L’évasion a son prix, L’artiste a ses revenus.

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Dan
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L’évasion a son prix, L’artiste a ses revenus.

Message par Dan » 31 juil. 2009 19:40

L’évasion a son prix, L’artiste a ses revenus.
:arrow: http://www.non-fides.fr/spip.php?article284

« - Ca lui fait bien deux heures de retard.
- Ah mais tu sais c’est un artiste, et les artistes…
- Ah ça, les artistes…
- Ils sont comme ça, les artistes. »


Difficile de ne pas fondre sous le charme des artistes et de ne pas les jalouser dans une société fondée sur l’interdit et sur la menace carcérale. L’on permet certains comportements à l’artiste que nul autre ne peut se permettre.
La supposée folie d’un Salvador Dali vous vaudra à vous une hospitalisation sans consentement dans les geôles de la psychiatrie. Alors que de ne rien produire d’utile par le travail pour cette société utilitariste ne vous apportera que misère, harcèlement des services sociaux et culpabilisation, il est socialement permis aux artistes de flâner malgré leur improductivité parfois rentable. Alors que votre loyer augmente jusqu’à ne plus pouvoir le payer, l’artiste se voit favorisé par les pouvoirs publics pour vous remplacer.

Qu’on se le dise, l’artiste est un privilégié, une caste à part : il possède le monopole de la créativité et de l’originalité, désir et création lui appartiennent. Nul besoin donc de créer, les artistes s’en chargent selon le même processus que celui qui consiste à laisser la pensée aux philosophes ou l’histoire à ceux qui nous gouvernent ; nous dépossédant ainsi de nos propres vies. La privatisation de la créativité est typique du monde qui la produit, de la délégation permanente de tout ce qui fait de nous ce que nous serions, si nous étions encore quelque chose après tant d’assauts sur l’autonomie individuelle.

Vis-à-vis du capital, l’artiste a pour mission de l’enrichir, et de s’enrichir au passage pour y assumer son rôle de consommateur en y réinjectant sa fortune. L’artiste trouve de fait sa place dans la société de consommation, son intégration dans le système est une évidence. Même si souvent, le spectacle se plait à faire passer nos chers artistes pour des rebelles, cela ne renforce qu’un peu plus le système, dont le vice se permet d’aller jusqu’à simuler sa propre critique pour finalement le renforcer par un retour en force systématique de la normalité. C’est auprès du spectacle que l’artiste se retrouve le plus valorisé, du moins, socialement. En effet, qui, lorsqu’il entend le mot « Culture », ne dégaine pas aussitôt son porte-monnaie ?

« Gagner de l’argent est un art, travailler est un art et faire de bonnes affaires est le plus bel art qui soit. »
Andy Warhol.

L’évasion a son prix et l’artiste a ses revenus. Et il est toujours plus facile de s’évader de cette guerre sociale sans trêve, que d’y contribuer activement. Instrumentalisé par l’argent au profit de la paix sociale, l’artiste peut alors aller vendre son plébiscite pour un candidat aux élections, pour une marque qui lui sied si bien, pour le culte du progrès ou la guerre humanitaire. A chaque cause perdue du progrès, de l’Etat ou du capital, son artiste attitré, son « parrain de la cause ». L’art, lorsqu’il n’est pas uniquement le loisir du dimanche des classes bourgeoises, est le meilleur consolateur de la misère humaine, le renfort de la paix sociale. Alfred de Musset disait qu’« un peuple malheureux faisait les grands artistes » ; dans la société, le malheur se traite à coup de Prozac.

Les artistes dits engagés, eux, servent au soulagement des consciences du petit peuple de gauche. Une diatribe de Léo Ferre à l’encontre des prisons, partagée par l’auditeur, permet la justification de son apathie. La tyrannie de l’opinion démocratique ayant réussit à faire croire à ses citoyens qu’avoir une opinion suffisait à exprimer une pensée, et que de façon performative, l’opinion avait valeur de transformation sociale : l’artiste engagé est le reflet médiatique, non pas de l’impuissance des citoyens, mais de la volonté d’impuissance de ceux-ci. Englué dans son petit confort, l’honnête citoyen n’a plus qu’à écouter son grand Léo, son petit Manu Chao, son rouge Ferrat, n’a plus qu’à envoyer dix balles aux réstos du cœur après que son artiste engagé préféré ne les ai sommé de le faire.

