Arrestations à Paris - Réunion publique au CICP le 20/02

Le punk n'est pas qu'une musique ! Ici on discute de l'actualité, des manifs et des résistances en lien direct avec notre culture. "Make punk a threat again", ça vous dit encore quelque chose ?!
Répondre
Asylum
fait partie du décor
fait partie du décor
Messages : 1586
Enregistré le : 19 oct. 2005 22:24

Arrestations à Paris - Réunion publique au CICP le 20/02

Message par Asylum » 19 févr. 2010 13:50

http://nantes.indymedia.org/article/19755
Réunion publique au CICP samedi 20 février à 19h

Liberté pour tous, avec ou sans papiers

Depuis des années, le contrôle des flux migratoires est un des axes majeurs des gouvernements européens. Tout en prétendant abolir les frontières à l’intérieur de l’espace Schengen, elles se sont renforcées et disséminées à l’intérieur de chaque territoire. Les frontières sont des points de contrôle, de pression et de tri qui peuvent avoir lieu dans la rue, les transports, les administrations, les banques, les agences d’intérim.

Face à cette politique, les luttes et les résistances sont multiples :
- grèves et occupations dans leurs lieux de travail par les sans papiers (contre les conditions de travail et pour obtenir des papiers),
- interventions dans les aéroports,
- réseau d’alerte pour repérer, alerter et, éventuellement, empêcher les rafles de sans papiers,
- lutte contre les entreprises qui participent aux expulsions (Bouygues, Air France, Accor…) par des manifs, des occupations de chantiers…
- lutte dans les centres de rétention (mutineries, grèves de la faim, incendies) en France comme dans de nombreux pays d’Europe.

Le 22 juin 2008, une révolte collective réduisait en cendre le centre de rétention de Vincennes suite au décès d’un retenu. Dix sans papiers on été inculpés pour cette révolte. Le 9 février, des peines allant jusqu’à trois ans de prison ferme ont été requises contre eux. A l’occasion de ce procès, diverses actions de solidarité ont été menées partout en France : manifestations, débats, occupations, sabotages… Parmi les entreprises visées lors de certaines actions, il y avaient les banques qui dénoncent les sans papiers, à savoir la Poste, la BNP, le Crédit Lyonnais, la Société Générale. Leurs façades ont été graffées et certains distributeurs (DAB) ont été mis hors service.

Le lundi 15 et mardi 16 février, sept personnes ont été arrêtées à Paris et leur domicile perquisitionné. Trois ont été relâchées sans charges. Quatre sont mises en examen pour dégradation de biens d’autrui en réunion et placées sous contrôle judiciaire avec interdiction de se voir. Une huitième personne serait recherchée.

Du débat à la manifestation, du sabotage à la grève, contre la violence de la machine à expulser et de l’exploitation, nous cherchons tous des modes de luttes pertinents.

Pour répondre à ce coup de pression et continuer à lutter :

Réunion publique au CICP samedi 20 février à 19h.

RELAXE DE TOUS LES INCULPES DE LA REVOLTE DE VINCENNES !
DESTRUCTION DES CENTRES DE RETENTION
LIBERTE DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION !
A BAS TOUTES LES FRONTIERES !
"Nous considérons les fins inséparables des moyens, parce que les méthodes de lutte laissent déjà entrevoir la vie pour laquelle nous nous battons".

Asylum
fait partie du décor
fait partie du décor
Messages : 1586
Enregistré le : 19 oct. 2005 22:24

Re: Arrestations à Paris - Réunion publique au CICP le 20/02

Message par Asylum » 26 févr. 2010 1:14

Paris : tiens donc, ça continue

Tiens donc, ça continue. La nuit de lundi 22 au mardi 23 février à paris, toutes les vitres d’une boutique SNCF ( rue Littré, 6e), d’une agence Carlson Wagonlit (rue Leriche, 15e), d’un local de la Croix-Rouge et d’un véhicule de ces derniers (rue Desgoffe, 6e), ont volé en éclats. Parce la SNCF expulse les sans-papiers vers les centres de rétention (par exemple après l’incendie de Vincennes ou la destruction de la « jungle » de Calais) et participe activement aux rafles, parce que Carlson Wagonlit réserve les billets d’avion des sans-papiers et des flics de l’escorte lors des expulsions, parce que la Croix-Rouge cogère la zone d’attente de l’aéroport de Roissy et des centres de rétention en Italie et en Espagne… ils mériteront toujours de se prendre des coups.

