complexe, au pire complètement inintelligible et hypocrite, non ?

C'est à dire que plus ont va être omnibulés par une diffusion "massive", moins on va faire gaffe à la façon dont on fait cette diffusion. Les prix vont comme par miracle grimper, on va avoir recourt à des intermédiaires qui sont de plus en plus éloignés de nous et de nos convictions, on va perdre le contrôle, on va s'adapter, on va devenir rationnels.

Bon, donc, on fait le choix d'une certaine forme de "clarté", et on nous le balance à la tronche, comme quoi ça serait une forme intransigeante d'élitisme. Et c'est souvent nos pote-sse-s qui nous disent ça. Pourtant, on roule pas des mécaniques avec nos postures, non ? On dit juste : "bah peut-être que ça marche aussi comme ça".

Bref, je pense que souvent la critique de "l’élitisme" des milieux punks DIY est totalement imprégnée de cette grille de lecture performative. Pourtant, la diffusion DIY, en soit, y a pas plus "ouvert" et simple : des prix "non-profit", des échanges internationaux, des tables de presse partout où on cause aux gens, où on est pas omnibulés par vendre, vendre, vendre...

En soi, je pense que fantasmer que pour "toucher du monde", il faille obligatoirement souscrire aux règles d'or du business est d'une tristesse sans nom. Je pense que ce qui fait que nos idées et nos créations peuvent potentiellement toucher des gens, les amener à se poser des questions, c'est JUSTEMENT le fait qu'elles soient "pas comme les autres". Alors, perdre notre temps à édulcorer cet aspect des choses, en croyant que seul la quantité sera la garantie d'une "transmission" idéale, ça me parait ouf ! C'est même complètement schizophrénique dans le fond : on atténue tout ce qui est intéressant dans notre message pour le rendre plus "accessible".

Et puis, c'est refuser aux gens la capacité à chercher un peu par eux/elles-même, non ? Si on critique cette culture où tout tombe tout cuit dans nos mains par le truchement de Saint-Amazon ou Saint-Discogs, bé faut tenter de montrer que y a du fun à chercher par nous-mêmes, être curieux/curieuses, à l'écoute, etc...

Je dirai aussi qu'il y a tout un volet... euh... symbolique ? Plus on accepte de coller à l'image de la petite boîte qui marche bien, même pas forcément en termes de chiffre d'affaire hein, mais ne serait-ce qu'en termes structurelles : une belle équipe présentable, un compte bancaire, des statuts légaux cleans, une compta en béton... plus on donne raison à ce mode d'organisation de tous les aspects de nos vie... Moi, par exemple, quand quelqu'un-e que je connais pas me demande ce que je "fais de ma vie", bé j'invente, j'ai honte de dire : "heu bé en vrai j'ai pas de vrai taf, je bricole quoi !". Même à mes parents, j'ai toujours plus ou moins menti... Et plus je vieillis plus j'ai honte, c'est ouf nan... et j'explique ça souvent par le fait qu'il y a 20 ans, la vie de trimard c'était un truc que je partageais avec plein de gens. Aujourd'hui, j'ai plus qu'un pote trimard, les autres sont ailleurs (et je les critique pas hein). Je me dis donc aussi que ce fantasme dont je parle ici, il a des incidences dans nos imaginaires, et qu'il ferme des portes sur le coin de nos tronches !

Et en dernier recourt, c'est aussi que cette tentative là (celle de s'ouvrir pour porter nos idées à plus de monde), elle a déjà été tellement de fois expérimentée, sans doute même par des gens sincères... de Chumbawamba à Green Day, et que, objectivement, nos idées ont-elles ruisseler par ce biais ? Ou alors, ces gens qui voulait porter un message différent n'ont-ils pas juste fini par devenir des ambassadeurs de la standardisation ? Et du coup, produire plus, au départ avec le beau rêve de porter haut des idées, si ça se termine en produire plus pour produire plus (et enrichir des gens qui se branlent magistralement de nos idées et de nos vies), on perds pas notre temps un peu ?

Ok, c'est un débat complexe, je l'admet. Je pense pas que rester enfermer sur nous-même soit un projet follement intéressant en soi, certes, mais je pense que si l'unique porte de sortie c'est de se mettre dans les rails de la machine capitaliste, on y gagne quoi ?