L’artiste humaniste qui montre sa sale gueule aux cotés d’enfants africains ne pesant pas plus que son porte monnaie, est celui qui en soulageant sa propre conscience, permet à ses « fans » de soulager la leur par procuration ; et ce, toujours selon les mêmes schémas qui définissent les différents temps de la démocratie, comme les élections.
Si pour se révolter il suffit d’écouter un CD estampillé « de gauche », de lire un poème exaltant la Classe d’Aragon, de voir un film social de Ken Loach pour y vivre la lutte par procuration ou de citer une ritournelle situationniste pour briller au panthéon de l’extrême-gauchisme éclairé, le pouvoir n’aura plus jamais de soucis à se faire. L’art engagé est un anesthésiant anti-révolte, le chloroforme déculpabilisant du bon citoyen de gauche.

« L’artiste doit aimer la vie et nous montrer qu’elle est belle. Sans lui, nous en douterions. »
Anatole France

L’artiste est aussi le pilier d’un milieu –on dit une « scène »- tout entier, auquel il permet d’être et qu’il fait vivre. Un écosystème bien particulier : Agents, attachés de presse, directeurs artistiques, attachés commerciaux, critiques, collectionneurs, mécènes, tenanciers de galeries, médiateurs culturels, consommateurs,… tout autant de rapaces vivant au crochet des artistes dans la joyeuse horreur du show-biz. Une scène avec ses codes, ses normes, ses parias, ses favoris, son ministère, ses exploiteurs et ses exploités, ses profiteurs et ses admirateurs. Une scène qui possède le monopole du bon goût, pratiquant le terrorisme esthétique sur tout ce qui n’est pas rentable, ou sur tout ce qui ne procède pas d’une mentalité bien particulière dans laquelle la subversion ne doit être que superficielle, sous peine bien entendu, de subvertir. Un milieu que l’on nomme La Culture. Chaque régime a son art attitré tout comme chaque régime a son Entartete Kuntz [1]. L’on peut croire que pour gagner de l’argent dans les milieux artistiques, il faut un don, mais pour le dépenser, il ne faut qu’une culture ; et la culture est une vaste machine à fric, le puit sans fond de la connerie humaine et de sa capacité à adorer, admirer, à fonctionner au charisme ou à suivre des leaders, qu’ils soient politiques, sociaux ou culturels.

« -Peux tu m’offrir un verre d’eau ?
-Tu es out.. Maintenant on boit directement du sang. »


Social Warhol.

Extrait de Non Fides N°IV.

Anto
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Re: L’évasion a son prix, L’artiste a ses revenus.