Les gesticulations de la flicaille n’arrêteront rien. Ici comme ailleurs, dedans comme dehors, solidarité avec tous ceux qui se battent pour la liberté.
http://nantes.indymedia.org/article/19836
Distributeurs de billets détruits

ce lundi, un distributeur de billets de la banque de la poste, un autre distributeur et quelques vitres de la banque bnp ont été détruits à neder-over-hembeek.

solidarité

encore

Aussi sur l'Avenue Louise, un distributeur de billets de la BNP/Fortis a été endommagé.
http://www.cemab.be/news/2010/02/8682.php
"Nous considérons les fins inséparables des moyens, parce que les méthodes de lutte laissent déjà entrevoir la vie pour laquelle nous nous battons".

Asylum
fait partie du décor
fait partie du décor
Messages : 1586
Enregistré le : 19 oct. 2005 22:24

Re: Arrestations à Paris - Réunion publique au CICP le 20/02

Message par Asylum » 28 févr. 2010 2:24

http://nantes.indymedia.org/article/19857
Sur les arrestations du 15 février à Paris des présumés sérial-DABers
samedi 27 février 2010
Le 15 février dernier à 6h du matin, 7 personnes ont été placées en garde à vue et leurs domiciles perquisitionnés à Paris dans le cadre d’une enquête sur l’agitation autour du procès de la révolte du centre de rétention de Vincennes et contre la machine à expulser.
Quelques précisions sur ces arrestations et leurs suites immédiates…


Perquisitions et réveil à 6h du matin

Aucune porte n’a été défoncée et la plupart du temps il a été possible de gagner quelques minutes avant l’entrée des flics (et avant qu’ils ne menacent d’utiliser leurs béliers). Au total, 50 keufs de la Section Antiterroriste (SAT) de la Brigade Criminelle (accompagnés de la DCRI, de la Brigade Financière, de spécialistes en informatique…) ont été mobilisés pour cette vague d’arrestations. Principalement, ils cherchaient des vêtements particuliers (écharpes, bonnets, blousons, sweat-shirt, chaussures), mais aussi des tracts, brochures et affiches sur tous les sujets, et notamment ceux contre la machine à expulser.
Ils ont saisis évidemment des ordinateurs, des téléphones portables, des agendas et autres calepins, ainsi que des aérosols de peinture, des banderoles (« Novembre 2005- décembre 2008, l’incendie se propage » et « Ni OTAN ni Talibans, désertons les guerres des puissants »). La flicaille a pris plein de photos de documents divers et variés et des titres de livres…). Enfin, des mégots et des brosses à dent ont été emportés en vue de prélèvements ADN ; à certains leurs sous-vêtements ont été « demandés », mais en vain ; et par excès de zèle un coton-tige « ADN » a été passé sur des draps de lit.

Suite à cela, les personnes ont été emmenées pour être interrogées. Des auditions ont également eu lieu pour d’autres personnes présentes lors des perquisitions. Rappelons au passage qu’il est possible de ne pas s’y rendre.

Interrogatoires.

Le fait de n’avoir « rien à déclarer », de refuser de répondre aux keufs et de ne signer aucun de leurs papiers lors de la garde à vue n’est pas tant une position de principe qu’une évidence pratique. La réalité de la GAV, c’est le temps des flics, où tout est fait pour obtenir des aveux, et où toute parole peut être retenue à charge. [On peut lire à ce sujet le texte Techniques d’interrogatoires dans le dossier Mauvaises Intentions].
Et malgré les coups de pression, nous savons que les keufs n’ont pas le pouvoir direct de prolonger la garde à vue, ni d’infliger une quelconque condamnation. En l’occurrence, les personnes gardées à vue n’ont rien déclaré ni signé.

DAB, balades et occupations

Au début des gardes à vue, les chefs d’inculpation retenus sont « dégradations ou destructions volontaires graves en réunion », « dégradations ou destructions en réunion par incendie ou substance explosive » et « association de malfaiteurs ».
En fait, les personnes arrêtées sont soupçonnées de participer à l’agitation autour du procès des inculpés de l’incendie du centre de rétention de Vincennes, et plus largement aux luttes contre la machine à expulser [Voir la brochure A chacun le sien] ; lutte qui s’est manifestée notamment par des occupations d’agences Air France et Carlson WagnonLits, des balades sauvages [Cf. la brochure Balades] des collages et des tagages, des sabotages de distributeurs de billets de banques notoirement connues pour balancer les sans-papiers aux flics, à l’aide de colle, d’acide, d’incendie et de coups de marteaux, des banderoles accrochées notamment sur la petite ceinture parisienne [un aperçu des actions de solidarité ici]
Ça c’est de l’enquête !

