"Tout Détruire.... Pour Tout Reconstruire"
sorti par pas mal de labels du coup j'en ai profité pour écrire une chronique, et je me suis emballé...
Fossoyeurs Septik (LP+Livre)
Re: Fossoyeurs Septik (LP+Livre)
A la suite des fêtes du solstice d’hiver et de la nouvelle année, où ce que j’avais croisé des cadeaux faits de blues, de Neil Young et autres Ennio Morricone, il me manquait un peu de musique de « bon à rien » à verser dans mes oreilles déglinguées et je me décidais à surfer négligeamment sur quelques VPC bien connues pour leurs valeurs artistiques. Et voilà que sur sucette distro, je tombe sur un nouvel album des FS, accompagné qui plus est d’un livre éponyme du groupe, livre de quelques 360 pages, dans le genre le livret ultime du disque. Trop content. Ni une ni deux, je me décide à regarder tout ça !
Il faut dire que j’ai un faible pour les Fossoyeurs Septik, depuis leur 45 tours « anarcho-folk pas content ». J’ai découvert ce mélange délicieux de guitare acoustique soutenue par une bonne section rythmique un peu folk (i.e. on comprend distinctement les paroles), un peu punk (le rythme s’énerve au bon moment), un peu ska, un peu valse parfois et une voix puissante bien arrachée et gouailleuse avec des paroles bien percutantes et sans concessions ni compromis (les 2 termes sont importants pour la suite) comme dans « On ira pas au paradis » avec cette fin qui s’entête sur ces superbes paroles « Alors nous chanterons pour qu’on nous entende jusqu’à l’autre bout du monde, Alors nous danserons jusqu’à ce que tout tremble et que s’écroule vos dieux immondes, Alors nous vivrons sans dieu ni maître ». Bref, tout s’enchaine dans la frénésie « Au cul, au cul », « Revolution », « la ballade des oubliés », sorte de poésie à la Villon nouvelle génération. Là-dessus, on nous pose une guitare qui égrène des notes mélodiques de bon aloi, comme dans les meilleurs morceaux de « Un tondu un chevelu » (par exemple dans « les Salons bleus »), et c’est parti, ce somptueux décor posé par le 7’, il n’y a plus qu’à voir la suite. Il faut également noter que les gaziers ont été formé à la fine sauce du grand Nord, issues de « Phase Terminale » (PT) et « la société elle a mauvaise haleine » (SEAMH) un CV grandiose, quand bien même le visuel plutôt insipide de ce premier vinyl reprend les codes noir et blanc des albums de la SEAMH, un truc bien DIY où on sent que l’esthétique n’est pas la préoccupation première de la pochette mais plutôt la sémantique ou le sens par l’image. Pourquoi pas, on aime aussi, c’est ça aussi le DIY, c’est crapouek mais on s’en branle, on veut du sens, de la conviction et de la rage ! -Je ne parle pas du split PT/SEAMH dont le visuel sort incidemment mais indéniablement du lot-
Cette dernière remarque est vite devenue obsolète avec l’arrivée du premier album « La pelle du désordre » illustré par la talentueuse Carotide. (Dans le nouveau-né d’AZM, le flexi zine, on retrouve d’ailleurs une chouette interview de Carotide, beaucoup trop courte -comme le zine-d’ailleurs j’en profite pour gueuler parce que le 45T flexi qui accompagne le zine est mal conçu avec le rond central qu’il faut retailler si on veut le faire tourner sur un platine disque, quelle avanie, mais je stoppe la digression). Un visuel donc parfait, pour une recette toujours aussi envoûtante. Si on regrette que trop de titres se répètent du 45t (Franchement, je n’ai jamais compris l’intérêt de réenregistrer des titres, si ce n’est un certain égocentrisme musical : une fois que tu as la musique en tête, d’un point de vue auditeur/rice, on s’en tape le coquillard qu’il y ait plus de ci et moins de ça ! Doit-on revendre la même soupe qui a eu précédemment marché pour achalander le gogo ? C’est de tellement mauvaise qualité qu’il faille acheter deux fois ? A noter que je ne parle pas de réenregistrement aussi admirable que ceusses de Doom avec « Fuck Peaceville » qui soulève d’autres problématiques anticopyrights !). On peut néanmoins pérenniser l’ensorcellement originel avec les deux pépites : « ALF » et « J’veux pas ». Je pourrais gloser longuement sur la richesse magique de ces deux morceaux (« Alors ils ouvrent les cages et ils sabotent et ils saccagent. Ils luttent contre l’intolérable