Message par Anto » 31 juil. 2009 22:21

J'ai un gros problème avec ce texte ... Mettre tout les artistes dans le même panier, je trouve ça gerbant. L'artiste n'est pas obligatoirement un plasticien ou un musicien. Toi qui a écrit ce texte est un artiste, l'écriture est aussi un art ...
La supposée folie d’un Salvador Dali vous vaudra à vous une hospitalisation sans consentement dans les geôles de la psychiatrie.
Otto Dix a été considéré comme artiste dégénéré car il faisait de la figuration.
Qu’on se le dise, l’artiste est un privilégié, une caste à part : il possède le monopole de la créativité et de l’originalité, désir et création lui appartiennent.
Clair ! Comme Van Gogh, qui n'a vendu qui tableau de son vivant et qui était considéré comme une merde pas croyable.
Vis-à-vis du capital, l’artiste a pour mission de l’enrichir, et de s’enrichir au passage pour y assumer son rôle de consommateur en y réinjectant sa fortune. L’artiste trouve de fait sa place dans la société de consommation, son intégration dans le système est une évidence. Même si souvent, le spectacle se plait à faire passer nos chers artistes pour des rebelles, cela ne renforce qu’un peu plus le système, dont le vice se permet d’aller jusqu’à simuler sa propre critique pour finalement le renforcer par un retour en force systématique de la normalité. C’est auprès du spectacle que l’artiste se retrouve le plus valorisé, du moins, socialement. En effet, qui, lorsqu’il entend le mot « Culture », ne dégaine pas aussitôt son porte-monnaie ?
Comme la plupart des grapheurs qui pour certains sont de très bons artistes anonymes, tout comme les groupes musicaux anarchopunk, ils ne cherchent que s'enrichir avec leur "Pay at least ...£" ...
L’art, lorsqu’il n’est pas uniquement le loisir du dimanche des classes bourgeoises, est le meilleur consolateur de la misère humaine, le renfort de la paix sociale.
Donc quand on s'amuse à jouer de la guitare dans sa chambre tranquilement alors on est forcément un bourgeois qui tente de passer son dimanche ? Même pas pour se divertir ...
Alfred de Musset disait qu’« un peuple malheureux faisait les grands artistes » ; dans la société, le malheur se traite à coup de Prozac.
Le peuple a besoin de connaître des artistes capable de porter leur voix, de ne pas se sentir seul, de soutenir les mouvements populaires ... Et l'art a pour but premier de créer le beau ... Quand tout est moche, c'est bien d'avoir certaines belles choses pour s'accrocher ...
Les artistes dits engagés, eux, servent au soulagement des consciences du petit peuple de gauche.
Revenons aux groupes musicaux anar qui sortent des compiles en soutien à toute sorte de causes ...
L’art engagé est un anesthésiant anti-révolte, le chloroforme déculpabilisant du bon citoyen de gauche.
C'est pas vrai ça ... Il va falloir que l'on me redonne la signification d'art subversif ... Alors tout ce que tu écoutes, lis, regarde n'est là en faites que pour t'endormir ... ?
Un écosystème bien particulier : Agents, attachés de presse, directeurs artistiques, attachés commerciaux, critiques, collectionneurs, mécènes, tenanciers de galeries, médiateurs culturels, consommateurs,…
Me rappelle pas avoir vu ça pour des artistes comme Crass, etc ...
Une scène avec ses codes, ses normes, ses parias, ses favoris, son ministère, ses exploiteurs et ses exploités, ses profiteurs et ses admirateurs. Une scène qui possède le monopole du bon goût, pratiquant le terrorisme esthétique sur tout ce qui n’est pas rentable, ou sur tout ce qui ne procède pas d’une mentalité bien particulière dans laquelle la subversion ne doit être que superficielle, sous peine bien entendu, de subvertir. Un milieu que l’on nomme La Culture.
Et la scène underground ? anarchiste ?

Enfin bref ... juste pour dire qu'utiliser le terme "artiste" pour décrire ça, c'est gerbant. Il y a une partie comme celle ci, mais tout les artistes ne sont pas avides de profit, de cirages de pompes et ne sont pas là pour enrichir l'état ... Le pourcentage de ces artistes est minime, évidement c'est la partie visible de l'iceberg, les autres sont bien piétinés.

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Re: L’évasion a son prix, L’artiste a ses revenus.

Message par damien » 01 août 2009 11:10

Anto, je croyais justement que la "scene" anarchopunk rejetait la notion, du moins pour soit méme, d'art et d'artiste ?
Un écosystème bien particulier : Agents, attachés de presse, directeurs artistiques, attachés commerciaux, critiques, collectionneurs, mécènes, tenanciers de galeries, médiateurs culturels, consommateurs,… tout autant de rapaces vivant au crochet des artistes dans la joyeuse horreur du show-biz.
ça s'attaque bien a une (des) certaine(s) forme(s) "d'art".
Une scène avec ses codes, ses normes, ses parias, ses favoris, son ministère, ses exploiteurs et ses exploités, ses profiteurs et ses admirateurs.
Bon la evidemment on peut douter :lol:
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Re: L’évasion a son prix, L’artiste a ses revenus.