Alors que la procédure était, selon les différentes dépêches de presse, classée en instruction antiterroriste, au cours des gardes à vue le parquet a décidé de requalifier l’instruction de criminelle en correctionnelle, puis de retirer la mention « antiterrorisme ».

Ce qui est visé c’est la lutte contre la machine à expulser (et contre le monde qui va avec), ainsi que les pratiques d’auto-organisation et d’actions directes et anonymes.

L’utilisation de la vidéosurveillance par les flics.

Lors des auditions des vidéos ont été présentées aux mis en examen. Notons que la plupart du temps les images des caméras (« boules » placées au dessus des distributeurs) sont plutôt de bonne qualité : haute définition, couleur, possibilité de zoomer…Une soixantaine de bandes vidéo sont déjà versées au dossier. Elles ne concernent bien sûr par que les distributeurs de billet endommagés, mais aussi les collages et les tags réalisés lors des manifs (sur des Hôtels Ibis, des agences postales, des BNP, LCL, Société Générales, Air France…). Qu’est-ce que ce sera quand les 1300 caméras qu’on promet pour les rues parisiennes seront installées ?!

Sur les prélèvements ADN

Tous les inculpés ont refusé le prélèvement ADN (ainsi que les empreintes digitales et les photos), mais la flicaille s’est évertuée à récupérer tout ce qui avait pu être touché par chacun-e : gobelets et couverts en plastique, pailles, mégots…et, la grande classe, un porc a même pensé à mettre sous scellés une serviette hygiénique pour analyse… Il est possible de ne pas porter à la bouche (et donc de ne pas laisser trop de salive) les différents ustensiles ou de les frotter au sol pour tenter de mêler les multiples traces ADN qui traînent toujours dans les cellules de garde à vue. Pour plus de précisions sur le refus de prélèvement et l’utilisation judiciaire de l’ADN, on peut consulter le site http:/adn.internetdown.org.

Passage devant le juge et contrôle judiciaire.

Après 48h de garde à vue et 10h au dépôt, le juge est vu individuellement en présence d’un avocat. Trois alternatives sont laissées : se taire, faire une déclaration initiale, ou répondre aux questions du juge.
Le contrôle judiciaire consiste pour les 4 personnes finalement mises en examen en une interdiction de se voir et d’entrer en contact, une obligation de répondre aux convocations de l’APPé (Association d’Aide Pénale), et l’interdiction de quitter le territoire national sans en demander la permission à la juge auparavant. [voir la brochure La prison à la maison]

Au final, 4 personnes sont donc mises en examen pour « dégradations ou destructions en réunion », 2 parmi elles sont également inculpés de « dégradations ou destructions par incendie ou par substance explosive ». Une cinquième personne est toujours recherchée pour les mêmes faits.

Casser la lutte.

La principale fonction de ces arrestations et du contrôle judiciaire qui s’en suit est de séparer et d’isoler toujours plus ceux qui luttent. Il s’agit aussi de tenter d’éradiquer certaines formes de lutte aussi banales que les collages, les tags et les manifestations sauvages.
Condamner certains modes d’action sous prétexte qu’ils sont directement visés par la répression ne fait que renforcer les séparations que l’Etat tente d’imposer. [Voir le texte Un pavé dans les rouages]
Cette série d’arrestations, de perquisitions et de mises en examen, mis à part le travail de renseignement effectué, n’est qu’un énième coup de pression contre toute velléité d’agir et de détruire ce qui nous détruit. Tout continue !

Luttes et révoltes en Europe.

Le contexte n’est pas spécialement cantonné à la France, étant donné qu’en Europe, les révoltes sont nombreuses, dans les centres de rétention comme autour.
Pour en savoir un peu plus sur les diverses luttes actuellement en cours, on peut consulter les brochures suivantes :

Brûlons les frontières

Histoire de révoltes dans les centres de rétention en Europe

En Italie, le même type de répression a visé, quelques jours après les arrestations à Paris, des personnes soupçonnées de participer à des luttes contre les CIE, à Turin, Lecce, Rovereto…Plusieurs d’entre elles ont été mises en détention et assignées à résidence, d’autres placées sous « surveillance spéciale ».

Mais la solidarité non plus ne connaît pas de frontières, aussi c’est avec joie que nous avons appris les récentes attaques contre des DAB en Belgique et en Espagne.