Vive le front de libération animale » vs « Car moi j’veux pas, oh non j’veux pas Oh non j’veux pas de cette vie-là Oh non j’veux pas finir comme ça Mais moi j’veux pas, oh non j’veux pas S’il vous plaît laissez-moi rêver J’ai besoin de respirer ») mais revenons à nos moutons. Avec l’album suivant, on comprend que les mystiques FS ont rencontré les légendaires PS (légendaire depuis ce premier EP de 1989 -Ah ce « joli mois de mai », prélude à l’aventure majestueuse de Maloka ! Une sorte de Haine Brigade folk, et ce jusqu’au dernier album en date « Et poussent les fleurs… » très beau et puissant). Mais toujours ces réenregistrements de morceaux même si c’est en bonne compagnie avec nos fameuses 2 pépites (grr…), je reste sur ma faim qui gronde (avec en surplus un retour au visuel -torride- à la SEAMH). Et puis plus rien pendant 10 ans. Fallait-il revivre l’attente insupportable de « Tales of Terror » d’Inner Terrestrials après « X » qui a duré quand même une quinzaine d’année ? Alors autant dire, avec toute cette longue introduction, il y avait un historique assez lourd à gérer et des attentes à récompenser (ou décevoir ? mais non ce n’est pas possible…)
Il faut dire que j’ai un faible pour les Fossoyeurs Septik, depuis leur 45 tours « anarcho-folk pas content ». J’ai découvert ce mélange délicieux de guitare acoustique soutenue par une bonne section rythmique un peu folk (i.e. on comprend distinctement les paroles), un peu punk (le rythme s’énerve au bon moment), un peu ska, un peu valse parfois et une voix puissante bien arrachée et gouailleuse avec des paroles bien percutantes et sans concessions ni compromis (les 2 termes sont importants pour la suite) comme dans « On ira pas au paradis » avec cette fin qui s’entête sur ces superbes paroles « Alors nous chanterons pour qu’on nous entende jusqu’à l’autre bout du monde, Alors nous danserons jusqu’à ce que tout tremble et que s’écroule vos dieux immondes, Alors nous vivrons sans dieu ni maître ». Bref, tout s’enchaine dans la frénésie « Au cul, au cul », « Revolution », « la ballade des oubliés », sorte de poésie à la Villon nouvelle génération. Là-dessus, on nous pose une guitare qui égrène des notes mélodiques de bon aloi, comme dans les meilleurs morceaux de « Un tondu un chevelu » (par exemple dans « les Salons bleus »), et c’est parti, ce somptueux décor posé par le 7’, il n’y a plus qu’à voir la suite. Il faut également noter que les gaziers ont été formé à la fine sauce du grand Nord, issues de « Phase Terminale » (PT) et « la société elle a mauvaise haleine » (SEAMH) un CV grandiose, quand bien même le visuel plutôt insipide de ce premier vinyl reprend les codes noir et blanc des albums de la SEAMH, un truc bien DIY où on sent que l’esthétique n’est pas la préoccupation première de la pochette mais plutôt la sémantique ou le sens par l’image. Pourquoi pas, on aime aussi, c’est ça aussi le DIY, c’est crapouek mais on s’en branle, on veut du sens, de la conviction et de la rage ! -Je ne parle pas du split PT/SEAMH dont le visuel sort incidemment mais indéniablement du lot-
Cette dernière remarque est vite devenue obsolète avec l’arrivée du premier album « La pelle du désordre » illustré par la talentueuse Carotide. (Dans le nouveau-né d’AZM, le flexi zine, on retrouve d’ailleurs une chouette interview de Carotide, beaucoup trop courte -comme le zine-d’ailleurs j’en profite pour gueuler parce que le 45T flexi qui accompagne le zine est mal conçu avec le rond central qu’il faut retailler si on veut le faire tourner sur un platine disque, quelle avanie, mais je stoppe la digression). Un visuel donc parfait, pour une recette toujours aussi envoûtante. Si on regrette que trop de titres se répètent du 45t (Franchement, je n’ai jamais compris l’intérêt de réenregistrer des titres, si ce n’est un certain égocentrisme musical : une fois que tu as la musique en tête, d’un point de vue auditeur/rice, on s’en tape le coquillard qu’il y ait plus de ci et moins de ça ! Doit-on revendre la même soupe qui a eu précédemment marché pour achalander le gogo ? C’est de tellement mauvaise qualité qu’il faille acheter deux fois ? A noter que je ne parle pas de réenregistrement aussi admirable que ceusses de Doom avec « Fuck