lutte à Notre Dame des Landes

Le punk n'est pas qu'une musique ! Ici on discute de l'actualité, des manifs et des résistances en lien direct avec notre culture. "Make punk a threat again", ça vous dit encore quelque chose ?!
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Re: lutte à Notre Dame des Landes

Message par Nico37 » 07 avr. 2013 1:19

Claude Chéreau convaincu " de la nécessité de l'aéroport " 05/04

Claude Chéreau, président de la commission du dialogue sur l'aéroport, devrait remettre son rapport au Premier ministre Jean-Marc Ayrault mardi 9 avril ou mercredi 10 avril. "Je n’ai aucun doute sur la pertinence du projet, confie-t-il à Presse Océan. J’ai des doutes sur la pertinence de certains arguments. Mais je suis convaincu de la nécessité de construire un nouvel aéroport à Nantes, tout de suite ou dans cinq ans. "

Pour l’heure, dit-il, la commission "ne constate pas une situation de saturation de l’aéroport de Nantes Atlantique. Mais la saturation peut être effective dans cinq ans, ou dix ans. Or, on ne construit pas un aéroport en cinq minutes. Il faut s’y prendre à l’avance…"

Retrouvez notre dossier et l'intégralité de l'interview de Claude Chéreau aujourd'hui, vendredi 5 avril, dans Presse Océan.

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Re: lutte à Notre Dame des Landes

Message par Nico37 » 07 avr. 2013 15:30

Notre-Dame-des-Landes dans l'impasse JADE LINDGAARD 06/04

Le chantier de Notre-Dame-des-Landes ressemble de plus en plus à une impasse politique pour le gouvernement. Ce qu’Arnaud Montebourg a signifié sans ambages à Jean-Marc Ayrault fin 2012, lors de la tentative de sauvetage de Florange : « Tu fais chier la terre entière avec ton aéroport de Notre-Dame-des-Landes dont tout le monde se fout. Tu gères la France comme le conseil municipal de Nantes. » (Voir notre dossier complet sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.)

La commission de dialogue, nommée fin novembre par Matignon pour apaiser les tensions sur place, doit rendre son rapport la semaine prochaine. Son président Claude Chéreau déclare vendredi dans Presse Océan n’avoir « aucun doute sur la pertinence du projet » : « J’ai des doutes sur la pertinence de certains arguments. Mais je suis convaincu de la nécessité de construire un nouvel aéroport à Nantes, tout de suite ou dans cinq ans. »

Les conclusions du groupe de travail pourraient ne pas être aussi tranchantes. La rédaction en a été très délicate, enserrée dans un carcan de contraintes : être le plus factuel possible pour mettre d’accord les opposants sur les termes du débat, tout en ménageant toutes les voies de sortie de crise, à commencer par l’enlisement.

Car sur le terrain, le calendrier est en partie verrouillé. À ce jour, les travaux de construction n’ont pas encore débuté, contrairement à ce que prévoyait initialement AGO, la filiale de Vinci en charge du projet. Seules se sont déroulées des opérations de fouilles archéologiques, étapes obligatoires avant tout chantier de cette ampleur, sous protection des gendarmes. Elles ont cessé depuis une dizaine de jours, selon un témoin. Doit maintenant leur succéder la mise en œuvre des mesures compensatoires (déplacement d’espèces, creusement de nouvelles mares…), destinées à corriger les dommages naturels que la construction de l’aérogare va occasionner. Le problème, c’est que ces actions sont aujourd’hui illégales. La loi interdit en effet le déplacement d’espèces protégées lors de leur période de reproduction. Celle-ci démarre avec le printemps et s’écoule jusqu’à la fin juillet environ, notamment pour le triton crêté, dont la présence sur la zone d'aménagement différé (ZAD) est avérée.

La préfecture peut prendre des arrêtés d’autorisation exceptionnelle de destruction d’espèces – elle l’a d’ailleurs déjà évoqué. Elle y est ouvertement encouragée par une lettre que Matignon a envoyée le 2 avril aux préfets (à lire ci-dessous) : « Il vous est désormais demandé de veiller personnellement à ce que vos services utilisent toutes les marges de manœuvre autorisées par les textes et en délivrent une interprétation facilitatrice pour simplifier et accélérer la mise en œuvre des projets publics ou privés. » Le “choc de simplification” tombe à point nommé pour les partisans du nouvel aéroport.

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Message par Nico37 » 08 avr. 2013 17:05

Les opposants veulent cultiver les " terres libérées " AFP 08/04

Les opposants au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, toujours aussi déterminés à la veille de la remise du rapport de la commission de dialogue, ont annoncé lundi leur intention de ressemer les terres de la ZAD, zone du projet, dès samedi prochain.

La manifestation "Sème ta Zad!", du nom de la zone d'aménagement différé (ZAD) destinée au futur aéroport, a pour objectif de mettre en culture les "terres libérées par l'abandon de ce projet" (selon leurs termes), qui prévoit le transfert de l'aéroport de Nantes sur le site de Notre-Dame-des-Landes en 2017, ont annoncé les opposants lors d'un point de presse organisé dans une ferme qu'ils occupent.

Samedi prochain, deux cortèges sont attendus au nord et au sud de la zone en milieu de matinée. Ils doivent ensuite se rendre en différents endroits pour mettre en place, selon les lieux, des cultures potagères, céréalières ou encore des poulaillers.

Les participants sont appelés à venir avec leurs outils et, le cas échéant, leurs tracteurs par les organisateurs de la manifestation, des agriculteurs hostiles au projet et des "zadistes", occupants anticapitalistes de la zone.

Cette manifestation se déroulera quelque jours seulement après la remise à Matignon du rapport de la Commission de dialogue, dont les travaux se sont accompagnés d'une relative "trêve" de quatre mois cet hiver, après les violents affrontements de l'automne.

Une reprise des expulsions pourrait donc désormais avoir lieu. En prévision, les opposants, déterminés à occuper les lieux, ont renforcé en plusieurs points les barricades qui empêchent de pénétrer sur la zone, alors que les repérages d'hélicoptères de la gendarmerie au-dessus de la zone ont repris de plus belle.