Message par Dan » 01 août 2009 12:06

Anto a écrit :J'ai un gros problème avec ce texte ... Mettre tout les artistes dans le même panier, je trouve ça gerbant. L'artiste n'est pas obligatoirement un plasticien ou un musicien. Toi qui a écrit ce texte est un artiste, l'écriture est aussi un art ...
La personne qui a écrit ce texte ne se considère pas comme "artiste", et ne se définit pas comme tel, c'est là que réside la nuance que t'as pas capté.
Anto a écrit :
La supposée folie d’un Salvador Dali vous vaudra à vous une hospitalisation sans consentement dans les geôles de la psychiatrie.
Otto Dix a été considéré comme artiste dégénéré car il faisait de la figuration.
et alors?
Anto a écrit :
Qu’on se le dise, l’artiste est un privilégié, une caste à part : il possède le monopole de la créativité et de l’originalité, désir et création lui appartiennent.
Clair ! Comme Van Gogh, qui n'a vendu qui tableau de son vivant et qui était considéré comme une merde pas croyable.
Mais on s'en fout de Van Gogh, d'Otto Dix et autres "contre-exemples", encore une fois je ne vois pas le rapport!
Anto a écrit :
Vis-à-vis du capital, l’artiste a pour mission de l’enrichir, et de s’enrichir au passage pour y assumer son rôle de consommateur en y réinjectant sa fortune. L’artiste trouve de fait sa place dans la société de consommation, son intégration dans le système est une évidence. Même si souvent, le spectacle se plait à faire passer nos chers artistes pour des rebelles, cela ne renforce qu’un peu plus le système, dont le vice se permet d’aller jusqu’à simuler sa propre critique pour finalement le renforcer par un retour en force systématique de la normalité. C’est auprès du spectacle que l’artiste se retrouve le plus valorisé, du moins, socialement. En effet, qui, lorsqu’il entend le mot « Culture », ne dégaine pas aussitôt son porte-monnaie ?
Comme la plupart des grapheurs qui pour certains sont de très bons artistes anonymes, tout comme les groupes musicaux anarchopunk, ils ne cherchent que s'enrichir avec leur "Pay at least ...£" ...
Je veux pas casser tes rêves, mais "la scène anarcho-punk" a toujours ostracisé ceux qui à l'intérieur se la jouaient artistes. Pareil pour les grapheurs, en ce moment il y a une expo au grand palais sur le tag, à je sais plus combien l'entrée (je te laisse imaginer), si tu trouve cela normal c'est qu'on doit vraiment pas être du même groupe sanguin.
Anto a écrit :
L’art, lorsqu’il n’est pas uniquement le loisir du dimanche des classes bourgeoises, est le meilleur consolateur de la misère humaine, le renfort de la paix sociale.
Donc quand on s'amuse à jouer de la guitare dans sa chambre tranquilement alors on est forcément un bourgeois qui tente de passer son dimanche ? Même pas pour se divertir ...
tu te prend sérieusement pour un artiste quand tu t'amuse à jouer de la guitare dans ta chambre tranquillement? :lol:
Anto a écrit :
Alfred de Musset disait qu’« un peuple malheureux faisait les grands artistes » ; dans la société, le malheur se traite à coup de Prozac.
Le peuple a besoin de connaître des artistes capable de porter leur voix, de ne pas se sentir seul, de soutenir les mouvements populaires ... Et l'art a pour but premier de créer le beau ... Quand tout est moche, c'est bien d'avoir certaines belles choses pour s'accrocher ...
écoute, c'est tant mieux pour toi! Moi je suis plus tendance guerre sociale que Musée d'Orsay (même si je dois avouer que ce musée est l'un de mes péchés mignons). Plus sérieusement, ce monde de merde, ne me donne pas envie de "m'accrocher" tout seul dans mon salon ou au musée, mais de le combattre. C'est aussi ca la base minimale du "anarcho" dans "anarcho-punk".
Anto a écrit :
L’art engagé est un anesthésiant anti-révolte, le chloroforme déculpabilisant du bon citoyen de gauche.
C'est pas vrai ça ... Il va falloir que l'on me redonne la signification d'art subversif ... Alors tout ce que tu écoutes, lis, regarde n'est là en faites que pour t'endormir ... ?
Je le répète, tout dépend de ce que tu en fais. Perso, je n'ai jamais eu la sensation de prendre la bastille en écoutant un compact disc, ni en jouant, en peignant ou en écrivant quoi que ce soit. La subversion se trouve ailleurs.
Anto a écrit :
Un écosystème bien particulier : Agents, attachés de presse, directeurs artistiques, attachés commerciaux, critiques, collectionneurs, mécènes, tenanciers de galeries, médiateurs culturels, consommateurs,…
Me rappelle pas avoir vu ça pour des artistes comme Crass, etc ...
Si ce texte était un texte contre le travail, t'aurais fait le coup du pauvre petit patron et de son entreprise familiale?
Autre chose: Crass se définissaient ils comme des AAAArtistes?
Anto a écrit :
Une scène avec ses codes, ses normes, ses parias, ses favoris, son ministère, ses exploiteurs et ses exploités, ses profiteurs et ses admirateurs. Une scène qui possède le monopole du bon goût, pratiquant le terrorisme esthétique sur tout ce qui n’est pas rentable, ou sur tout ce qui ne procède pas d’une mentalité bien particulière dans laquelle la subversion ne doit être que superficielle, sous peine bien entendu, de subvertir. Un milieu que l’on nomme La Culture.
Et la scène underground ? anarchiste ?
Ben ouais, lorsque ces "scènes" reproduisent l'ordre social, son show-biz et sa hiérarchie, c'est du pareil au même.