Peaceville » qui soulève d’autres problématiques anticopyrights !). On peut néanmoins pérenniser l’ensorcellement originel avec les deux pépites : « ALF » et « J’veux pas ». Je pourrais gloser longuement sur la richesse magique de ces deux morceaux (« Alors ils ouvrent les cages et ils sabotent et ils saccagent. Ils luttent contre l’intolérable Vive le front de libération animale » vs « Car moi j’veux pas, oh non j’veux pas Oh non j’veux pas de cette vie-là Oh non j’veux pas finir comme ça Mais moi j’veux pas, oh non j’veux pas S’il vous plaît laissez-moi rêver J’ai besoin de respirer ») mais revenons à nos moutons. Avec l’album suivant, on comprend que les mystiques FS ont rencontré les légendaires PS (légendaire depuis ce premier EP de 1989 -Ah ce « joli mois de mai », prélude à l’aventure majestueuse de Maloka ! Une sorte de Haine Brigade folk, et ce jusqu’au dernier album en date « Et poussent les fleurs… » très beau et puissant). Mais toujours ces réenregistrements de morceaux même si c’est en bonne compagnie avec nos fameuses 2 pépites (grr…), je reste sur ma faim qui gronde (avec en surplus un retour au visuel -torride- à la SEAMH). Et puis plus rien pendant 10 ans. Fallait-il revivre l’attente insupportable de « Tales of Terror » d’Inner Terrestrials après « X » qui a duré quand même une quinzaine d’année ? Alors autant dire, avec toute cette longue introduction, il y avait un historique assez lourd à gérer et des attentes à récompenser (ou décevoir ? mais non ce n’est pas possible…)
Re: Fossoyeurs Septik (LP+Livre)
Comment commencer (si ce n’est pas déjà fait) ? Le LP fabuleux (« Tout détruire… pour tout reconstruire) » à nouveau élégamment illustré par Carotide ? Ou le livre brut de fonderie sous-titré « Une histoire de trouba ‘losers » (sans code barre -la classe-, ni sommaire, ni intro, édité par le label « La société pue », normal toujours les fumerolles SEAMH en arrière-plan). Partons sur ce livre que j’ai avalé en quelques heures, preuve que c’est un page turner. Trouba’losers ou trouba’looser ? Ou l’on apprend dès la couverture que « looser », non content d’être un anglicisme est aussi une graphie fautive. (Pour être un vrai loser, il faut être un looser !). Une succession de 89 chapitres donc qui commence bizarrement sur une autocritique, pourquoi un livre ? Je rigole en relisant le Punkculture qui interviewe Rat des Varukers : A la question « Un livre en vue pour les souvenirs ? », notre amnésique qui a enterré ses souvenirs dans l’alcool persistant réponds : « [Ecrire un livre] ça a été évoqué […] mais tout le monde a l’air de faire ce genre de choses aujourd’hui, donc non je ne pense pas. Je ne me souviendrais probablement pas de la moitié des choses qui se sont passés » ah ah ! Pour les souvenirs donc ? Ah ben pas trop, et autant le dire, pas très convaincu par cette introspection où transpire, tout en les cachant, les mots de narcissique et fierté (Est ce que je me pose des questions sur le pourquoi j’écris cette chronique ?? Dois-je vraiment citer Oscar Wilde : “Criticism, being the purest form of personal impression, is in its way more creative than creation”…). Mais au-delà de ça, on est pris direct par la verve prolétarienne de l’écrivain, ce n’est pas un monument de littérature mais un amas de trip-e-s qui va se répandre au fil des pages. Et finalement, c’est un peu le sens du livre, une sorte de méga interview intériorisé où on suit les démarrages et les aventures du groupe, entre concerts, répètes, enregistrements d’album, changement de line-up, tout ça écrit comme ça vient. J’avoue avoir eu quelques vertiges sur les 89 chapitres en mode « Mazette, mais on va se faire chier à lire des dizaines de scene reports ». Pour revenir à l’interview de Rat Varukers qui encense à raison les livres de Ian Glasper, il faut reconnaitre qu’après y avoir lu la bio des groupes dont tu raffoles avec entre autres electro-hippies, active minds, toxic ephex, dirt, conflict, oi polloi, zounds et autres disorder, discharge, cockney rejects ou partisans (pour parcourir la demi-douzaine de livres qu’il a écrit sur l’historique du punk anglais, avec une description spécifique pour chaque groupe parmi la centaine listé par livre), l’overdose est assuré, tu