On va pas pleurer sur des dab bousillés.
La lutte continue, comme dab.
Solidarité active.
Liberté pour tous avec ou sans papiers.
"Nous considérons les fins inséparables des moyens, parce que les méthodes de lutte laissent déjà entrevoir la vie pour laquelle nous nous battons".

Asylum
fait partie du décor
fait partie du décor
Messages : 1586
Enregistré le : 19 oct. 2005 22:24

Re: Arrestations à Paris - Réunion publique au CICP le 20/02

Message par Asylum » 12 mars 2010 0:07

[Paris] : la Croix Rouge prise pour cible

Le jour de l’audience de Turin contre les compagnons arrêtés le 23 février dernier et accusés d’ « association de malfaiteurs » pour la lutte contre les centres de rétention, et à une semaine du rendu du jugement contre les 10 accusés de l’incendie du centre de Vincennes, 6 locaux de la Croix Rouge ont été pris pour cible à Paris, la nuit du 9 au 10 mars. Situés dans les 3e, 5e, 9e, 11e, 12e et 18e arrondissements, ils ont été couverts d’affiches (voir le texte ci-dessous) et tagués, tandis que leurs serrures étaient sabotées et leur vitrine parfois brisée. Des tags comme « la Croix Rouge expulse », « la Croix Rouge collabore aux expulsions » ont recouvert les alentours de certains de ces locaux.

Solidarité avec les compagnons de Turin Liberté pour tous, avec ou sans papiers Sabotons la machine à expulser
La Croix Rouge enferme
En Italie comme en France, l’Etat tente d’arrêter la lutte qui s’est déroulée dedans comme dehors contre les centres de rétention. A Turin, Rovereto, Mantova, Cuneo le 23 février 2010, la police a perquisitionné des dizaines de domiciles et enfermé 6 compagnons. Les accusations visent plusieurs années de luttes : rassemblements devant les centres, occupations et attaques (Croix-Rouge, sièges de partis de droite comme de gauche, irruption dans un restau de luxe,…). La Croix Rouge italienne aide la justice à construire les dossiers contre eux, vu qu’elle est impliquée dans la machine à expulser : elle gère direction les camps de rétention de Turin, Milan et Rome, couvrant les viols et les tabassages des sans-papiers, les bourrant de drogues et témoignant contre eux dans les procès des révoltes à l’intérieur.
Quand on était petit, on nous a appris que la Croix-Rouge faisait partie, comme ses consoeurs, de ces institutions au grand cœur. Et que même si elles ne changeaient fondamentalement rien au fonctionnement de ce monde dominé par l’exploitation, la guerre, la misère et l’oppression, elles essayaient au moins d’en soigner les blessures et d’en atténuer les souffrances, comme ils disent dans leur langage profondément religieux. Pourtant le secours neutre n’existe pas. Et dans le cas de la Croix-Rouge, ce n’est pas bien compliqué à voir...
Tandis que la faim, les désastres, la guerre et l’oppression font fuir chaque année des millions de gens dans l’espoir de pouvoir reconstruire ailleurs une vie un peu meilleure, ce qui les attend ici en Europe c’est le racisme, les rafles, une exploitation sans limites et, au bout de compte, les centres de rétention et les déportations.