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Re: lutte à Notre Dame des Landes

Message par Nico37 » 09 avr. 2013 12:17

Un aéroport à notre Dame des Landes ? un vrai besoin ?
Réunion publique le mercredi 10 avril à 20 H30 école élémentaire rue Jean Bleuzen à Vanves (Métro Malakoff-plateau de Vanves, bus 58, 89, 126, 189)

Le projet d'aéroport de NDDL, situé à 18 km du centre de Nantes interpelle les citoyens par ses conséquences économiques, sociales et environnementales. A l'automne dernier, des occupants pacifiques y ont été victimes de violences policières. La justification de cet aéroport n'a pas été débattue démocratiquement...
En Ile-de-France aussi, nous ne sommes pas exempts de tels projets d'envergure, véritables gouffres financiers et destructeurs de terres agricoles : Orsay, Triangle des Gonesses au nord.

Venez en discuter avec :
Geneviève Lebouteux, conseillère régionale pays de la Loire
Laurent Marbot, paysan de l'Essonne, AMAP le panier vanvéen

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Re: lutte à Notre Dame des Landes

Message par Nico37 » 10 avr. 2013 23:54

Ayrault confirme le futur aéroport mais demande des aménagements 09/04 avec AFP

Après quatre mois de travail, le rapport a fini par atterrir sur le bureau du ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, mardi 9 avril. La commission du dialogue sur le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) juge le projet justifié mais estime que des aménagements sont toutefois nécessaires. Mis en place fin novembre par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ce groupe de travail a réalisé une centaine d'entretiens, auxquels ont refusé de participer un grand nombre d'opposants. 

Surface, dessertes, bruit : les critiques de la commission

L'ancien maire de Nantes, farouche défenseur de l'infrastructure, a réaffirmé dans la foulée "son attachement à poursuivre la conduite" du projet mais a demandé à Frédéric Cuvillier de "prendre en compte les recommandations des commissions". A savoir les critiques formulées dans le rapport de la commission du dialogue, mais aussi les préconisations des rapports sur l'impact du projet sur les terres agricoles et sur l'environnement, remis le même jour. Il s'agit notamment de compenser les zones humides détruites par la construction du nouvel aéroport.

La commission du dialogue recommande de retravailler le projet, trop gourmand en espace, en réduisant la surface des parcs de stationnement et des activités économiques autour du projet. Elle demande aussi des précisions sur les futures dessertes et sur le plan d'exposition au bruit.

Les opposants prêts à en découdre 

Claude Chéreau, président de la commission, avait déjà livré son sentiment sur le projet, dans les colonnes de Presse Océan, vendredi. "Je n’ai aucun doute sur la pertinence du projet. J’ai des doutes sur la pertinence de certains arguments. Mais je suis convaincu de la nécessité de construire un nouvel aéroport à Nantes, tout de suite ou dans cinq ans." Claude Chéreau a toutefois précisé qu'il n'y avait "pas une situation de saturation de l’aéroport de Nantes-Atlantique [l'actuel aéroport]", ce qui pourrait arriver "dans cinq ans, ou dix ans". Et la commission d'ajouter que le réaménagement de l'aéroport de Nantes-Atlantique n'apparaît pas "comme une solution viable à long terme".

L'une des premières conséquences de ce rapport pourrait être la levée de la trêve des expulsions. Après une relative accalmie cet hiver, le bras de fer entre les autorités et les opposants semble reprendre. Lundi, ces derniers ont annoncé qu'ils allaient ressemer les terres de la ZAD, la zone sur laquelle doit s'implanter le projet. Deux cortèges sont attendus, samedi 13 avril, pour mettre en place des cultures potagères, céréalières ou encore des poulaillers. Des reconstructions de cabanes sont également prévues, sur les emplacements de fermes évacuées et rasées.
Où en est-on de la bataille de Notre-Dame-des-Landes ? 09/04

Le débat sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, devrait rebondir, mardi 9 avril, avec la remise au ministre délégué chargé des transports, Frédéric Cuvillier, du rapport de la Commission de dialogue, dont les travaux se sont accompagnés d'une relative "trêve" de quatre mois sur le terrain cet hiver. Où en est-on de cette guerre de tranchées qui oppose, dans le bocage nantais, le groupe Vinci, soutenu par le gouvernement, à une multitude d'agriculteurs, riverains et élus ?

En quoi consiste le projet d'aéroport ?

Le futur aéroport du Grand Ouest, qui doit être installé sur la commune de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), est destiné à remplacer l'actuel aéroport de Nantes situé au sud de l'agglomération. Il doit officiellement être inauguré en 2017. Sa création a été proposée en 1963, mais le projet, remisé au placard avec la crise pétrolière des années 1970, n'a réellement pris forme qu'au début des années 2000, quand Lionel Jospin souhaitait décongestionner les aéroports parisiens.

Quelque 1 600 hectares ont été attribués au groupe Vinci, qui a officiellement acquis la concession le 1er janvier 2011 pour une durée de cinquante-cinq ans. Deux pistes sont prévues, de 2 800 et 2 900 mètres de long, censées pouvoir accueillir les très gros porteurs comme l'A380.
Selon les promoteurs du projet, qui a été déclaré d'utilité publique en 2008, le coût ne devrait pas dépasser 556 millions d'euros, répartis entre Vinci (310 millions), l'Etat (246 millions) et les collectivités locales (conseils régionaux de Bretagne et des Pays-de-la-Loire, conseil général de Loire-Atlantique, Nantes Métropole, etc.).
Lire : Le difficile décollage de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Quels sont les principaux arguments qui s'opposent ?

La saturation du trafic. Avec 3,5 millions de passagers en 2012, les autorités et Vinci estiment que l'aéroport actuel est quasiment saturé. Quatre millions de passagers seraient attendus en 2020 et neuf millions en 2050. Les opposants, eux, rétorquent que la capacité actuelle de l'aérogare est de quatre millions de passagers et qu'elle peut être agrandie. La Coordination des associations opposées au projet d'aéroport estime en outre que les prévisions ne prennent pas en compte la crise du pétrole et l'avenir incertain du transport aérien.
Les nuisances sonores. "Actuellement, près de 300 000 personnes entendent les avions qui survolent Nantes, elles ne seront plus que 15 000", avance le préfet de Loire-Atlantique, Christian de Lavernée. Thierry Masson, représentant d'un collectif de 200 pilotes, estime au contraire que les trajectoires actuelles ne sont pas justifiées : "Alors qu'on passait par le sud, la tour de contrôle nous oriente vers le nord. Nous pensons que c'est pour inciter le grand public à souhaiter le déménagement de l'aéroport."
Les dégâts environnementaux. Les écologistes dénoncent une "entorse" au Grenelle de l'environnement : l'aéroport s'accompagne en effet de la construction de quelque 110 hectares de parking dédiés aux voitures et de la destruction de 1 640 hectares de terres bocagères à l'écosystème très riche. Les opposants dénoncent par ailleurs la destruction d'une centaine d'emplois agricoles directs en raison de l'expropriation d'agriculteurs.

