« Brique par brique, mur par mur, libérons Mumia Abu Jamal !

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Framboise
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« Brique par brique, mur par mur, libérons Mumia Abu Jamal !

Message par Framboise » 04 janv. 2011 19:57

Désolée pour le retard, mais je pense que c'est, hélas toujours d'actualité :
« Brique par brique, mur par mur, libérons Mumia Abu Jamal ! »
A l’appel du Collectif unitaire de soutien à Mumia Abu Jamal, Ensemble contre la peine de mort a pris part à la délégation française, composée de 9 représentants, sénateurs et élus locaux, qui se sont rendus à Philadelphie pour observer l’audience du 9 novembre 2010.

Ce 9 novembre représentait un jour capital pour Mumia Abu-Jamal. Mumia est un journaliste indépendant noir américain de 27 ans, ancien Black-Panthers, baptisé la « voix des sans voix » pour sa critique de la corruption de la police et des dirigeants locaux, lorsqu’il est inculpé en 1981 du meurtre du policier blanc Daniel Faulkner. Malgré ses dénégations et une absence d’antécédents judiciaires, Mumia est très rapidement condamné à mort au cours d’un procès inique, entaché d’innombrables vices de formes. Certains seront officiellement reconnus par la cour d’appel de 2008, celui des mauvaises instructions données au jury notamment. En 2008, sur cette base, la cour fédérale suspend la condamnation à mort de Mumia. Aujourd’hui, la Cour suprême des Etats-Unis lui demande de faire marche arrière.

Ce 9 novembre 2010, sous son injonction, la cour fédérale de Pennsylvanie devait trancher sur un point technique d’importance : le jury, lors du procès de 1981 a-t-il reçu des informations erronées qui l’ont conduit à ne pas formuler de circonstances atténuantes et ainsi condamné Mumia à mort ? Ce vice de forme est-il-recevable (ancienne jurisprudence Mill’s) ou non (nouvelle jurisprudence Spisak/Ohio) ? Depuis janvier 2010, la Cour suprême des Etats-Unis demande donc à la Cour fédérale de Pennsylvanie de se plier à cette jurisprudence Spisak. Spisak, blanc et membre d’une organisation néo-nazie, a tué trois personnes et s’en est vanté au tribunal. Mumia, ancien journaliste indépendant noir américain a toujours clamé son innocence. Qu’ont en commun ces deux cas ? Peu de chose, si ce n’est que là, la question ne traite pas du fonds. Le sujet fondamental, celui de la culpabilité de Mumia, enfermé depuis 29 trop longues années pour un crime qu’il a toujours nié, n’est pas ici à l’ordre du jour. La question est purement technique. Elle traite de la forme. Mumia doit-il être condamné à mort ou à la prison à vie ? L’obtention d’un nouveau procès sur le fonds, réclamé par ses avocats, a préalablement été écartée en 2008. « Brique par brique, mur par mur », ce sont donc 29 ans de procédures qui ont maintenu Mumia toujours plus enfermé physiquement et légalement, la correspondance et la mobilisation internationale pour échappatoire.
Si la Cour fédérale de Pennsylvanie suit l’injonction de la Cour suprême, une nouvelle date d’exécution pour Mumia pourrait intervenir rapidement. Mais aucun délai de réponse n’est imposé. Celle-ci peut arriver dans quelques jours comme dans plusieurs mois, quand la mobilisation internationale sera retombée. ECPM se joint aux soutiens de Mumia Abu-Jamal et appelle la communauté internationale, civile et politique, qui par deux fois, en 1995 et 1999, à sauvé la vie de Mumia Abu Jamal, « la voix des sans voix », à rester vigilante et à ne pas faiblir dans sa mobilisation pour aujourd’hui, éviter son exécution, demain lui permettre enfin d’accéder à un procès équitable en vue de sa libération.