En Italie ou en Espagne, la Croix-Rouge Internationale gère directement les centres de rétention d’où l’Etat déporte les sans-papiers en fin de procédure. Des centres de rétention avec leurs gardiens, leurs cellules d’isolement, leurs passages à tabac, leurs abus et tout simplement la privation de liberté. C’est là que la Croix-Rouge montre encore plus clairement ce qu’elle est vraiment : l’aile humanitaire de la domination.
En Belgique, ce sont les infirmiers de la Croix-Rouge qui, quand les indésirables se mutinent dans ces centres, soignent les blessures sans faire entendre la moindre critique et les bourrent de tranquillisants.
A Roissy, la Croix-Rouge cogère avec la police la zone d’attente pour sans-papiers qui débarquent à l’aéroport, et sert aussi de caution aux méthodes de la police des frontières (menottes, coups, baîllon, drogues) lors des expulsions forcées par avion qui s’en suivent.
Le 17 août 2006 lors d’une gigantesque rafle, 508 personnes d’Afrique et d’Europe de l’Est sont chassées du domicile qu’elles occupaient à Cachan depuis 2003. Chaque bus préfectoral qui repartait avec les expulsés pour aller les recracher toujours plus loin en banlieue était escorté d’uniformes bleus à l’extérieur et deux membres de la Croix-Rouge à l’intérieur.
De septembre 1999 à 2002, ce sous-traitant de tous les États s’est aussi vu confier la gestion du hangar de Sangatte, près de Calais. Là, elle va isoler près de 1800 réfugiés avec la complicité des CRS qui surveillent le camp, pour laisser à l’Etat le temps de construire un centre de rétention juste à côté, à Coquelles. A partir de novembre 2002, elle va ainsi ficher tous les réfugiés, préparant le démantèlement du camp et la chasse à l’homme qui suivront peu après.
La Croix-Rouge entretient aussi des liens étroits avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), cet organisme qui cherche à soumettre les flux migratoires aux besoins du capitalisme et du contrôle social. Ce même organisme se sert d’une multitude d’organisations humanitaires et d’ONG pour réaliser son chantage avec ses primes de retour. La Croix Rouge est ainsi souvent présente lorsque les flics rasent les camps de Rroms à coups de pelleteuse pour les faire monter dans les cars, direction « retour à la case départ » (Roumanie, Bulgarie,…).
Et tout cela, ça s’appelle choisir son camp.
Mais il n’y a pas que sur les plages espagnoles et italiennes ou dans les ports et aéroports européens que les sans-papiers débarquent : il y a aussi ces millions de réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique qui ont été chassés de chez eux par les guerres, la misère ou les désastres écologiques pour ensuite être accueillis dans d’énormes camps de concentration. Ceux-ci sont souvent gérés par la Croix-Rouge et pas seulement avec ses médecins, mais aussi avec ses agents de sécurité. Ainsi la Croix-Rouge ne fait que renforcer l’ordre actuel composé d’oppresseurs et d’opprimés – et tandis qu’elle soigne ces derniers, elle tente aussi de calmer la révolte qui, elle seule, pourrait réellement changer quelque chose.
Dans ses interventions, elle cherche à intégrer la politique européenne de contrôle des flux migratoires dans les manœuvres militaires des forces de l’ONU. Chacun sait (et pas mal d’employés dissidents de la Croix-Rouge l’ont quitté parce qu’ils ne supportaient plus cette neutralité odieuse) qu’il est impossible de rester neutre en temps de guerre. Rester neutre signifie choisir le camp du plus fort – même quand on soigne le plus faible. La conduite des guerres actuelles serait “ humanitaire ”, mais quel être sensé pourrait jamais croire qu’il y a quelque chose d’humanitaire dans les bombardements, les corps déchirés, les blessés, les viols ? En prétendant rester neutre, la Croix-Rouge ne fait que renforcer le pouvoir en place. En Irak, en Afghanistan, en Haïti comme ailleurs.
L’histoire en apparence sans fin de l’exploitation et de l’oppression a toujours eu besoin d’un corps de collaborateurs qui se cachent volontiers derrière un “ je ne savais pas ”. La gestion démocratique du capitalisme et de l’oppression a tout intérêt à étendre le plus possible ce que quelqu’un a appelé à l’époque des camps d’extermination nazis “ la zone grise de la collaboration ”. Refuser de collaborer avec un système qui organise la déportation systématique pour préserver les profits économiques et le pouvoir de quelques uns, c’est ouvrir la possibilité d’une critique réelle du monde dans lequel on est forcé de vivre.

Grattons le vernis humanitaire de ce système mortifère de déportation, d’incarcération et d’exploitation !
Solidarité avec les inculpés de la révolte incendiaire de Vincennes !
Liberté pour tous, avec ou sans papiers !
Sabotons la machine à expulser
http://grenoble.indymedia.org/2010-03-1 ... prise-pour

A noter qu'un employé du local croix rouge près de république a porté plainte après que son rideau ait été tagué "collabo" et que des gen te s ait tenté de differ à l'intérieur le 23 janvier à paris.
"Nous considérons les fins inséparables des moyens, parce que les méthodes de lutte laissent déjà entrevoir la vie pour laquelle nous nous battons".

