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Re: que lisez-vous en ce moment ? - le retour -

Message par Framboise » 03 juil. 2011 13:44

Après le chef-d'oeuvre de Lehane que je n'avais jamais lu :
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Mai 1993, le docteur Lester Sheehan, que sa mémoire est en train de fuir, décide d'entamer le récit de quatre jours de sa vie qui, quarante ans plus tôt, en modifièrent à jamais le cours.
Septembre 1954, le Marshall Teddy Daniels et son nouvel équipier, Chuck Aule, débarquent sur Shutter Island. Une femme s'est évadée de l'hôpital psychiatrique Ashecliffe, réservé aux criminels dangereux, qui occupe à lui seul toute l'île, une sorte d'établissement expérimental :
"En des temps moins éclairé, un patient (...) aurait été condamné à mort. Mais ici, les médecins ont la possibilité de l'étudier, de définir une pathologie, voire d'identifier et d'isoler cette anomalie de son cerveau qui l'a conduit à s'écarter de façon aussi radicale de schémas de comportement acceptables. S'ils réussissent, peut-être qu'un jour viendra où tout écart de ce genre sera totalement éradiqué de notre société."
Rachel Solando a donc disparu, mais le mystère de son incroyable évasion reste entier, matériellement impossible. Teddy et son équipier mènent cependant l'enquête, se heurtant à l'hostilité à peine voilée de la direction de l'établissement.
Et puis il y a cette tempête qui s'annonce, puissante, violente, et qui va bloquer les deux hommes durant quatre jours sur ce bout de terre coupé du monde extérieur...

Dennis Lehane nous entraîne dans une forme de huis clos angoissant dans un milieu bien particulier, celui de l'hôpital psychiatrique. Mais Teddy Daniels est également un homme marqué par la vie qui a connu les horreurs de la guerre en Europe, la libération des camps de concentrations nazis, qui a tué aussi. Plus intimement encore, il souffre de la disparition de sa femme, assassinée, brûlée, dont il n'arrive pas à se remettre. Cette enquête dans le monde de la folie le rapproche inexorablement de ses propres angoisses.
Dennis Lehane met en scène, à la manière d'un thriller de bonne facture, une lente descente aux enfers vers les tréfonds de l'âme humaine, au pays de la schizophrénie. La première partie du roman n'est pas sans rappeler "Vol au-dessus d'un Nid de Coucou" de Ken Kesey (porté à l'écran en 1975 par Milos Forman) par sa description de l'univers psychiatrique. Mais la particularité de l'auteur est aussi de s'attacher aux angoisses de ses personnages, de leur projeter les siennes, et on voit comme souvent le passé resurgir, déterminant le présent.
L'intrigue est solide bien sûr, les dialogues percutants, mais on se demande en cours de lecture s'il ne fait pas un peu traîner les choses, s'il ne laisse pas passer, même, quelques approximations... Ce serait oublier son talent et sa maestria car dans cette exploration des tourments de l'âme, Dennis Lehane nous réserve un final époustouflant qui laisse pantois d'admiration, littéralement ébahi par tant de maîtrise.
Du grand, du très grand Lehane. À lire absolument !
(Source : http://www.polarnoir.fr/livre.php?livre=liv189)

retour à Evangelisti avec :

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L’œuvre de l’auteur italien Valerio Evangelisti démontre, s’il est encore utile de le faire, que les frontières entre les genres très codifiés que sont le roman policier, la science-fiction et le fantastique, sont finalement très perméables. Le personnage récurrent de Pantera apporte une preuve supplémentaire de ce glissement, voire de ce mélange que n’auront pas manqué de remarquer par ailleurs, les lecteurs assidus de l’inquisiteur Eymerich, autre créature d’Evangelisti.
Pantera apparaît pour la première fois dans une nouvelle éponyme au sommaire du recueil Métal Hurlant. Nous y faisons connaissance du personnage, un métis afro-mexicain, qui est à la fois pistolero et palero, c’est-à-dire un magicien vaudou. Pantera est à peine plus sympathique que l’inquisiteur dominicain. Tout au plus, entre deux exécutions d’un rare sadisme, discerne-t-on chez lui un vague sentiment de compassion pour les victimes des diverses brutes et profiteurs qu’il côtoie. Chargé par les bourgeois d’une petite ville d’exorciser une horde sauvage d’outlaws fantômes qui les hantent, Pantera découvre les dessous glauques de cette cité du Far west. Puis, dans le roman Black Flag, on le retrouve en train de chasser Koger, un homme-loup, vers la fin de la guerre civile américaine. Trahi par ses employeurs, Pantera cherche refuge auprès d’une troupe d’irréguliers sudistes, commandée par les frères James et un anarcho-individualiste (d’où la couleur de la bannière qu’ils arborent). Mais, ce récit ne constitue qu’une des trois lignes temporelles d’un collage prenant pour thème la violence qui emmène également le lecteur immédiatement après le 11 septembre 2001 et vers l’an 3000. Ces deux textes font donc la part belle au fantastique et à la science-fiction. Et si Evangelisti aborde les zones d’ombre de l’Histoire des États-Unis, Pantera use davantage de la psychologie et de sortilèges vaudous que de son colt. Cependant, Anthracite, la nouvelle aventure de Pantera, s’affranchit très nettement de ces codes étrangers à l’univers du polar. Les sorts et gris-gris sont remisés en arrière-plan. Place à la description d’une lutte sociale et politique ; une lutte des classes, sournoise et sans merci. Un combat perdu d’avance…