Finalement, j'affirme rien, mais est-ce qu'on est pas plus "efficaces" en se contentant de faire les choses qu'on aime, de la façon qu'on aime. Est-ce que rien que cette petite flamme là elle est pas porteuse de quelque chose. En plus, nous on mets zéro entrave à la diffusion de tout ça... si les gens veulent pas s'y intéresser, c'est pas en devenant ce qu'on prétend ne pas vouloir être qu'on va de toutes façons les toucher, non ?

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Re: DIY ?

Message par niap » 19 févr. 2021 9:31

Obnubiler (et pas omnibuler) :vieuxcon: . Sinon, comme dit plus haut, vachement intéressant comme débat, merci pour toutes ces reflexions et pistes de travail
Et pendant ce temps là, papon, libre jubile
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Re: DIY ?

Message par Nhuman punk » 19 févr. 2021 11:02

hey daniel, c'est bien crass à la base qui jouait "the great working class ripp off" et je pense que cette chanson s'adressait surtout à gary bushell et sa marchandisation de ses fantasmes sur la classe ouvrière et Steve ignorant pour le coup était un gros prolo pas intello même si il vivait dans les champs hehe. Mais oui oi polloi a repris ce titre aussi même si ils viennent de la oi!

Je pense que les intentions de chumbawumba et blaggers ita étaient plus politiques que celles de green day quand on parle de signer chez une major pour toucher plus de gens, après les blaggers eux se sont auto-sabordés mais ont réussi a volé plein de tunes à emi pour l'antifascist action et d'autres causes...Pareil pour chumbawumba même si leurs intentions étaient critiquables illes ont réussi des bons coups avec leur nouvelle notoriété...Après aujourd'hui je verrais vraiment pas l'intérêt pour un groupe de suivre cette démarche, comme dit christophe ça a été fait et refait, on voit ce que ça donne...

En vrai j'aimerai bien piocher dans ce qui est dit là pour en faire un zine ou quelque chose... ça fait du bien de lire ce genre de propos quand on a mal à son punk comme moi hehe

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Re: DIY ?

Message par Chéri-Bibi » 19 févr. 2021 12:58

Nhuman punk a écrit :
19 févr. 2021 11:02
hey daniel, c'est bien crass à la base qui jouait "the great working class ripp off" et je pense que cette chanson s'adressait surtout à gary bushell et sa marchandisation de ses fantasmes sur la classe ouvrière et Steve ignorant pour le coup était un gros prolo pas intello même si il vivait dans les champs hehe. Mais oui oi polloi a repris ce titre aussi même si ils viennent de la oi!

Oui oui, je n'opposais pas prolo et intello vu qu'on peut tout à fait être les deux (d'ailleurs une chronique de je sais plus quel zine qualifiait justement l'ChériBibi de zine "prolo intello"...), c'était pour faire une formule facile.
Gary Bushell est éminemment criticable, et d'ailleurs y'a une très bonne chanson de The Warriors (les ex-Last Resort) à ce sujet, ce qui permet de s'accorder une petite pause musicale sans trop faire dévier le débat...



ChristOff, je rebondirais plus en avant sur ce que tu dis quant à la tentation de laisser ses valeurs de côté pour avoir une diffusion "de masse", mais là je suis au boulot.
Ceci-dit, ce point a été longuement discuté dans le débat des 20 piges du ChériBibi en 2011 à Poitiers, donc je t'invite (vous invite) à regarder la vidéo postée plus haut (page précédente de ce topic) par bibi.
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Re: DIY ?

Message par ChristOff » 22 févr. 2021 17:32

Coucou, hey, moi je suis bien motivé pour tenter de bosser sur un projet collectif autour de ces questions, de la "culture punk DIY", peut-être faire le boulot de regarder un peu en arrière pour piger d'où ça vient, comment ça c'est construit, et puis prolonger avec le présent, voir les points de ruptures peut-être, enfin, j'en sais rien, mais déjà faire des trucs autour de ces questions, moi ça me motive...

Ce serait quoi le/les moyens de se lancer dans un truc comme ça ? Pour communiquer ensemble ? Pour coordonner les choses ?

Ah ouais, et l'idée de faire un "annuaire" punk DIY (pour que les gens qui cherchent des infos et qui connaissent pas forcément tout et tout l'monde), ça pourrait être chouette également, non ?

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Re: DIY ?