Asylum
fait partie du décor
fait partie du décor
Messages : 1586
Enregistré le : 19 oct. 2005 22:24

Re: Arrestations à Paris - Réunion publique au CICP le 20/02

Message par Asylum » 30 mars 2010 0:11

Quelques réflexions autour des arrestations du 15 février à Paris

http://non-fides.fr/?Quelques-reflexions-autour-des
« Que la répression soit balayée par un réveil terrible de vie »

mardi 30 mars 2010

Arrêtés le 15 février 2010, nous sommes mis en examen dans le cadre d’une procédure correctionnelle et accusés de « dégradations ou destructions volontaires graves de biens commis en réunion » et « Dégradations ou destructions volontaires par l’effet d’une substance explosive, d’un incendie ou de tout autre moyen de nature à créer un danger pour les personnes ». Nous sommes pour l’instant placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de nous voir ainsi que deux autres camarades également mis en examen pour le premier chef d’inculpation uniquement. Ces quelques lignes ne sont le fait que de deux personnes, elles n’engagent donc que ces deux personnes. Les autres s’exprimeront ou non, selon ce que leur cœur leur dit, mais il ne s’agit en aucun cas de représenter qui que ce soit d’autre que nous-mêmes. Ce texte n’a pour seule valeur que l’information, car la répression de quelques-uns doit pouvoir servir d’expérience à quelques autres. Pas question ici de se plaindre à l’Etat ou à une quelconque « opinion publique ». Contrairement à nos intentions initiales, nous ne reviendrons pas sur les détails techniques de l’arrestation, de la perquisition ou de la GAV, puisqu’un texte sorti récemment fait déjà cela très bien. Dernière chose, grâce à l’aide de quelques compagnons/nes, nous avons pu écrire ce texte sans entrer en contact.

Peu de choses à dire, sinon qu’un matin de Lundi, avec une surprise un peu sans surprise, c’est la section antiterroriste de la Brigade Criminelle (SAT-PP) qui se présente violemment à la porte d’une amie chez qui nous serons trois à nous faire serrer (dont deux qui seront mis en examen). Sans surprise, pourquoi ? D’abord à cause de filatures répétées de ces précédentes semaines, mais aussi pour une raison moins conjoncturelle. C’est simple, en tant qu’anarchistes revendiqués, la prise de conscience des risques qu’impliquent nos engagements et l’affirmation publique et visible de nos idées est quelque chose d’acquis. S’assumer en tant qu’ennemis de l’Etat, c’est s’assumer en tant qu’ennemi potentiellement reconnu de l’Etat. Il y a dans cet engagement quelque chose de profondément individuel d’abord, puis quelque chose de profondément social ensuite. C’est à dire qu’il s’agit d’un rapport humain, aussi, un ensemble de liens intersubjectifs qui se créent par l’entraide, l’affinité, le partage et surtout l’ouverture aux autres. C’est pour cela selon nous, que les mythes de l’invisibilité, de la lutte armée et de la clandestinité (lorsqu’elle est un choix conscient et politique et qu’elle est le moyen de la lutte armée) sont au choix des faire-valoir, des fourvoiements de mythomanes ou des choix allant dans le sens d’un autoritarisme qui finira par pointer son nez, un jour ou l’autre (militarisation, spécialisation, paranoïa, privilège de la stratégie et de la tactique sur les raisons du cœur etc.). C’est pour cela que nos idées se sont toujours, aux cotés de nos compagnons, diffusées de façon publique et visible. C’est le fait que nous puissions, nous ou d’autres porteurs d’idées subversives et antiautoritaires, intervenir au grand jour et non pas comme des clandestins enterrés dans leur paranoïa qui ne communiqueraient plus qu’avec leurs camarades, ce sont ces choses la que l’Etat ne peut tolérer, et moins encore, comprendre.

En effet, les schémas de pensée et le référentiel d’un flic sont incapables d’imaginer ou d’entrevoir la possibilité d’une organisation non constituée formellement (comme la prétendue « M.A.A.F »), non politique, sans hiérarchie et librement consentie entre des individus aux buts approchants, ce que Stirner appelait libre-association. D’où les questions et remarques typiques des flics et des journaflics : « qui sont les chefs ? », « qui vous dicte votre conduite ? » ou encore les inventions policières « ultra-gauche » et « anarcho-autonome ».
Et jamais n’avons nous rencontré d’individus se revendiquant « anarcho-autonome », et qui, à part quelques marxistes anti-léninistes du siècle passé se réclame encore de l’ultra-gauche ? Il s’agit, des mots mêmes de la juge d’instruction en charge de l’affaire au moment de la mise en examen de l’un d’entre nous, de « constructions policières ».