"Pour l'heure, nous ne constatons pas une situation de saturation de l'aéroport de Nantes-Atlantique. Mais la saturation peut être effective dans cinq ans, ou dix ans, a estimé Claude Chéreau dans un entretien à Presse Océan. Or, on ne construit pas un aéroport en cinq minutes. Il faut s'y prendre à l'avance." M. Chéreau s'est toutefois bien gardé de dévoiler les conclusions finales de sa commission.
Outre la commission de dialogue, deux autres commissions devaient rendre leurs rapports au gouvernement en ce début de mois : la mission agricole, chargée d'évaluer les pertes et compensations en terres agricoles liées au projet, et la commission d'évaluation scientifique du système de compensations environnementales proposé par le groupe Vinci.
Une éventuelle demande de "compléments d'études", réclamée par l'une ou l'autre des commissions avant que la préfecture ne délivre l'autorisation finale d'entamer les travaux, pourrait offrir au gouvernement l'opportunité de reporter de quelques mois, sans perdre la face, cet épineux dossier, dans un contexte politique et économique déjà passablement chahuté. Cette hypothèse est toutefois vivement rejetée par les partisans de l'aéroport. Matignon peut aussi choisir, coûte que coûte, la reprise immédiate des travaux et donc des expulsions. Des repérages répétés et prolongés d'hélicoptères de gendarmerie, observés ces dernières semaines, pourraient accréditer cette thèse.

Où en sont les recours judiciaires ?

La bataille de Notre-Dame-des-Landes est aujourd'hui avant tout juridique. Pour retarder les travaux, les opposants multiplient les recours et des décisions de justice sont rendues quasiment chaque semaine concernant le sort d'opposants. Le 26 mars, le tribunal de Saint-Nazaire a ainsi autorisé l'expulsion d'opposants qui occupent un ensemble de cabanes. Néanmoins, la probabilité de leur expulsion immédiate était très mince avant la remise du rapport de la commission Chéreau.
Lire : Notre-Dame-des-Landes : feu vert à l'expulsion d'opposants à l'aéroport

Le 29 janvier, un arrêt de la Cour de cassation a compliqué les affaires du gouvernement et de la société Aéroport du Grand Ouest (AGO), filiale de Vinci Airports. Elle a estimé ne pouvoir prendre aucune décision sur l'"arrêté de cessibilité" qui autorise AGO à exproprier les agriculteurs toujours en exploitation sur le terrain du futur aéroport. La Cour a alors mis les dossiers en attente de l'expiration de l'ensemble des recours déposés devant les juridictions administratives. La décision de la Cour de cassation est une victoire aux yeux des opposants, qui soulignent qu'elle "sanctionne la volonté de la société AGO de 'passer en force' sans laisser le temps aux juridictions saisies de statuer". La décision de la Cour de cassation "repousse de plus de dix-huit mois a minima d'éventuelles expulsions", s'est réjoui l'Acipa.
Lire : La guérilla juridique continue (lien abonnés)

Le principal recours, relatif à la loi sur l'eau, qui oblige l'aménageur à demander une autorisation spécifique en cas de destruction de zones humides, doit être tranché en mai par les institutions européennes.
Lire (édition abonnés) : La Commission européenne s'invite dans le dossier de Notre-Dame-des-Landes (lien abonnés)

Quelle est la situation sur le terrain ?

Sur le terrain, toujours occupé, selon les moments, par 100 à 300 opposants, le programme des "travaux préparatoires" a pris du retard. Le défrichement prévu en janvier a été reporté de six mois, les transferts d'espèces protégées prévus en février n'ont pas eu lieu, et seule une partie des diagnostics archéologiques, en bordure de la zone, a été menée à bien. Les travaux à proprement parler ne devraient démarrer au mieux qu'au deuxième semestre 2014.
Lire : Vers un retard dans le calendrier

L'action des opposants, toujours aussi déterminés, se poursuit en effet. Après la grande mobilisation de mi-novembre – entre 13 000 et 40 000 manifestants sur le site –, les anticapitalistes de la Zone d'aménagement différé (ZAD) destinée au futur aéroport ont fait parler d'eux lors de heurts sporadiques avec les gendarmes chargés de les expulser.
Lire : La bataille de 'Notre-Dame-des-Colères'

Samedi, ils comptent ressemer les terres de la ZAD, au cours d'une manifestation intitulée "Sème ta Zad !". Deux cortèges sont attendus au nord et au sud de la zone en milieu de matinée. Ils doivent ensuite se rendre en différents endroits pour mettre en place, selon les lieux, des cultures potagères, céréalières ou encore des poulaillers. Des reconstructions de cabanes sur les emplacements de fermes évacuées et rasées lors des massives opérations des forces de l'ordre de l'automne 2012 sont également prévues. Pour la suite, l'Acipa a annoncé une chaîne humaine pour le 11 mai et un festival musical, les 3 et 4 août.
Lire : L'opposition à l'aéroport s'annonce bruyante en 2013

Le coût du projet

Les opposants ne croient pas aux 556 millions d'euros annoncés et soulignent que le coût de la ligne de tram-train Nantes-Châteaubriant n'a pas été incluse dans le budget. Selon l'association Acipa, "Vinci a promis 12 % de rentabilité à ses actionnaires et si l'aéroport est déficitaire, ce sont les contribuables qui paieront la facture". Cela représenterait environ 11 millions d'euros par an, calcule Mediapart.
Lire : Notre-Dame-des-Landes : le projet qui divise depuis quarante ans

Qui est pour, qui est contre ?