t’emmêles les pinceaux, tu ne reconnais plus les protagonistes, tu mélanges tout, et les histoires se répètent jusqu’à la nausée. L’intérêt premier s’émousse très fortement et tu commences à lire avec un déplaisir certain ses amitiés qui se lient et de délient à coup de DIY musical… Allez encore un ! Heureusement, le livre des FS se lit aisément (il énonce les choses clairement !) mais aussi peut-être pour des raisons qui finalement me sont propre. J’avoue que la découverte des références culturelles de l’auteur a achevé de justifier mon engouement pour le groupe. Un des élément déclencheur du groupe FS est l’écoute cajolante de Naive Fighter au réveil (L’utilisation miraculeuse de la flute à bec dans ce groupe punk folk de Slovaquie aura engendré une merveille musicale incontournable) sur un fond débordant de reggae punk à la Radical Dance Faction ou autres approches folk Kalashnikov et Defiance, Ohio. Voilà qui me parle vraiment, v’là ti pas que j’ai envie de réécouter tout ça en boucle ! Et la joie enfantine de jouer avec 1981, comment je la partage ! Pour la suite, sans spoiler les aventures de nos boute-en train, j’ai eu l’impression de revivre ma propre histoire musicale (mutatis mutandis !), ah ben oui, les classiques CCL, CICP et autres Tanneries à Dijon, les ambiances suisses, belges ou estrangères, les improbables concerts devant les bikers et autres disquaire day, la rencontre avec La Casa Fantom (mais ils sont partout ces norvégiens !) etc… que des péripéties qui me m’amènent à penser que si je veux partager un ressenti de mes années de vagabondage musicale, c’est la lecture de ce livre que je recommanderais ! Un petit interlude sur les galères, parce qu’un des objectifs du livre est de retracer la loose du camion qui plante, au concert pourri non annoncé non payé et en plus… très loin, et ben, ya rien de nouveau, c’est pareil partout, rien ne se passe sans accroc, et si ya plus de ci ou moins de ça, au final, on rencontre tou-tes les mêmes déboires, c’est la beauté du DIY quand faire à l’arrache est un mode de vie ! (Si tout était prévu, anticipé, planifié, normé, précis, rigoureux, figé… ce ne serait pas la vie, non ?). Donc, au-delà de ce qui me parle, il y a aussi ces réflexions pleines de bon sens sur les lieux, les gens, l’ambiance (Ah ! Henin Beaumont, la ville du diable !), et puis des anecdotes à foison entre vomis et flirts étonnants, le tout dans des descriptions de situations et de dialogues très vivantes. Avec tout ça, c’est déjà la fin et on n’a pas vu passer les chapitres 40 à 89 (la moitié des chapitres courent sur le dernier tiers du bouquin, ouf !). A la fin notre héraut conclut : « Je ne sais pas si j’écrirai une suite, on verra l’engouement… ». Mmmh, honnêtement, j’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture, mais est ce que je suis prêt à relire 350 pages de plus sur « FS 2 : la mission » ? Je ne suis pas sûr… Je n’ai pas encore lu « La saga des Sheriff » paru l’année dernière ou « Presque complet » des Vulgaires Machins (livre + LP) paru en 2025. C’est vrai que les livres fleurissent à la mode « Le mot et le Reste » qui en ont fait leur fond de boutique. Pourquoi pas après tout, les livres abondent et c’est tant mieux, vive la surinformation (Ooops je m’égare…).
Re: Fossoyeurs Septik (LP+Livre)
Mais parlons de bon sens : 2 petits détails m’ont hérissé le poil, mais c’est probablement encore une approche subjective antidaté.
- Le prix libre : Dans le chapitre « n’est pas parabellum qui veut »
o Description du point de détail, je cite : « C’est vrai que l’on ne fait pas ça pour gagner de la thune, mais là, clairement, c’est nous qui en perdons. L’exemple des concerts à prix libre, sans aucun soutien à une cause en est l’exemple flagrant, car pendant que l’on se monte des postures de rebelles anticapitalistes à contre-courant du monde marchand, les groupes, eux, sont en galère. […] Rien n’est gratuit. Le prix libre […] appauvrit et précarise […]. On me trouvera bien ici ou là des exemples me montrant que ce système fonctionne, j’en ai effectivement vu, mis aucun n’a duré sur la longueur » Mmmh… C’est marrant comme j’ai une impression de déjà vu, on m’a fait le coup sur l’anarchie (on a besoin d’un décideur !) !