Bien sur, durant cette garde-à-vue, c’est le désarroi qui gagne à certains moments, c’est la menace d’un coup de chapeau de dernière minute, de la fabrication de nouvelles « preuves » contre nous et nos camarades, d’une énième invention policière qui justifiera un placement immédiat en détention et tout ce que cela implique pour nous comme pour les luttes auxquelles nous participons. Il y a dans ces instants de cogitation, des réalités qui refont surface : C’est nos idées (aussi diversifiées puissent-t-elles être) et donc ce que nous sommes que l’on attaque, les faits particuliers après tout, ils s’en foutent, l’innocence et la culpabilité, ce langage de flics et de juges, il n’y a qu’eux pour s’en servir de prétexte, ou s’en servir tout court.

Cela étant dit, et les aspects individuels mis de coté, cette affaire porte en elle quelque-chose d’éminemment collectif. Et c’est surtout de cela que nous aimerions parler ici, sans prendre les habits de quelconques donneurs de leçon, puisque les intuitions que nous voulons partager ici sont déjà largement répandues parmi ceux qui luttent, mais aussi, parce qu’elles proviennent, en plus de discussions et réflexions collectives, de notre propre subjectivité.
Le contexte est ici essentiel pour la compréhension de ces événements et de ceux à venir. Depuis que des sans-papiers ont foutu le feu à leur taule à Vincennes le 22 juin 2008, c’est une solidarité massive (comparée à l’agitation de ces dernières années) qui s’est exprimée ici et là à travers la France, avec en toile de fond un contexte de lutte en Europe contre la machine à déporter.

Cela fait des années, en effet, que l’agitation autour de cette révolte et maintenant autour du procès de cette révolte, dans lequel dix personnes sont condamnées d’avance [1], fait rage. De nombreuses balades sauvages ont eu lieu (cf. la brochure Sur l’intérêt des manifs sauvages) et ont encore lieu, des réunions publiques et des occupations également ; de nombreux tracts, de nombreuses brochures, de nombreuses affiches, de nombreux tags ont essayé de recouvrir les villes et les rues de toute la France. Aussi de nombreux sabotages anonymes de distributeurs de billets de banques qui balancent les sans-papiers aux flics ont animé cette solidarité en acte dans une même continuité de révolte. Toujours la question de Vincennes s’est accompagnée d’un questionnement plus général, comment venir à bout de la machine à expulser dans son intégralité ? Du monde qui la produit ?
La diversité de ces pratiques obtient toute notre solidarité et c’est parce que, comme beaucoup d’autres, nous ne l’avons jamais caché, qu’aujourd’hui les flics s’intéressent à nous et à d’autres.

Il faut garder en tête que la machine à expulser, plutôt qu’une « dérive raciste », est tout d’abord une immense machine à fric pour ceux qui répondent aux appels d’offre de l’Etat, qu’ils soient humanitaires (CIMADE, France Terre d’Asile, Croix Rouge, Ordre de Malte…), constructeurs (Eiffage, Bouygues…), fournisseurs (Vinci, Accor, Ibis, Holiday Inn...), tous tirent profit des expulsions et du marché qui s’est créé autour d’elles. En fait, ce ne sont pas tant les quelques bouc émissaires interchangeables qui subissent les frais de la justice tels que nous où d’autres, mais c’est une lutte entière menée depuis quelques années et avec verve contre la machine à expulser, une lutte qui leur coûte cher et qui cherche à se diffuser et à s’étendre, que l’on cherche à sanctionner. On se souvient par exemple des arrestations « antiterroristes » de Damien, Ivan et Bruno aux abords du CRA de Vincennes peu avant un rassemblement, deux d’entre eux sont aujourd’hui dans la nature, certainement excédés de ces privations constantes de liberté imposées d’en haut. Nous avons bien conscience que notre arrestation et notre mise en examen ne sont rien face aux plans du pouvoir, aussi vrai que ces quelques secousses répressives ne sont rien face aux ravages de la révolte qui ne fait pas que gronder. Nous avons bien conscience aussi qu’il aurait pu s’agir de n’importe quels autres compagnons ou camarades de lutte, qu’il fallait bien commencer cette nouvelle vague par quelques-uns, et ces quelques-uns, ce fut nous, cette fois-ci.

La lucidité, c’est de se rendre compte que des augures nouveaux se présentent à nos portes, que c’est le ciel qui nous survole qu’ils tentent d’assombrir, que cette instruction ouverte sera peut-être le prétexte à de nombreuses arrestations, à des recoupements, à des incarcérations peut-être, à un affinement du renseignement maniaque et contre-subversif et autres infamies étatiques. C’est le moment de faire de leur souhait un rêve inatteignable, un paradis qui ne leur sera jamais accessible. Parce que la généralisation des pratiques qu’impliquent nos diverses pensées et nos passions leur serait fatale, mais il n’est pas question de sombrer dans le catastrophisme pour autant, prétexte à l’inertie et à l’impuissance confortable. Il n’est pas question non plus, dans ce texte comme ailleurs, de se plaindre et de crier au scandale.