Le PS et l'UMP sont pour. Le principal partisan de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est Jean-Marc Ayrault, actuel premier ministre, ancien député et maire de Nantes et président de Nantes Métropole. Il est soutenu dans cette démarche par les collectivités locales, dominées par le PS (communes, conseils généraux et régionaux) et par l'UMP.
>> Lire : "L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le 'bébé' de M. Ayrault"
EELV, le MoDem et le Front de gauche sont contre. Les principaux adversaires du projet sont les écologistes, actuels alliés du PS et qui comptent deux ministres dans le gouvernement. Avec le chantier de l'EPR de Flamanville, Notre-Dame-des-Landes a été l'un des points de désaccord explicitement mentionnés dans l'accord entre le PS et EELV, à l'automne 2011. Les opposants au projet ont également obtenu le soutien de François Bayrou, président du MoDem, de Jean-Luc Mélenchon à titre personnel et de Marine Le Pen.
Lire : Aéroport de Nantes, Europe... Un an de tensions entre EELV et le PS
De nombreux collectifs et associations d'opposants. Des agriculteurs, regroupés dans une association dès 1972, ont été rejoints par des habitants lors de la relance du projet au début des années 2000, et ont formé l'Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes). Une quinzaine d'élus locaux ont fondé l'explicite Collectif d'élu(e)s doutant de la pertinence de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. En décembre 2007, ces multiples associations d'opposants se sont rassemblées dans la Coordination des associations opposées au projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes.
Lire aussi : Le bocage nantais entre en guérilla à Notre-Dame-des-Landes
Voir la galerie de portraits : Des gens de Notre-Dame-des-Landes

Quel rôle les commissions mises en place par le gouvernement jouent-elles ?

Tentant de désamorcer le dossier après de violents affrontements entre opposants et forces de l'ordre à l'automne, Jean-Marc Ayrault a mis en place une commission du dialogue qui a entamé ses auditions juste avant Noël. Présidée par Claude Chéreau, elle a procédé à une centaine d'entretiens jusqu'à la mi-mars. Mais le gouvernement a exclu que cette commission puisse retoquer le projet dans son ensemble et certains opposants comme l'Acipa ont décidé de boycotter ses travaux.
Lire : La 'commission du dialogue' réunie à Matignon
Feu pas tout à fait vert pour l'aéroport Notre-Dame-des-Landes Jade Lindgaard 10/04

Nouvelles pièces au dossier de l’aéroport controversé de Notre-Dame-des-Landes, trois rapports d’experts reposent désormais sur les bureaux de Jean-Marc Ayrault, du ministre des transports, Frédéric Cuvillier et de la ministre de l’écologie Delphine Batho : celui de la commission de dialogue, censé remettre à plat les arguments des pour et des contre, un autre consacré au respect de la loi sur l’eau et, enfin, un dernier analysant les impacts du projet sur les agriculteurs.
Aucun d’entre eux ne conclut en défaveur du transfert de l’actuel site de Nantes-Atlantique vers le bocage de Notre-Dame-des-Landes. Si bien que dans la foulée de leur publication (à lire ici, là, et ici), Jean-Marc Ayrault « réaffirme son attachement à poursuivre la conduite de ce projet dans le respect de cette méthode de travail fondée sur le dialogue et l’échange constructif », a fait savoir Matignon dans un communiqué.
Mais pour autant, les experts sollicités, des universitaires et des fonctionnaires, refusent d’accorder aux pouvoirs publics et au concessionnaire, Vinci, le feu vert qu’ils attendaient pour enclencher les travaux.
La principale critique provient des scientifiques consultés pour évaluer les incidences du projet sur les zones humides menacées par le projet. Conformément à la loi, les maîtres d’ouvrage proposent de compenser les dommages qu’ils vont causer au bocage. Mais la méthode qu’ils ont choisie pour le faire « ne peut être validée en l’état », jugent les experts. Ils lui reprochent ses insuffisances, sa faible traçabilité, sa mauvaise intelligibilité et sa non-prise en compte du risque d’échec.
C’est le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) du bassin Loire-Bretagne qui établit les règles d’application de la loi sur l’eau pour le site de Notre-Dame-des-Landes. En particulier, il exige que les zones humides détruites doivent être recréées ou restaurées de manière équivalente « sur le plan fonctionnel » et pour la biodiversité. Ces opérations doivent être réalisées « dans le même bassin versant », aire délimitée par des lignes de partage des eaux. Or la méthode compensatoire adoptée se contente d’évaluer les besoins de compensation et ne garantit pas le respect de ce principe d’équivalence. Si bien qu’un délicat travail scientifique est maintenant nécessaire pour déterminer des critères fiables de compensation fonctionnelle. Et peut-être, y compris la révision du Sdage lui-même. Pour Raphaël Romi, professeur de droit à l’université, « sur le seul terrain de la loi sur l’eau, ce projet est mort, il est le premier dont on peut dire qu’il est mort et noyé ».
Les auteurs du rapport pointent aussi l’insuffisante analyse de l’état du milieu, donnant ainsi raison aux naturalistes qui se sont rassemblés depuis le début de l’année pour réaliser leur propre inventaire du site (voir ici notre article).

Sans enthousiasme

Autre grief majeur, formulé cette fois-ci par la commission de dialogue : le projet avale trop de bocage. La « très importante consommation d’espaces naturels ou agricoles » ne correspond pas à l’exemplarité environnementale à laquelle prétend Vinci. Les experts jugent nécessaire « de rechercher un meilleur équilibre entre le projet et les enjeux agricoles et environnementaux » et donc « de réduire autant que possible les surfaces artificialisées ou neutralisées pour l’agriculture ». Ils demandent ainsi la diminution des parcs de stationnement, le gel d’au moins 250 hectares le temps d’évaluer les nouvelles mesures compensatoires, et la réduction des surfaces destinées à accueillir des activités – 200 hectares sont aujourd’hui promis à cet usage.
Alors que la zone réservée à l'origine pour les travaux s'étendait sur environ 1 650 hectares, Vinci l’a revue à la baisse, prévoyant à ce stade de n’en utiliser que 730. « Mais si on change de projet, il faut refaire l’enquête publique et la déclaration d’utilité publique », analyse Raphaël Romi. La restriction des parkings, activité très lucrative, risque de modifier l’équilibre financier de l’aérogare.
Plus généralement, la réévaluation des coûts de réaménagement de l’actuel aéroport, du plan d’exposition au bruit du futur aéroport, de l’impact sur l’emploi, et du coût du transfert que réclament les experts, seront lourds de conséquences. Car si ces données devaient évoluer substantiellement, cela remettrait alors en cause les calculs qui furent à la base du traité de concession et de l’appel d’offres. Un enfer juridique. Pour la fondation Nicolas Hulot, les lacunes du dossier mises en exergue par les experts « justifient a minima l’arrêt des travaux sur le site et des études complémentaires ».