En 2009, les États-Unis ont été au cinquième rang du nombre d'exécutions dans le monde, derrière la Chine, l'Iran, l'Irak et l'Arabie saoudite.
Cette même année, 106 personnes ont été condamnées à mort et 52 personnes ont été exécutées aux Etats-Unis, portant le nombre total d’exécutions depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976 à 1 211.
Depuis la reprise des exécutions en 1977, plus de 130 personnes ont été libérées des couloirs de la mort aux Etats-Unis suite à la reconnaissance de leur innocence, dont neuf en 2009.
La population américaine est composée de 68 % de blancs, 12 % de noirs, 15 % d’hispaniques et 5 % d’autres origines. Cependant, 42 % des condamnés à mort sont noirs, contre 44 % de blancs.

Le cas de Mumia Abu Jamal est symptomatique du dysfonctionnement de la justice américaine. ECPM appelle à se mobiliser en signant la pétition en ligne sur le site http://www.mumiabujamal.net.

ECPM se réjouit de l’initiative de RSF qui appelle au soutien du journaliste indépendant http://fr.rsf.org/etats-unis-mumia-abu- ... 37069.html.

Pour plus d’info sur les Etats-Unis : http://www.worldcoalition.org/modules/n ... toryid=389

>> Retour sur une journée d’audience : « Brique par brique, mur par mur, free Mumia Abu Jamal ! »
Mardi 9 novembre 2010, 15h00, à l’intérieur du Palais de justice de Philadelphie se tient une audience déterminante pour Mumia. Judith Ritter, son avocate, aura disposé de 30 minutes pour convaincre les juges de ne pas se plier à l’injonction de la Cour suprême : le cas de Mumia n’est pas comparable à celui de Spisak, les jurés ont reçu des instructions erronées qui les ont conduits à condamner Mumia à mort. Ce vice de forme doit être reconnu. Mumia ne peut de nouveau être sous le joug d’une exécution ! « Je ne vois pas en quoi ce cas est lié à celui de mon client » indique-t-elle aux juges. Dans la salle d’audience, la tension est à la hauteur de l’enjeu.
A l’extérieur quelques 500 personnes se sont regroupées, espérant que leurs voix s’entendront à travers les murs, si étroitement surveillés, du palais de Justice de Philadelphie. Ils sont des centaines en ce jour à vouloir joindre leur voix, puissante et unifiée, à celle des sans voix.

« Brique par brique, mur par mur, free Mumia Abu Jamal !»

C’est au son de cet appel que se sont rassemblés les soutiens de Mumia. Avec la persévérance et l’obstination que permet la défense d’une cause juste, ils scandent infatigables depuis 29 ans des slogans qui interpellent, passants et médias, et rappellent ici le caractère raciste du juge « je vais vous aider à griller ce nègre », là celui du jury « le jury définitif ne comprenait que 2 noirs dans une ville qui compte plus de 40 % d’afro-américains !». Il est question ici d’enfermement depuis 29 ans, 23h/24 dans une cellule grande comme une salle de bains, dans un isolement inhumain. De briques qui font des murs, des murs qui font des prisons, physiques et légales. Il s’agit ici de déconstruire, 29 années de procédure, pour mieux reconstruire une liberté perdue. Il s’agit de briques à enlever, de murs à écrouler, l’image est évocatrice ! C’est celle qui mobilise à l’extérieure de la salle d’audience. Il s’agit aussi de briques que chacun, militants, société civile, politiques à travers le monde, doit apporter pour la libération de Mumia.
En ce jour du 9 novembre 2010, la communauté internationale est présente mais discrète, les soutiens sont en majorité locaux. La délégation française représente quasiment à elle seul l’aspect international de la mobilisation sur ce cas pourtant si emblématique de la cause abolitionniste. La délégation interpelle médias et autorité locale. Elle draine les espoirs des soutiens locaux. La presse française s’en fera largement l’écho mais cet écho se doit d’être plus puissant.
Ne baissons pas la garde, ne lâchons rien ! Mumia Abu Jamal a échappé par deux fois en 1995 et 1999, à la mort grâce à la solidarité internationale. Cette audience nous interpelle comme elle nous réveille. Elle nous appelle tous à nous mobiliser encore plus nombreux en faveur de Mumia Abu-Jamal !

Ariane Grésillon
Ensemble contre la peine de mort
"La religion est la forme la plus achevée du mépris."
(Raoul Vaneigem)

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