o De l’argument légaliste : Tout d’abord, j’aimerai clarifier le prix libre, car il y a cette tradition séculaire dans le monde du spectacle et pas vraiment anarcho rebelle de se faire rémunérer au chapeau. Cette pratique est strictement interdite par le code du Travail, quel que soit le type de spectacle (i.e. anarcho-punk). En effet, on perd la notion de la durée du travail (temps de répétition, nombre de représentations, déplacement…) et c’est insupportable. Heureusement, dans notre bon système capitaliste, on peut fixer les prix grâce au marché. Tout le monde paye la même somme pour la même chose une fois que le contrat est bien établi avec les organisateur/rices du spectacle (même si on peut voir que le système évolue i.e. prix des avions ou des trains). Ce prix fixe est bien sûr absurde, chaque « client » est logé à la même enseigne quel que soit son historique financier, le groupe est payé en fonction de sa valeur qui n’a rien à voir avec la durée du travail, n’en déplaise au code du travail, mais avec la confiance dans le retour sur investissement (y aura-t-il beaucoup de monde au concert ?). Et puis l’Etat peut prélever sa taxe en passant, pour rester complétement dans l’argument contractuel. Bref, le prix fixe ne résout aucunement les problèmes de viabilité économique ou de valorisation du travail, il est tout autant inégale et injuste (pourquoi Parabellum serait mieux payé d’abord ?). Autant dire que nos concerts prix libre rejoignent simplement ceux des arts de la rue, même si la dimension politique y est plus explicite. Cette dernière devrait être introduite par nos rebelle anticapitalistes pour inclure une réflexion sur le prix libre (accessibilité, respect mutuel, confiance, échange, solidarité, liberté…) et, comme d’habitude, dans toute communauté, on trouvera toujours des rebelles parasites qui préfèrent boire des bières…
o De l’argument de méfiance : Tant qu’on y est sur les « postures de rebelles anticapitalistes », pourquoi ne pas non plus accuser ces tristes rebelles de se faire de la thune sur le dos des pauvres musicien-nes. Après tout, ça s’est déjà vu, quand la caisse disparait ou quand quelqu’un se sert dans la caisse. Avec ou sans prix libre soit, c’est la même histoire mais quand on commence à prêter des mauvaises intentions à autrui (punk poseur !) autant y aller jusqu’au bout. Je suis plutôt d’avis de persévérer sur l’éducation au prix libre, plutôt que de baisser les bras et recourir aux arguments des intermittents bien installés dans le système (i.e. il faut arrêter la concurrence déloyale) – on voit ce que ça vaut…
o De l’argument unilatéral : Regardons l’argument du point de vue du consommateur malsain : voilà des personnes qui ont trouvé un bon plan, elles savent gratouiller de la guitare (punk à 3 accords !) et elles s’offrent à l’œil des voyages à droite à gauche avec soirée gratuite tous les soirs où l’alcool coule à flot, hébergement gratuit (au prix où ça coûte, mon ami-e) et repas offert. La vie rêvée, comme chante La Fraction. A un moment, faut payer ses choix… c’est toujours les mêmes qui déboursent, nous autres, les consommateurs… Après tout, les musicien-nes consomment aussi un réseau d’organisation de concerts, de bénévoles qui font à manger et qui tiennent la caisse, qui font la publicité et qui nettoie la salle… bénévoles… genre gratuit ? paye ta posture ! Bref, quand on commence à réfuter les valeurs communes, ça peut vite partir en vrille…
- Les GAFAM (Googlavore, Appal, Fakebook, Amazonzon, Micrassoft)
« Il est possible de se passer des Gafam. Il faut revoir nos usages et sortir de leur tutelle (en utilisant d’autres logiciels ?). On peut y parvenir en se formant et en militant autour de soi. » Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir au détour d’une page du livre que l’un utilisait Googlavore pour effectuer une recherche sur internet ou que l’autre parlait de Micrassoft au réveil. Comme si ces marques n’étaient pas déjà omniprésentes, on en rajoute dans un bouquin DIY. Bllleeeeaaauuurrrrgghhh! Franchement on ne pouvait pas éviter ? C’est tellement dans le langage courant, que ça ne se remet plus en question ? Notons que ma déception fut d’autant plus grande que sur la pochette du LP apparaissent les liens de Fakebook et Instagloom pour les contacts… Sans rire, les utilisateurs de ces tristes « social media » sont tellement assistés qu’ils ne savent pas faire une recherche adéquate sur leur application, est-ce vraiment une nécessité d’user de l’encre pour faire de la pub à ces entités ? Il ne faut pas se leurrer, la visibilité recherchée n’est pas réciproque, on voit surtout celle du media social qui vit sur l’apport de ce contenu « gratuit » pour nous soumettre via l’attention addictive aux écrans. Bon, sans relever plus que ça le caractère honteux, après tout il y a trop de groupes fakebookés ou instagloomés à tel point que c’est difficile de contacter un groupe à l’ancienne, je me demande qui va vraiment regarder le contact à part effleurer rapidement « oh ils ont un fakebook, (pas) cool ! ». Autre sujet d’incompréhension, FS est disponible sur Spotify. Pour ça, il faut une action volontaire de la part d’un acteur (peut-être pas nécessairement un membre du groupe), est ce que ça résulte d’un consentement réfléchi (après tout il y a une rémunération minable qui peut être récolté en surplus de la « visibilité »), est-on prêt à rentrer dans la grande arnaque du streaming, à l’impact écologique non durable et, encore une fois, à la mise à disposition gratuite du contenu qui bénéficie aux riches et puissants actionnaires du e-market ? Pourquoi ne pas avoir choisi amazonzon music ou appal music ? Je ne vois pas trop de différence dans le concept… Pas glop, pas glop…
Maintenant, il me semblait nécessaire de relever ces deux détails éthiques sans remettre en cause l’approche global, après tout, « la critique est aisé… » et « qui aime bien… » bla bla D’autant qu’on ne peut pas faire de faux procès d’intention, vu que je ne vois rien de l’ordre du malveillant mais plutôt de l’impensé. C’est bien plus l’occasion de requestionner des pratiques qui deviennent transparentes et font la lie d’une société capitaliste inégalitaire.