Pourquoi la commission de dialogue défend-elle malgré tout le transfert de l’aéroport actuel vers Notre-Dame-des-Landes ? Contrairement à ce qu’affirment les partisans du projet, les experts contestent la saturation technique de Nantes-Atlantique aujourd’hui. Mais ils estiment qu’elle « est néanmoins susceptible d’intervenir assez rapidement en fonction de l’évolution du trafic ».
Surtout, ils estiment plausible que le nombre de vols soit plus important au fil des années. Au point de créer « des nuisances difficilement supportables » pour les habitants, notamment au sud de la ville, et de menacer le développement et l’extension de l’agglomération. « Le réaménagement de Nantes-Atlantique n’apparaît donc pas à la commission comme une solution valable à long terme. » Pour un rapport commandé en vue d’accompagner le projet de nouvelle installation, le ton manque clairement d’enthousiasme.
Que va faire l’exécutif maintenant ? Le gouvernement semble croire que la mise en œuvre des recommandations des commissions ne prendra que quelques semaines. Ce scénario paraît très optimiste. D’ici l’été, les maîtres d’ouvrage doivent proposer des solutions en réponse aux rapports, et les élus vont se réunir. Dans un communiqué commun, les collectivités locales concernées se réjouissent de la confirmation de « ce projet d’intérêt général » : « Ce transfert, c’est le désenclavement de tout le Grand Ouest, c’est une dynamique de croissance incontestée. » Avant la publication des rapports, la préfecture avait prévu de prendre rapidement des arrêtés sur la loi sur l'eau, permettant de lancer une nouvelle étape d'interventions sur la zone.
Sur le terrain, seules les fouilles archéologiques devraient se poursuivre d’ici l’été, et aucun bulldozer ne devrait apparaître avant l’automne. Aucune opération d’expulsion des occupants à grande échelle ne semble prévue à court terme. L’exécutif espère que cette confirmation critique de la pertinence du projet de Notre-Dame-des-Landes calmera les passions et diffractera le symbole qu’est devenu l’aéroport de la discorde en de multiples petites scènes politiques locales. Pas sûr pourtant que cette lutte devenue si emblématique soit soluble dans l’expertise, aussi sérieuse soit-elle.

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Re: lutte à Notre Dame des Landes

Message par Nico37 » 11 avr. 2013 21:45

Après les rapports de la commission de dialogue, une seule issue : l'abandon du projet !

La commission de dialogue et les commissions scientifiques ont rendu leurs rapports sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. De nombreux arguments portés depuis des années par les opposants sont de fait validés par ces commissions.  Il en est ainsi des mesures de compensation pour la destruction des zones humides, qui constituent la majorité des terres concernées, que le rapport demande de revoir. Même remise en cause pour l'emprise au sol du projet actuel, signifiant la destruction de  nombreuses terres agricoles et pour les conséquences sur de possibles inondations mal évaluées dans le projet actuel.  La saturation de Nantes-Atlantique est également démentie et l’indécision sur l’avenir de la piste de Nantes Atlantique, avec son impact sur le devenir même du site d'Airbus à Bouguenais y est expressément mentionnée.

En outre, quelques points risquent de décevoir certains soutiens  des porteurs du projet: Ce sont  le report sine die de l’accès par la ligne de tram-train qui était pourtant liée au projet,  l’impossibilité de chiffrer les espaces libérables Sud Loire, ou encore la nébuleuse où se sont fondus  les milliers emplois fixes allègrement claironnés précédemment.  En résumé, ce rapport confirme que le projet d’aéroport de Notre Dame des landes est inutile et absurde, auréolé du flou le plus total quant à ses coûts sociaux, écologiques, financiers, en contradiction avec l’intérêt public.

La prise en compte de ces remarques et préconisations aurait dû conduire le gouvernement à renoncer à ce projet dispendieux. A ce stade il n'en est rien,  le Premier Ministre affirmant même sa volonté de poursuivre Notre Dame des Landes en tenant compte des demandes exprimées dans les trois rapports - ce qui conduirait à augmenter considérablement le  coût du projet, et restreindre les recettes du concessionnaire Vinci, diminuant de fait les hypothétiques montants financiers liés aux retours à meilleure fortune pour la Collectivité publique.

Pour nous, organisations membres du Front de Gauche 44, la seule issue possible à ce projet - qui a déjà trop coûté aux collectivités y compris pour la répression et pour la communication -  est son abandon pur et simple.

Nous exigeons du gouvernement qu'il annonce le report sine die  des travaux et des expulsions.

L'étude d'autres possibilités, à commencer par l'éventuelle optimisation de l'aéroport de Nantes Atlantique, l'exploitation des lignes de train, la mise en réseau des nombreux aéroports de l'Ouest, permettra de répondre aux besoins de l'Ouest de la France.
Ce n'est pas dans le siphonnage des fonds publics au services d'intérêts privés mais bien dans la relocalisation des activités, le maintien d'une agriculture locale et durable au service de réels besoins collectifs que se trouvent les réponses aux crises économiques, sociales et écologiques que nous traversons.

L'opération "Sème ta Zad" du 13 avril prochain, la Chaîne Humaine du 11 mai et le Grand Rassemblement des 3 et 4 août, deviennent désormais des rendez-vous majeurs pour imposer l'arrêt du projet et affirmer qu'un autre développement est possible.

Nous appelons la population locale à se mobiliser massivement et à rejoindre les collectifs unitaires afin de préparer ces événements.

Les Alternatifs 44
La Gauche Anticapitaliste 44
La Gauche Unitaire 44
La Parti de Gauche 44
POUR RONAN DANTEC, LES RECOMMANDATIONS DES RAPPORTS IMPLIQUENT UN REPORT DU PROJET

 Au-delà de mots choisis et pesés, de phrases à double entrée où chacun peut se retrouver, le rapport de la commission du dialogue apparaît clairement dans ses conclusions comme une première étape de remise à plat du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
N’ayant pas mandat de remise en cause du projet, la commission Chéreau ne pouvait guère conclure sans rappeler la « pertinence » du projet, et nul ne s’attendait à ce qu’elle conclue à son abandon. 
Mais les questions qu’elle soulève, et sur lesquelles elle estime que des réponses complémentaires doivent être apportées, sont si nombreuses, qu’elles ne peuvent qu’amener à un report du projet tant que de nouvelles études n’auront pas été menées. 
Sans être exhaustifs, citons :
-       « l’approfondissement de l’évaluation des coûts de réaménagement de Nantes Atlantique avec maintien de la piste actuelle ou création d’une piste transversale» ;
-       « préciser les surfaces réellement libérées par le transfert et leur vocation », la commission du dialogue notant que ces surfaces libérées sont récemment passées de 252 à 80 hectares ;
-       Problème de la desserte de l’aéroport par transport collectif, aujourd’hui abandonnée (tram-train) ou à échéance très lointaine : « l’impact de ce report sur les échéances lointaines, sur les perspectives de croissance de l’aéroport, mériterait d’être évalué » ;
-       « Interrogations sur le dispositif » du PEAN (périmètre de protection des espaces agricoles et naturels péri-urbains) censé protéger la ceinture verte et les terres agricoles entre Nantes et Notre-Dame-des-Landes ;
-       « Recherche d’un meilleur équilibre entre le projet et les enjeux agricoles et environnementaux » ;
 