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Re: L’évasion a son prix, L’artiste a ses revenus.

Message par Dan » 01 août 2009 12:08

Le peuple a besoin de connaître des artistes capable de porter leur voix
c'est pas la peine il y a déjà les politiciens.

Anto
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Re: L’évasion a son prix, L’artiste a ses revenus.

Message par Anto » 01 août 2009 12:36

Ouais bon, chacun sa définition d'art et d'artiste ... Mon idée reste la même : mettre tout les artistes dans le même sac, c'est de la merde. Et après que les gens refusent l'étiquette d'artiste, c'est qu'ils n'ont pas non plus la même définition d'artiste. Quelqu'un faisant de la musique, fait un art, est artiste ... En somme, je pense que tout le monde est artiste s'il veut, car tout le monde peut créer. Enfin bref, c'est qu'une histoire de définition tout cela. Pour les gens se disant AAAArtistes, en effet ce texte leur correspond impeccablement.

Louna

Re: L’évasion a son prix, L’artiste a ses revenus.

Message par Louna » 01 août 2009 13:51

.
Modifié en dernier par Louna le 07 oct. 2009 18:07, modifié 1 fois.

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Re: L’évasion a son prix, L’artiste a ses revenus.

Message par soï » 01 août 2009 14:21

Louna a écrit :
Dan a écrit : c'est qu'on doit vraiment pas être du même groupe sanguin.
Hmmm, en voilà de la belle nuance. La couleur de peau aussi tu peux essayer... non ?
pfff

groupe sanguin*
on commence comme ça, et on finit par plus aller à la synagogue

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Re: L’évasion a son prix, L’artiste a ses revenus.

Message par Butters » 01 août 2009 16:14

Dan a écrit :
Anto a écrit :J'ai un gros problème avec ce texte ... Mettre tout les artistes dans le même panier, je trouve ça gerbant. L'artiste n'est pas obligatoirement un plasticien ou un musicien. Toi qui a écrit ce texte est un artiste, l'écriture est aussi un art ...
La personne qui a écrit ce texte ne se considère pas comme "artiste", et ne se définit pas comme tel, c'est là que réside la nuance que t'as pas capté.
Restes sympa, ok ? Sinon, pas la peine de lancer de débat.
Il y a un problème alors : si le but de ce texte n'est pas de discuter des artistes au sens le plus répandu, mais au sens où le définit l'auteur tout au long du texte, c'est sûr qu'il a raison «Je définit artiste comme une personne qui fait ce qu'il veut et est payée pour ça. Maintenant que la définition est posée, le trouve que les artistes font vraiment trop ce qu'ils veulent et sont payés alors que ça n'est pas normal.»
Donc par la suite, je parlerais des artistes au sens courant.
Dan a écrit :
Anto a écrit :
Qu’on se le dise, l’artiste est un privilégié, une caste à part : il possède le monopole de la créativité et de l’originalité, désir et création lui appartiennent.
Clair ! Comme Van Gogh, qui n'a vendu qui tableau de son vivant et qui était considéré comme une merde pas croyable.
Mais on s'en fout de Van Gogh, d'Otto Dix et autres "contre-exemples", encore une fois je ne vois pas le rapport!
Un contre-exemple peut être donné pour rejeter une conjecture, c'est-à-dire un énoncé que les gens pensaient vrai.
Exemple :
Van Gogh est un artiste
Or Van Gogh n'est pas un privilégié
Donc l'énoncé "l’artiste est un privilégié" est faux

Je t'accordes que pour Otto Dix, je ne vois pas le rapport.