Ce serait la grande force d’un mouvement pourtant si faible dans l’espace et dans le temps comme dans ses capacités projectuelles et la diffusion de ses pratiques et contenus, que la collectivité qui le compose assume collectivement les actes répréhensibles (du petit point de vue pénal) qui se dégagent de son sein, car ces pratiques sont celles d’une lutte, et que cette lutte, c’est de nos volontés à tous qu’elle émerge. Il faut se rendre compte que ces quelques soubresauts de répression touchent à quelque chose d’éminemment collectif et qu’ils concernent tous ceux qui luttent contre la machine à expulser, en ce qu’ils sont une attaque contre tous. Là se trouve l’un des temps forts de la solidarité : rompre l’isolement qu’ils souhaitent imposer ; dans l’affirmation généralisée que lorsqu’ils s’attaquent à l’un où l’une d’entre nous, c’est à nous tous qu’ils s’en prennent. C’est l’instant, à notre avis, pour renforcer les initiatives et les affinités projectuelles, pour redoubler d’efforts et ne pas céder à la panique, qui ne ferait que participer à l’isolement de ceux que désignent l’Etat et sa cohorte de valets. C’est aussi le moment de cesser de n’être que d’éternelles cassandres du soutien, dénonçant à tour de larmes plutôt qu’à bras-le-corps.

On sait ce que cherche l’Etat, c’est l’isolement de certains et la dissociation (au sens commun) des autres, comme c’est le cas par exemple d’une tendance du RESF et de son communiqué qui prémâche le boulot des flics. Autrement dit, le processus de désolidarisation qui peut mener certains à mettre la tête sous terre au passage de l’orage ; juste le temps qu’il faut à l’Etat pour démolir des camarades bouc émissaires, et ressortir la tête pour reprendre la mascarade des postures, pour fermer les parapluies en espérant de façon précaire que la prochaine fois, ça ne sera pas soi-même qui se retrouvera dans l’œil du cyclone.

Voila, en espérant que ces quelques lignes seront prises pour ce qu’elles sont, une modeste invitation au débat, une modeste invitation à réfléchir à cette situation que l’on ne peut ignorer mais qui en essayant de clôturer des chemins, offre à ceux qui veulent se battre pour la liberté de nouveaux espaces de diffusion dans la solidarité révolutionnaire. A ceux qui ne voudront pas comprendre cela et qui trouveront toujours matière à s’évader de la guerre sociale, à ceux aussi, qui pleurent sur la carcasse d’une banque, c’est notre mépris que nous souhaitons renvoyer. Aux autres, notre solidarité et nos affinités. Un salut à ceux qui ne sont pas restés au chaud ces derniers temps et qui savent bien que la lutte ne s’arrêtera pas pour si peu. Nous voulons la liberté pour tous, avec ou sans-papier, nous voulons reprendre à l’État le contrôle qu’il exerce sur nos vies.

Pour un monde sans prisons,
Pour un monde qui ne soit pas une prison.


Mars 2010,
Dan et Olivier.
Notes

[1] - Nadir Autmani : 30 mois ferme (le proc avait requis 36 mois dont 6 avec sursis),
- Hani Ashraf : 24 mois (le proc avait requis 3 ans ferme) mais aurait droit à un nouveau procès,
- Samir Awadi : 12 mois ferme (le proc avait requis 18 mois dont 6 avec sursis),
- Hassen Belkader : 8 mois (le proc avait requis 6 à 8 mois),
- Bozkurt : 8 mois (le proc avait requis 6 mois ferme) peut être aurait droit à un nouveau procès,
- Moïse Diakité : 36 mois ferme (le proc avait requis 36 mois dont 6 avec sursis),
- Ali Diallo : 30 mois dont 6 avec sursis (c’est ce que le proc avait demandé),
- Mahamadou Dramé : 30 mois dont 6 avec sursis (c’est ce que le proc avait demandé),
- Ekma Moktaré : 12 mois ferme (le proc avait requis 18 mois dont 8 avec sursis),
- Mohamed Salah : 30 mois ferme (le proc avait requis 36 mois dont 6 mois avec sursis).
"Nous considérons les fins inséparables des moyens, parce que les méthodes de lutte laissent déjà entrevoir la vie pour laquelle nous nous battons".

Répondre

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 10 invités