- Le prix libre : Dans le chapitre « n’est pas parabellum qui veut »
o Description du point de détail, je cite : « C’est vrai que l’on ne fait pas ça pour gagner de la thune, mais là, clairement, c’est nous qui en perdons. L’exemple des concerts à prix libre, sans aucun soutien à une cause en est l’exemple flagrant, car pendant que l’on se monte des postures de rebelles anticapitalistes à contre-courant du monde marchand, les groupes, eux, sont en galère. […] Rien n’est gratuit. Le prix libre […] appauvrit et précarise […]. On me trouvera bien ici ou là des exemples me montrant que ce système fonctionne, j’en ai effectivement vu, mis aucun n’a duré sur la longueur » Mmmh… C’est marrant comme j’ai une impression de déjà vu, on m’a fait le coup sur l’anarchie (on a besoin d’un décideur !) !
o De l’argument légaliste : Tout d’abord, j’aimerai clarifier le prix libre, car il y a cette tradition séculaire dans le monde du spectacle et pas vraiment anarcho rebelle de se faire rémunérer au chapeau. Cette pratique est strictement interdite par le code du Travail, quel que soit le type de spectacle (i.e. anarcho-punk). En effet, on perd la notion de la durée du travail (temps de répétition, nombre de représentations, déplacement…) et c’est insupportable. Heureusement, dans notre bon système capitaliste, on peut fixer les prix grâce au marché. Tout le monde paye la même somme pour la même chose une fois que le contrat est bien établi avec les organisateur/rices du spectacle (même si on peut voir que le système évolue i.e. prix des avions ou des trains). Ce prix fixe est bien sûr absurde, chaque « client » est logé à la même enseigne quel que soit son historique financier, le groupe est payé en fonction de sa valeur qui n’a rien à voir avec la durée du travail, n’en déplaise au code du travail, mais avec la confiance dans le retour sur investissement (y aura-t-il beaucoup de monde au concert ?). Et puis l’Etat peut prélever sa taxe en passant, pour rester complétement dans l’argument contractuel. Bref, le prix fixe ne résout aucunement les problèmes de viabilité économique ou de valorisation du travail, il est tout autant inégale et injuste (pourquoi Parabellum serait mieux payé d’abord ?). Autant dire que nos concerts prix libre rejoignent simplement ceux des arts de la rue, même si la dimension politique y est plus explicite. Cette dernière devrait être introduite par nos rebelle anticapitalistes pour inclure une réflexion sur le prix libre (accessibilité, respect mutuel, confiance, échange, solidarité, liberté…) et, comme d’habitude, dans toute communauté, on trouvera toujours des rebelles parasites qui préfèrent boire des bières…
o De l’argument de méfiance : Tant qu’on y est sur les « postures de rebelles anticapitalistes », pourquoi ne pas non plus accuser ces tristes rebelles de se faire de la thune sur le dos des pauvres musicien-nes. Après tout, ça s’est déjà vu, quand la caisse disparait ou quand quelqu’un se sert dans la caisse. Avec ou sans prix libre soit, c’est la même histoire mais quand on commence à prêter des mauvaises intentions à autrui (punk poseur !) autant y aller jusqu’au bout. Je suis plutôt d’avis de persévérer sur l’éducation au prix libre, plutôt que de baisser les bras et recourir aux arguments des intermittents bien installés dans le système (i.e. il faut arrêter la concurrence déloyale) – on voit ce que ça vaut…