Surtout, le fait que la commission scientifique décide de ne pas valider telle quelle la méthode de compensation proposée, en recommandant une nouvelle démarche, qui nécessitera dans un premier temps de « caractériser rigoureusement l’état initial des sites impactés et de leur environnement proche, ainsi que des territoires envisagés pour la compensation », sonne comme un désaveu scientifique pour les porteurs du projet, qui avaient sous-estimé les enjeux environnementaux. La prise en compte des treize recommandations de la commission scientifique prendra de fait un temps long, et revient donc à un réel report du projet. Même si les opposants avaient pu douter de l’indépendance de cette commission mise en place par le Premier ministre et la ministre de l’Ecologie, force est de constater que son réquisitoire sévère souligne sa liberté de conclusion. 
En proposant que certaines évaluations « pourraient être faites contradictoirement avec ceux des opposants qui seraient prêts à confronter leurs données à cette estimation », la commission du dialogue ouvre enfin timidement la voie à la réouverture d’un véritable débat contradictoire.
C’est dans ce sens que le gouvernement doit s’engager, en proposant que des études indépendantes de l’Etat répondent aux interrogations posées. La mise en place de la commission du dialogue par Jean-Marc Ayrault aura été un important premier pas, il s’agit maintenant de recréer les conditions d’un débat public contradictoire.  
Comme il l’avait défendu dès l’automne, en appelant à la médiation, Ronan Dantec estime plus que jamais qu’il serait politiquement suicidaire que les forces de gauche s’affrontent dans les prochains mois sur Notre-Dame-des-Landes. Il appelle les uns et les autres à la responsabilité et à la construction de ce nouveau dialogue, dans lequel il s’engagera si celui-ci est mené dans le respect des règles déontologiques d’un débat contradictoire, fondé sur une expertise indépendante.
Les rapports rendus publics aujourd’hui condamnent de fait le projet Europe Ecologie – Les Verts

> La commission du dialogue, le collège d’experts scientifiques et la mission agricole viennent de remettre leurs rapports au Ministre des Transports, M. Cuvillier.
> Si la commission du dialogue estime, sortant ainsi de sa feuille de route initiale, que le projet est « justifié », ses observations, recommandations et conclusions démontrent surtout que le projet est aussi fragile que mal formaté.
> En effet, tant sur le dimensionnement de l’aérogare et de la piste, que sur le plan des dessertes routières et ferroviaires, ainsi que sur l’impact agricole et l’emprise foncière, le projet témoigne d’un nombre considérable de failles.
> En ce qui concerne l’impact environnemental, la conclusion du collège d’experts est sans appel. La méthodologie proposée est invalidée à l’unanimité d’un point de vue scientifique. D’un point de vue juridique, sauf à s’affranchir de la loi sur l’eau et du droit communautaire, le projet ne peut être autorisé en l’état actuel.
> Pour Europe Ecologie – Les Verts, la copie est bien à revoir intégralement. Toutes les interrogations posées depuis des années par les opposants sont aujourd’hui confortées et légitimées.
> En l’état, la mise en œuvre de toutes les recommandations formulées dans ces rapports relève de la mission impossible et reporte sine die le projet.
Notre-Dame-des-Landes : Après le dialogue biaisé, la mobilisation déterminée ! Confédération paysanne

Les conclusions du rapport de la Commission dite « de dialogue », mise en place en novembre 2012 par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ont été rendues hier. Nous n'en attendions rien, nous n'avons pas été déçus. Son contenu est à la hauteur de l'ambition politique affichée sur le carnet de commande : ne pas remettre en cause le projet tout en apportant des précisions techniques complémentaires et remettre des propositions, quatre mois plus tard, sur la manière de poursuivre le dialogue.

Pour la Confédération paysanne, cette « parenthèse » de quatre mois aux allures de trêve doit déboucher maintenant sur un nouvel élan de résistance. L'occasion est donnée d'y répondre très prochainement en se mobilisant dès le 13 avril pour soutenir les occupants lors de l'action « Sème ta ZAD » pour reconquérir le territoire en culture alimentaire, puis le 11 mai pour la Chaine humaine, et les 3 et 4 août pour le grand rassemblement des opposants à ce projet insensé.

L'opposition est plus que jamais évidente entre partisans du bradage-gaspillage des ressources à des intérêts spéculatifs et privés, et militants engagés pour la souveraineté alimentaire, la relocalisation de la production agricole, l'emploi paysan et la vie des territoires.

Pour barrer la route définitivement à la « stratégie économique tournée vers l'exportation et l'installation d'entreprises internationales » (recommandation 5 du rapport), la Confédération paysanne appelle ses adhérents, sympathisants et l'ensemble des opposants à la vigilance et à la mobilisation, à Notre-Dame-des-Landes, comme sur l'ensemble du territoire.
Notre Dame des Landes : après le rapport de la "commission du dialogue", l'heure est à la mobilisation Les Alternatifs

En déléguant le compte rendu des trois rapports relatifs à Notre Dame des Landes au ministre des transports, le premier ministre fait semblant de prendre du recul alors qu’il est le principal promoteur politique du projet. Le rapport de la «Commission du dialogue » commanditée par le Premier ministre et dont le Président avait, avant même le début des consultations, donné une position favorable au projet, est sans grande surprise. Il réaffirme son parti pris favorable et promeut plusieurs arguments des défenseurs du projet du transfert de Nantes-Atlantique à Notre Dame des Landes :  

• saturation inéluctable et agrandissement de Nantes-Atlantique problématique accompagné de contraintes dues au bruit limitant le développement de l’agglomération (point 2) ; 
• vertu économique des offres nouvelles de liaisons nombreuses à l’international sans passer par Paris, offres dues au transfert de l’aéroport du Sud au Nord de Nantes (point 1 et 5). 