La première question qui vient à l’esprit lorsque l’on lit Anthracite, c’est de savoir si ce roman peut se lire indépendamment des aventures précédentes de Pantera. À vrai dire si les allusions à Black Flag ne manquent pas, elles ne constituent aucunement une gêne à la compréhension de l’intrigue. On retrouve évidemment la thématique majeure de l’auteur ; cette violence inhérente à l’espèce humaine qui conduit les hommes à s’entredéchirer au lieu de s’unir, faisant par la même le bonheur de ceux qui les exploitent.
Ici ce thème est juste transposé dans un univers qui emprunte au meilleur du western spaghetti – visionnez Django et consorts pour vous faire une idée de l’ambiance – tout en faisant clairement référence au roman noir. L’argument initial laisse penser que le sujet du roman va se focaliser exclusivement sur l’épisode sanglant des Molly Maguires. En effet, Pantera est engagé, à l’instigation d’une ancienne amie prostituée, par les Molly afin de démasquer et d’abattre le traître qui se cache en leur sein. Rapidement, il s’avère que le propos de Valerio Evangelisti dépasse ce cadre très restreint. En fait, l’auteur nous convie à reconsidérer le rêve américain. Il nous ouvre les yeux sur les forces sociales et politiques antagonistes qui ont façonné les États-Unis. À l’instar de l’historien états-unien Howard Zinn (dont je recommande vivement la lecture de son Une Histoire Populaire des États-Unis de 1492 à nos Jours) mais avec un pessimisme cynique, il nous invite à une relecture de l’Histoire états-unienne dépouillée de ces artifices mythiques. Car si les États-Unis sont une nation, ils sont également une narration, figée sur le celluloïd des pellicules cinématographiques (visionnez Griffith pour vous en convaincre). Car si les États-Unis ont une Histoire, ils sont surtout une multitude d’histoires, devenues plus ou moins légendaires. Vous connaissez sans doute la réplique : « lorsque la légende devient un fait établi, on imprime la légende ». Aussi le regard de Valerio Evangelisti est-il formateur. Il incite à remettre en perspective nos représentations sur les États-Unis à la lumière d’autres sources. C’est une expérience enrichissante, à la condition de supporter l’artifice de la magie qui permet à Pantera de se retrouver au cœur de l’affrontement social et politique, des deux côtés à la fois, et ceci sans coup férir. Il faut également faire abstraction d’une intrigue très ample qui à force de multiplier les détours et les divers points de vue, a tendance à égarer le lecteur et à ralentir sévèrement le rythme. Fort heureusement, Valerio Evangelisti retombe sur ses pieds avec un dénouement implacable. Celui imprimé par les vainqueurs mais pas sur le papier.
(même source).
J'en suis à peu près à la moitié, et la pal fait bien 50 cm là...
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Message par Framboise » 03 juil. 2011 13:50

À noter pour ceux qui apprécient Valerio Evangelisti qu'il sera présent
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Message par Doctor Louarn » 03 juil. 2011 21:19

Je vais peut être finir par descendre sur la région Parisienne en fin de compte :D

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Message par niap » 11 juil. 2011 18:01

Ca fout les j'tons...