o De l’argument unilatéral : Regardons l’argument du point de vue du consommateur malsain : voilà des personnes qui ont trouvé un bon plan, elles savent gratouiller de la guitare (punk à 3 accords !) et elles s’offrent à l’œil des voyages à droite à gauche avec soirée gratuite tous les soirs où l’alcool coule à flot, hébergement gratuit (au prix où ça coûte, mon ami-e) et repas offert. La vie rêvée, comme chante La Fraction. A un moment, faut payer ses choix… c’est toujours les mêmes qui déboursent, nous autres, les consommateurs… Après tout, les musicien-nes consomment aussi un réseau d’organisation de concerts, de bénévoles qui font à manger et qui tiennent la caisse, qui font la publicité et qui nettoie la salle… bénévoles… genre gratuit ? paye ta posture ! Bref, quand on commence à réfuter les valeurs communes, ça peut vite partir en vrille…
- Les GAFAM (Googlavore, Appal, Fakebook, Amazonzon, Micrassoft)
« Il est possible de se passer des Gafam. Il faut revoir nos usages et sortir de leur tutelle (en utilisant d’autres logiciels ?). On peut y parvenir en se formant et en militant autour de soi. » Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir au détour d’une page du livre que l’un utilisait Googlavore pour effectuer une recherche sur internet ou que l’autre parlait de Micrassoft au réveil. Comme si ces marques n’étaient pas déjà omniprésentes, on en rajoute dans un bouquin DIY. Bllleeeeaaauuurrrrgghhh! Franchement on ne pouvait pas éviter ? C’est tellement dans le langage courant, que ça ne se remet plus en question ? Notons que ma déception fut d’autant plus grande que sur la pochette du LP apparaissent les liens de Fakebook et Instagloom pour les contacts… Sans rire, les utilisateurs de ces tristes « social media » sont tellement assistés qu’ils ne savent pas faire une recherche adéquate sur leur application, est-ce vraiment une nécessité d’user de l’encre pour faire de la pub à ces entités ? Il ne faut pas se leurrer, la visibilité recherchée n’est pas réciproque, on voit surtout celle du media social qui vit sur l’apport de ce contenu « gratuit » pour nous soumettre via l’attention addictive aux écrans. Bon, sans relever plus que ça le caractère honteux, après tout il y a trop de groupes fakebookés ou instagloomés à tel point que c’est difficile de contacter un groupe à l’ancienne, je me demande qui va vraiment regarder le contact à part effleurer rapidement « oh ils ont un fakebook, (pas) cool ! ». Autre sujet d’incompréhension, FS est disponible sur Spotify. Pour ça, il faut une action volontaire de la part d’un acteur (peut-être pas nécessairement un membre du groupe), est ce que ça résulte d’un consentement réfléchi (après tout il y a une rémunération minable qui peut être récolté en surplus de la « visibilité »), est-on prêt à rentrer dans la grande arnaque du streaming, à l’impact écologique non durable et, encore une fois, à la mise à disposition gratuite du contenu qui bénéficie aux riches et puissants actionnaires du e-market ? Pourquoi ne pas avoir choisi amazonzon music ou appal music ? Je ne vois pas trop de différence dans le concept… Pas glop, pas glop…
Maintenant, il me semblait nécessaire de relever ces deux détails éthiques sans remettre en cause l’approche global, après tout, « la critique est aisé… » et « qui aime bien… » bla bla D’autant qu’on ne peut pas faire de faux procès d’intention, vu que je ne vois rien de l’ordre du malveillant mais plutôt de l’impensé. C’est bien plus l’occasion de requestionner des pratiques qui deviennent transparentes et font la lie d’une société capitaliste inégalitaire.