Je poursuivrais en disant que le monde ne se sépare par en 2 : les artistes et les autres. Ainsi, le développement informatique est décrit par certains hackers comme proche de la poésie : n'importe quel programmmeur vous dira qu'un code est plus joli qu'un autre, par sa structure, par l'intelligence dans la façon de faire, etc. Je metterais en exemple ce programme récitant les paroles de la chanson du même nom. C'est peut-être juste moche pour vous, mais pour moi qui suis un initié, c'est génial !
De meme, ma mere faisant des mosaiques. Je ne suis pas un grand fan, mais il est incontestable que c'est le l'art.

Il n'y a par une élite qui a le monopole de l'art. L'art, c'est se laisser porter par ses sens pour essayer d'atteindre quelque chose de beau (grosso modo).

Dan a écrit :
Anto a écrit :
Vis-à-vis du capital, l’artiste a pour mission de l’enrichir, et de s’enrichir au passage pour y assumer son rôle de consommateur en y réinjectant sa fortune. L’artiste trouve de fait sa place dans la société de consommation, son intégration dans le système est une évidence. Même si souvent, le spectacle se plait à faire passer nos chers artistes pour des rebelles, cela ne renforce qu’un peu plus le système, dont le vice se permet d’aller jusqu’à simuler sa propre critique pour finalement le renforcer par un retour en force systématique de la normalité. C’est auprès du spectacle que l’artiste se retrouve le plus valorisé, du moins, socialement. En effet, qui, lorsqu’il entend le mot « Culture », ne dégaine pas aussitôt son porte-monnaie ?
Comme la plupart des grapheurs qui pour certains sont de très bons artistes anonymes, tout comme les groupes musicaux anarchopunk, ils ne cherchent que s'enrichir avec leur "Pay at least ...£" ...
Je veux pas casser tes rêves, mais "la scène anarcho-punk" a toujours ostracisé ceux qui à l'intérieur se la jouaient artistes. Pareil pour les grapheurs, en ce moment il y a une expo au grand palais sur le tag, à je sais plus combien l'entrée (je te laisse imaginer), si tu trouve cela normal c'est qu'on doit vraiment pas être du même groupe sanguin.
A bon… Moi qui croyait que la musique était un art. Tu as aliasé artiste avec la description du texte, je ne suis toujours pas d'accord.
«il y a une expo au grand palais sur le tag» c'est cool… On doit en déduire quoi ? Tu souhaites que l'on généralises ? Anto vient de te montrer un contre-exemple. Ou alors, c'était un exemple ? Ça allait avec quelle phrase ?
Je n'ai pas compris ton histoire de groupe sanguin.
Dan a écrit :
Anto a écrit :
L’art, lorsqu’il n’est pas uniquement le loisir du dimanche des classes bourgeoises, est le meilleur consolateur de la misère humaine, le renfort de la paix sociale.
Donc quand on s'amuse à jouer de la guitare dans sa chambre tranquilement alors on est forcément un bourgeois qui tente de passer son dimanche ? Même pas pour se divertir ...
tu te prend sérieusement pour un artiste quand tu t'amuse à jouer de la guitare dans ta chambre tranquillement? :lol:
C'est pas se prendre pour un artiste. C'est être un artiste.
Dan a écrit :
Anto a écrit :
Alfred de Musset disait qu’« un peuple malheureux faisait les grands artistes » ; dans la société, le malheur se traite à coup de Prozac.
Le peuple a besoin de connaître des artistes capable de porter leur voix, de ne pas se sentir seul, de soutenir les mouvements populaires ... Et l'art a pour but premier de créer le beau ... Quand tout est moche, c'est bien d'avoir certaines belles choses pour s'accrocher ...
écoute, c'est tant mieux pour toi! Moi je suis plus tendance guerre sociale que Musée d'Orsay (même si je dois avouer que ce musée est l'un de mes péchés mignons). Plus sérieusement, ce monde de merde, ne me donne pas envie de "m'accrocher" tout seul dans mon salon ou au musée, mais de le combattre. C'est aussi ca la base minimale du "anarcho" dans "anarcho-punk".
Le monde est complètement noir, sans trace de bonheur. Toi, tu es un machine faite pour combattre le système, sans trace d'humanité : tu es capable de vivre sans la moindre source d'art. Tu vis sans musique, ni film, ni livre, tu détournes le regard dès que tu vois un tag où un objet.