Message par bub » 23 févr. 2021 9:22

+1
:punk2:
-> communication = sur le forum, topic dédié ?

on peut commencer par une bibliographie en ajoutant la philosophie du punk de o'hara.
le boulot de regarder en arrière a déjà commencé, je pense, il faut récupérer les grands moments et poser le fameux regard "intolérant".

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Alita51
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Re: DIY ?

Message par Alita51 » 23 févr. 2021 16:39

Salut le forum,

ça fait une paye que je n'ai pas posté ici, du coup jprofite de l'occasion pour vous passer la bise et aussi pour saluer le taf maintenu en terme de maintenance, de mise à jour, de comptes rendus, ect...Personnellement j'ai essayé de limiter la place que prenait internet dans mon "engagement" au quotidien ces dernières années, ne m'en tenant qu'aux mails, à quelques blogs sites et pages d'informations (donc toujours pas utilisateur de Facebook - ou presque - ni discogs et consort)...et aussi en faisant un tour de moins en moins régulièrement sur la rubrique "la bibliothèque en feu" du forum. N'empêche, c'est pas pour minorer le rôle qu'a pu tenir le net et le forum de ce point de vue, car sans le forum Béru, puis Dynamite et enfin ici, c'est certain certain que je n'en serais pas là au jour d'aujourd'hui. Il y eu un vrai taf de passionné, de transmission vers les plus jeunes, effectué ici, et ça a marché!


Hmm, perso, je partage plusieurs des questionnements partagés ici. Je ne vais pas remonter tout le fil du débat mais juste dire qu'à Lille, le trip punk/crust /skin à perdu du terrain à mon sens, du moins, c'est beaucoup moins évident que des lycéens et des étudiants vont se mettre à sortir des zines, monter des groupes, au sens ou on peut l'entendre ici...dans les manifs, on va plus avoir tendance à écouter les tubes trap du moment, en boom ça va plus souvent danser sur de l'electro/trap/rap/variété que sur des tubes de rocksteady ou un hymne de Tragedy, des bérus ou de post Régiment, il y a toujours des squats mais plus de concerts là bas ni de zic qui s'y crée...
Les gens dont je fais parti, à faire des groupes, organiser des concerts, des fiestas et des trucs en lien avec la musique, on reste dans un truc accessible, ouvert (avec tout les trucs de prix libre, d'attention porté à l'ambiance des concerts, aux rapports interpersonnels, ect...on fait ce qu'on sait faire, on essaye de le proposer...et en même temps on essaye aussi de pas devenir des caricatures et de pas être racoleur, ou à côté de la plaque en tentant de suivre la tendance ou de faire les anciens maquisards à l'encontre de ceux et celles qui arrivent.

Du coup, des fois ya l'impression effectivement que le délire punk est a côté de la plaque, de l'époque...et en même temps...quand ya un concert ya facile 100/200 personnes qui se pointent (bon maintenant ya peau dzob aussi...). Quand ya un concert de soutien, ça fonctionne à fond...et les sujets abordés par les textes qui nous ont fait vibrées sont toujours d'actualités. J'ai aussi l'impression que ya pas que dans le punk que c'est Zerm, que toutes les couches sociales de notre classe exploitée en prennent dans la tronche, que c'est partout la déprim, le besoin de changement, d'un truc fou qui déborde de partout, mais en même temps la peur du flic, de l'isolement, du bâton...c'est vraiment opérant. Jcrois qu'il faut continuer avec le plus d'honnêteté et d'humilité possible, on fera pas une révolution avec des guitares, des fanzines et des squats, et en même temps, je me fais bien chier dans la révolution sans tout l'aspect festif, potache et spontané du punk ou d'autre chose...

Pour moi c'est nécessaire le délire punk en 2021, mais c'est autant important d'être connecté et impliqué dans d'autres univers, et que les vases soient communiquant plutôt qu'hermétiques si jpeux le dire ainsi.
Jvais essayer de relayer ces prochains jours plusieurs trucs qui vont sortir par chez nous et vous les partager.
ça me manque aussi vraiment les rencards où on pouvais croiser des gens de partout...


Et sinon, c'est une bonne idée pour la brochure, mettre en commun nos doutes et nos certitudes là dessus. On a l'air d'être plusieurs à se rendre compte des limites du délire....et à ne pas vouloir ou pouvoir lâcher l'affaire!
distro revues, fanzines, livres: https://lucanedistro.herbesfolles.org

Kronstadt - punk rock lille : https://kronstadtlille.bandcamp.com

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