Il module cependant les affirmations à l’emporte pièces que les « grands élus » ont coutume d’afficher la main sur le cœur. Les principales réserves et recommandations portent sur : 
• une saturation de la piste de Nantes-Atlantique absente et l’importance du maintien de l’équipement pour Airbus (points 2 et 3) ; 

• l’élaboration d’un Plan d’Exposition au Bruit (PEB) actualisé avec un nombre de mouvements plus réaliste puisque celui en vigueur se base sur plus du double des mouvements réels, à peu près constants depuis 20 ans (point 4) ; 
• l’absence problématique de perspective de dessertes par train dans la configuration actuelle du projet à Notre Dame des Landes, laissant la part belle à la voiture dans la desserte de la plateforme (point 7) ; 
• une réduction de la très importante consommation d’espace à Notre Dame des Landes et le poids des surfaces imperméabilisées ou neutralisées (point 12). 

Le rapport du « collège d’experts scientifiques » demandé par le rapport d’enquête publique relative à la loi sur l’eau est, par contre, plus incisif. 

Ses 12 remarques tant sur la méthode proposée par AGO/VINCI dérogatoire à la loi que sur son application au projet de Notre Dame des Landes renvoient les porteurs du projet à leurs études. Les titres sont éloquents : 
1. non adéquation de la méthode au SDAGE Loire-Bretagne ; 
2. complexité de la méthode ; 
3. coefficients de compensation injustifiés ; 
4. échec prévisible et délais excessifs pour les compensations ; 
5. mauvaise analyse des eaux et des fonctions des zones humides ; 
6. fonctionnement hydrologique mal analysé ; 
7. importance sous-estimée du fonctionnement des crues ; 
8. biodiversité des sites insuffisamment caractérisée ; 
9. doutes sur la faisabilité des mesures proposées ; 
10. incertitudes sur la mise en œuvre des mesures de compensation ; 
11. engagement formel de d’AGO/VINCI sans obligation de résultat ; 
12. pas de suivi des mesures compensatoires. 

Quant aux conclusions de la « mission d’expertise agricole », elles modulent et relativisent les impacts de l’équipement projeté, s’en réfèrent au « collège d’experts scientifiques » et mentionnent les souhaits pour une moindre emprise ainsi que de meilleures prises en compte des projets agricoles. 

Au final, les experts scientifiques annihilent les belles certitudes des promoteurs d’un projet basé sur le mensonge. L’arrogance des groupes de pression en prend un coup sur la tête. 

La balle est maintenant chez les porteurs du projet, porteurs économiques avec AGO/VINCI et porteurs politiques avec le gouvernement en première ligne. L’alternative est claire : STOP ou ENCORE ? 

Les perches tendues par les trois rapports permettent au Parti Socialiste de sortir de l’impasse en laissant au moins glisser le projet. Les premières déclarations de ses principaux porte-parole, Premier Ministre en tête, vont dans un sens, hélas, totalement opposé. La mobilisation citoyenne doit donc se poursuivre et s’intensifier.

Pour dire STOP, Les Alternatifs invitent les citoyennes et citoyens 
• à participer à la réimplantation complémentaires des activités paysannes sur le site samedi 13 avril par l’initiative « sème ta ZAD » ; 
• à se mobiliser pleinement pour la grande chaîne humaine du 11 mai ; 
• à préparer le rassemblement des 3 et 4 août. 

Notre Dame des Landes, plus que jamais culture de résistance !
Notre Dame des Landes – Un désaveu pour le Premier Ministre Laurence Pache, Corinne Morel Darleux, Mathieu Agostini

La commission du dialogue a rendu sa copie. En proposant sa création, Ayrault ne s’attendait certainement pas à être désavoué.

Et pourtant, dans ses conclusions et ses recommandations, la commission du dialogue remet en cause de nombreux arguments des promoteurs de l’aéroport : dimension des infrastructures, plan des pistes, dessertes de l’aérogare, tout est désigné comme étant disproportionné ou problématique. Même l’argument tant aimé du risque lié au survol de la ville de Nantes est mis à mal. Même l’augmentation du trafic aérien n’est plus une prévision mais un « objectif économique » que se fixe l’exploitant.

Du point de vue juridique, les différents rapports pointent l’irrégularité de la méthodologie d’étude de l’impact environnemental ou précise encore que la législation sur l’eau empêche le projet en l’état actuel !

De nombreux arguments sont aujourd’hui remis en cause et cela confirme ce que disent les opposants depuis le départ.

C’est un désaveu considérable pour le Premier Ministre qui s’est empressé de répliquer que le projet se fera quand même quand la commission préconise de le reporter. Des délais que Vinci ne manquera évidement pas de faire payer aux citoyens !

Pour enterrer définitivement le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, le Parti de Gauche appelle à soutenir et rejoindre la mobilisation pour la chaîne humaine sur la « Zone à Défendre » le 11 mai prochain.

Nico37
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Re: lutte à Notre Dame des Landes

Message par Nico37 » 13 avr. 2013 0:49

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Re: lutte à Notre Dame des Landes

Message par Nico37 » 13 avr. 2013 20:46

Prise de parole Sème ta ZAD !

Paysans, paysannes, collectifs agricoles d'ici et d'ailleurs, amiEs de luttes, semeurs et semeuses de révolte, c'est avec nos outils en main, fermement tenus, que nous venons aujourd'hui défendre et cultiver les terres que l'État et AGO-Vinci veulent détruire.

    La manifestation de mise en culture « Sème ta ZAD !» s'inscrit dans la continuité de la réoccupation du 17 novembre. 6 mois après les expulsions, alors que 19 maisons et cabanes avaient été détruites, plus de 30 nouveaux habitats ont été reconstruits. La ZAD et la lutte contre l'aéroport, appuyées par plus de 200 comités locaux sont aujourd'hui plus vivantes que jamais. A l'heure où la commission du soit-disant dialogue a révélé sans nulle surprise son soutien au projet d'aéroport,  "Sème ta ZAD !" est notre réponse, notre riposte pour continuer à les mettre en échec. Aujourd'hui, avec les différents chantiers, nous renforcerons l'implantation dans la durée des occupations agricoles sur la ZAD.
Construire là où ils veulent détruire, cultiver là où ils veulent bétonner, voilà notre manière de lutter et voilà ce que nous ferons tous et toutes ensemble aujourd'hui ! "Sème ta ZAD !" est aussi une manière de voir loin, d'imaginer ce que sera la zone après l'abandon définitif de leur grand projet inutile et imposé. Parce que nous luttons contre un aéroport mais aussi contre le monde qui va avec, nous aurons à faire aux aménageurs en tous genres qui spéculent sur les terres nourricières, nous aurons à faire aux agriculteurs intensifs qui cherchent à s'agrandir toujours plus... Avec « Sème ta ZAD ! » nous voulons mettre en place dès maintenant une communisation des terres et des pratiques, nous prenons la terre et nous la garderons !