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Vous souvenez-vous des Shadoks, ces étranges oiseaux qui passaient leur vie à pomper, pomper, pomper et à inventer des machines toujours plus absurdes ? Les Shadoks, aujourd’hui, c’est nous, ou plutôt notre agriculture. Malgré son coût prohibitif, celle-ci ne respecte ni le pacte social qui la lie aux paysans, ni le pacte environnemental qui la lie aux générations futures, ni même le pacte de santé publique qui la lie à chacun de nous. Les ressources d’eau sont gaspillées, polluées. Nous recevons chaque jour dans nos assiettes notre dose de pesticides et autres résidus médicamenteux. L’agriculteur ne s’en sort plus, et il est injustement voué aux gémonies, lui qui n’est que le bouc émissaire d’un système qu’il subit. La confiance est rompue.
Pendant deux ans, Isabelle Saporta a parcouru les campagnes françaises. Dans cette enquête, elle met au jour l’absurdité du système, en le remontant de la fourche à la fourchette, du cours d’eau pollué aux cancers environnementaux provoqués par les pesticides, des animaux trop traités à l’antibiorésistance.
La conclusion semble s’imposer : puisque notre agriculture pose plus de problèmes qu’elle n’en résout, il est urgent de changer de cap et de revenir à davantage de raison. Mais si tout le monde s’accorde sur le constat d’échec, aucun responsable politique ne veut prendre le risque de s’attaquer aux fondements de l’agriculture intensive.
Loin de se contenter de brosser un tableau alarmiste, Isabelle Saporta avance des solutions simples. Pour les trouver, il suffit de savoir écouter ceux qui connaissaient le monde avant son délire productiviste. Ceux qui, aujourd’hui, travaillent d’arrache-pied à remettre les champs dans les sillons du bon sens paysan.
Et pendant ce temps là, papon, libre jubile
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Message par niap » 14 juil. 2011 14:25

"Panthère" de Carl Hiaasen.
Ecopolar pour la jeunesse (Gallimard jeunesse) par un auteur que j'avais découvert chez les grands avec "Croco-deal".
Humour et engagement écologique dans sa Floride natale, ce roman (initialement offert à ma fille) se lit plutôt bien à 40 piges, surtout qu'il y est fait référence à Edward Abbey et son fameux "gang de la clé à molette": Hayduke rules!!!
Bref un bon moment.
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Message par niap » 15 juil. 2011 7:40

Hier soir, lu "Soie" de Alessandro Baricco

Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable.
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Message par Framboise » 15 juil. 2011 9:20

niap a écrit :Hier soir, lu "Soie" de Alessandro Baricco
J'ai lu ça il y a au moins 10 ans : j'avais beaucoup aimé à l'époque. Tu nous diras l'impression que ça te laisse.
Moi, je ne lâche plus Westlake en ce moment, avec un Dortmunder que je n'avais jamais lu :


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Et dire que John Dortmunder en est réduit à faire du porte à porte pour vendre des encyclopédies ! Du gagne-petit pour un cambrioleur habitué aux gros coups. Heureusement, Victor, ancien agent du FBI et neveu d’Andy Kelp, a une idée géniale : un vol de banque. Attention, pas un braquage avec des menaces, des coups de feu et toutes ces choses déplaisantes. Non, l’idée c’est vraiment d’embarquer la banque, puisqu’elle est provisoirement installée dans un mobile home en attendant la réfection du bâtiment qui l’abrite. Un mobile home, comme son nom l’indique, est fait pour être déplacé. Avec un camion et un bon chauffeur, l’affaire devrait marcher... comme sur des roulettes.

Une des plus mythiques aventures de Dortmunder et de sa bande rééditée dans une traduction révisée et complétée.
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Re: que lisez-vous en ce moment ? - le retour -

Message par niap » 15 juil. 2011 11:07

Ben, j'ai trouvé ça "gentillet" sur le coup, mais j'ai beaucoup aimé la lenteur qui se dégage de l'histoire. De même que le procédé narratif consistant à répéter certains passages (description des voyages...).
Déjà, ce matin, j'y pense encore etje me dis qu'il est un peu plus que gentillet.

Bon, je vais aller voir mon libraire pour choper ce dortmunder pour mes vacances.
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Message par TepeyaK » 15 juil. 2011 18:42

J'ai fini Le Cantique de l'Apocalypse joyeuse d'Arto Paasilinna (chouette) ainsi que le tome 3 des chroniques de l'asphalte de Benchetrit. J'entame un Fajardie qui me passionne pas du tout.
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Message par provoQuation » 15 juil. 2011 20:13

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