Dan a écrit :
Anto a écrit :
L’art engagé est un anesthésiant anti-révolte, le chloroforme déculpabilisant du bon citoyen de gauche.
C'est pas vrai ça ... Il va falloir que l'on me redonne la signification d'art subversif ... Alors tout ce que tu écoutes, lis, regarde n'est là en faites que pour t'endormir ... ?
Je le répète, tout dépend de ce que tu en fais. Perso, je n'ai jamais eu la sensation de prendre la bastille en écoutant un compact disc, ni en jouant, en peignant ou en écrivant quoi que ce soit. La subversion se trouve ailleurs.
Je suis heureux que finalement, tu considères que la musique, la peinture et l'écriture sont des formes d'art. On progresse.
Bon, alors ne penses-tu pas que Karl Marx a eu un certain impact sur notre civilisation ? Et dans son cas, l'art est à son livre ce que la vaseline peut être à un suppositoire trop gros. C'est un moyen très efficace de faire passer des idées.
Tu crois vraiment que le cinéma Américain n'a aucune influence sur le mouvement contre-révolutionnaire ?
Dan a écrit :
Anto a écrit :
Un écosystème bien particulier : Agents, attachés de presse, directeurs artistiques, attachés commerciaux, critiques, collectionneurs, mécènes, tenanciers de galeries, médiateurs culturels, consommateurs,…
Me rappelle pas avoir vu ça pour des artistes comme Crass, etc ...
Si ce texte était un texte contre le travail, t'aurais fait le coup du pauvre petit patron et de son entreprise familiale?
Autre chose: Crass se définissaient ils comme des AAAArtistes?
On s'en fout qu'ils se définissent ou pas comme des artistes.
Le but du langage est de communiquer des idées entre des êtres. Pour cela, ces êtres doivent se mettre d'accord sur une norme plus ou moins vague, afin de se comprendre. Ces mêmes êtres ont définis le terme artiste. Crass est un groupe d'artistes, puisqu'ils créent de la musique, en esseyant de la rendre agréable. Si tu en doutes, écoutes la musique en lisant le texte d'une de leurs chansons et dis moi que ca n'a rien de poétique.
Dan a écrit :
Anto a écrit :
Une scène avec ses codes, ses normes, ses parias, ses favoris, son ministère, ses exploiteurs et ses exploités, ses profiteurs et ses admirateurs. Une scène qui possède le monopole du bon goût, pratiquant le terrorisme esthétique sur tout ce qui n’est pas rentable, ou sur tout ce qui ne procède pas d’une mentalité bien particulière dans laquelle la subversion ne doit être que superficielle, sous peine bien entendu, de subvertir. Un milieu que l’on nomme La Culture.
Et la scène underground ? anarchiste ?
Ben ouais, lorsque ces "scènes" reproduisent l'ordre social, son show-biz et sa hiérarchie, c'est du pareil au même.
Et lorsqu'elles ne le font pas ?

Vu la facon dont tu as répondu à Anto (tu peux l'appeller poussin ou Dave si tu veux le narguer), je te rappelles que nous ne sommes pas là pour te détruire, mais bien pour débattre avec politesse. Si tu veux juste avoir raison, lance un troll.

Webster
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Re: L’évasion a son prix, L’artiste a ses revenus.

Message par Webster » 01 août 2009 16:18

Louna a écrit :
Dan a écrit : Je le répète, tout dépend de ce que tu en fais. Perso, je n'ai jamais eu la sensation de prendre la bastille en écoutant un compact disc, ni en jouant, en peignant ou en écrivant quoi que ce soit. La subversion se trouve ailleurs.
Où ça ? aux alentours d'un véhicule prenant feu ? Ailleurs ? Où ?
Encore cette histoire de voiture auto-combustible, ca commence vraiment à m'inquiêter moi...

En tout cas, pour répondre à la question du où, vu les références (grand palais, orsay, etc), point de salut dans la boue provinciale visiblement. :lol: Haaaa Paris.

Nan, et puis surtout, j'ai du mal à voir ce que le texte en question apporte vraiment de nouveau, dans l'argumentaire anti-cultureux... Qu'elle est la production intellectuelle propre à l'auteur en fait?
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