Re: Fossoyeurs Septik (LP+Livre)
Revenons sur ce LP dans une double pochette. J’avoue avoir découvert sur le tard que la pochette s’ouvrait sur une très belle fresque de Carotide, qui de fait renvoie direct à la couverture. J’adore ces dessins qui se répondent et qui racontent une histoire (comme les excellentes couvertures des fanzines Speedball ou My Way de l’époque). On prend le temps de détailler l’artwork, de regarder les détails, d’apprécier le dessin. Genre avant et après, que s’est-il passé, pourquoi ? Le bâtiment en flammes gardé par les CRS vs le même mais squatté par nos calavera ? qui est avant ? qui est après ? message positif ou négatif ? Mmmh ! (Pour ma part j’y décèle un graffiti qui n’était pas là avant en contradiction avec le soleil qui se couche, ou se lève ? on regarde vers la Nord ou vers le Sud, Sherlock, paye tes 7 différences !) Je n’ai jamais été fan de ces pochette doubles pour des simples LP, probablement parce qu’elles sont mal exploitées mais ici ça prend tout son sens, donc trop bien ! De mon point de vue, le dessin d’une pochette est une quintessence du pop art, distribué en masse, facilement accessible (le prix d’un LP, à bas le marché de l’art ! … quoique le LP devient de plus en plus un objet de luxe !) Passé ce premier regard, écoutons les chansons de nos trouba’losers. Tout d’abord ce constat regrettable mais qui en devient décidemment une marque de fabrique. On retrouve 2 chansons réenregistrés qui apparaissaient sur le split avec Psycho Squatt. Bon, je ne me répéterai pas. Special focus cependant sur la réédition de « Un beau jour de Novembre » dont j’ai mis quelques temps avant de comprendre que « une promesse de Monsieur Besse », n’avais aucun lien avec le roi de l’évasion, Francis Besse mais avec plutôt son homonyme businessman qui est passé par les armes en Novembre 86. La chanson prend alors tout son sens. Encore fallait-il savoir de quoi on parlait ce « beau jour de Novembre ». La référence était plus claire avec Bière Sociale (« Mais quel prolétaire a pleuré le jour ou Mr Besse est mort »). Chais pas pourquoi on balance du Monsieur par ci, Monsieur par-là, est ce qu’on parle de Monsieur Macrouille ou Monsieur Troump ? C’est pour respecter la prosodie, j’imagine ! C’est aussi marrant de voir ce vieil évènement revenir de temps en temps ! Ah le bon vieux temps quand on coupait la tête des rois ! Mais repartons sur les chansons et nos marques de fabrique : toujours cette voix rocailleuse, pleine d’inharmoniques distordues, qui n’hésite pas à se lancer dans des exercices de sauts d’intervalle mélodiques très appréciables (et peu courant). Toujours un brin vulgaire (« ma main dans la gueule », « Prends-la toi dans la gueule ma grève») avec des chouettes paroles insolentes (« un futur sans toi ordure ») et surtout un souffle revivifiant pleine de fraicheur poétique digne des meilleurs traditions chansonnières des siècles passées (« il n’y aura jamais De murs assez haut Pour empêcher de souffler Le vent de la liberté », « la commune n'est pas morte tant qu'on la chantera haut et fort » « Et que si aujourd’hui nous ne sommes rien Oui demain, nous serons tout»). Chapeau ! On trouve également cette structure récurrente, digne des plus infaillibles slogans de manifs, quand on répète de nombreuses fois le même mot d’ordre sur des accords successifs (« la commune, la commune… », « Car il est mort, ouais il est mort, ouais il est mort, ouais le capitalisme est mort », « ah oui je fais la grève, ah oui je fais la grève… »). Et toujours efficace cette guitare lead qui égrène infailliblement et mélodiquement les notes, arpégé ou par mouvement conjoint. Je ne saurais non plus rebondir plus avant sur cette nouvelle basse agile et sautillante ou la batterie qui rythme de manière percutante, roulement profitable, accélération bienvenue. Bon tout ça pour dire qu’il n’y a plus qu’à écouter cette galette et réécouter et danser et chanter avec et fêter la fin du vieux monde. Pour finir cette modeste chronique un peu courte, je voudrais également saluer la chanson « Fafouest » qui fait honneur au rituel de la rengaine antifasciste – à la hauteur de « D100 N & D1000 » de Désert Culturel ou « Ils ne passeront pas » de Kochise et ce n’est pas peut dire : « Fasciste de base tu es mon pire ennemi » comme chantait Spook and the Guay dans « Antiracist soldier ». Pourquoi Fafouest ? Faf ou es-tu ? Faf à l’Ouest ? Est-ce un jeu de mot sur le Far West, sans foi ni loi ? Bien sûr politiquement il y a toujours à redire sur les paroles : est ce que le « petit » fasciste n’est pas un argument validiste ? est-il vraiment un idiot (« idiot utile du capitalisme ») – malheureusement non, cf le livre intitulé croire et détruire, les intellectuels dans la machine de guerre SS – « tout le monde déteste tout le monde » ? ben non quand même (du pur Hobbes, mais on a revu l’approche depuis, même chez les fascistes qui s’aiment quand même entre consanguins !)– ceci dit j’y décèle comme un petit rappel au « Meilleur des mondes » superbe morceau, s’il en est, de la SEAMH (« où tout le monde se déteste »). Mais fi des critiques, ce qui importe finalement, c’est le côté jouissif et défouloir de la chanson « Mais toi, petit fasciste, tu vas avoir une surprise Car de partout ça s’organise pour te détruire […] On se moque de vos drapeaux, on se moque de vos frontières Le poing en l’air, tous solidaires Oui le fascisme va disparaître, éradiqué, évaporé Oui le fascisme va disparaître et retourner pourrir dans le passé » Tout est dit et bien dit.
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