    La manifestation « Sème ta ZAD ! » ne surgit pas de nulle part. Nous voulons rappeler qu'elle prend racine dans une histoire et dans la mise en place de pratique collective de lutte. Le 7 mai 2011, déjà outils en main et tracteurs en tête, nous étions plus d'une centaine à mener le défrichage de la ferme maraîchère du Sabot. Déjà il y avait dans l'air comme une atmosphère joyeuse de jacquerie et de partage. Au moment des expulsions, les tracteurs ont constitué un vrai renfort matériel. Ainsi on a pu voir la nuit pousser des barricades gigantesques pour faire face à la pluie de lacrymogène qui arrosaient les légumes du Sabot. Avec les paysans, nous avons défendu la ferme du Rosier, un peu plus tard les tracteurs se sont enchaînés autour de la Châtaigne, puis par une belle nuit étoilée de janvier, les paysans ont commis l'irréparable : ils sont devenus squatteurs à leur tour ! Ils ont occupé et occupent encore la ferme de Bellevue pour la sauver de son imminente destruction. Au-delà des moments de lutte, cette manifestation a aussi pris forme au sein des assemblées agricoles qui se réunissent régulièrement à la Châtaigne depuis fin novembre. Parce que l'autonomie alimentaire et la répartition des terres ne concerne pas que les paysanNEs, ces assemblées regroupent toutE opposantE qui veut porter la lutte à travers une pratique agricole.
Avec nos différences nous nous sommes accordés sur des principes communs :
- sur la dénonciation des grandes concentrations agricoles et la défense de l'accès à la terre pour les projets d'installation paysanne, à Notre-Dame-des-Landes et partout ailleurs.
- sur l'entraide, la mutualisation des moyens et des outils pour favoriser l'installation collective.
- sur l'apprentissage par l'échange et le dialogue entre savoir-faire agricole traditionnel et pratiques expérimentales, entre professionnelLEs et paysanNEs hors cadre.
- sur la nécessité de développer et démultiplier des projets d'agriculture vivrière locale pour promouvoir l'autonomie alimentaire contre l'agro-industrie et contre l'artificialisation des terres.

    Aujourd'hui, en écho à la journée mondiale des luttes paysannes, qui aura lieu le 17 avril prochain,  nous voulons faire de cette manifestation un acte politique fort. Rappelons que cette journée mondiale commémore le massacre du 17 avril 1996  où des hommes et des femmes du Mouvement des travailleurs ruraux et paysans sans terre du Brésil avaient bloqué une route pour exiger l’expropriation de terres en friche et la mise en place d'une réforme agraire. La police militaire avait alors tiré à bout portant sur la foule : bilan 22 morts et 70 blessés. Ici comme ailleurs, nous avons recours à l'occupation comme pratique de lutte pour défendre ce bien commun qu'est la terre. Ce type d'action directe, à la fois illégale et légitime, est notre unique rempart pour stopper sur le terrain l'avancée du désert dans le bocage, un désert de béton qu'ils nous présentent comme une oasis. C'est en nous réappropriant la terre et en  la cultivant que nous voulons la défendre, c'est par l'occupation que nous voulons nous opposer frontalement à l'accaparement des terres. Nous serons là à nouveau le 27 avril à Avignon pour la manif-occupation contre le saccage de 50 ha de terres nourricières. Partout où ils aménagent, où ils modernisent, où ils bétonnent et urbanisent,  nous nous organisons.
Parce que notre monde n'est pas le leur et parce qu'ils sèment le désert, ils récolteront la révolte et la lutte.

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Re: lutte à Notre Dame des Landes

Message par Nico37 » 14 avr. 2013 13:14

Les champs sont encore bien humides pour une grande action agricole, mais cela fait fait quelques jours que ça fourmille un peu plus encore partout sur la zone : préparation des chantiers, des scènes, des gâteaux, dégagement de certains chemins, signalisation... Puisque la commission du
dialogue conseille de poursuivre le projet d'aéroport, mais que le gouvernement risque de ne pas oser se lancer dans de nouvelles expulsions avant d'avoir révisé quelque peu la copie, notre réponse immédiate sera d'asseoir l'occupation à long terme de la zone par de nouveaux projets agricoles.

En préambule à la journée "sème ta zad", bonne surprise hier soir puisque vers 22h, la préfecture a décidé de retirer ses troupes du carrefour de la
Saulce, point central au coeur de la zone menacée par l'aéroport. Cela fait 141 jours que l'on vit avec une occupation policière permanente : harcèlements, ralentissements et perturbations de nos allées et venues avec le choix de contourner à pied par les champs ou de se faire contrôler, fouiller et humilier. On peut donc dire que leur départ de la Saulce est un sacré soulagement. Immédiatement, le joyeux message passe, par la radio, par les chemins, d'une maison à l'autre... Tant et si bien qu'assez vite une fête s'improvise sur la route, avec quelques chicanes et brasero. La fête est quelque peu perturbée par la présence de deux camions de gendarmerie restés en retrait dans un chemin attenant, qui appellent leurs collègues en renfort et finissent par balancer quelques lacrymos et grenades assourdissantes au Carrefour. Ce samedi matin alors que les cortèges se préparent à partir, plus de traces de gendarmes. Comme pour le 17 novembre on dirait qu'ils ont choisi de faire profil bas ou de faire comme si il n'y avait pas une occupation militaire quand les caméras débarquent. Il s'agit maintenant d'être attentif-ve-s à ce qu'ils ne reviennent pas dès lundi et à ce qu'ils nous lâchent définitivement les basques.

Au départ de la manifestation "sème ta zad", la surprise est moins agréable puisqu'il pleut généreusement. Le printemps a décidé paresseusement d'attendre un jour de plus pour s'installer. Malgré ce léger désagrément, pas mal de monde arrive petit à petit fourche, pioche, pelle en main... A l'est, à la sortie de la Paquelais, des tracteurs s'installent avec des bennes de fumier ou des outils, plants et matériaux déposés par les manifestants. Radio klaxon commence à rediffuser en direct sur les enceintes des sons de la manifestation, de la disco ou de vieux chants révolutionnaires...Une batukada de bidons, de bric et de broc s'installe en tête, derrière une banderole "sème ta zad - cultiver, occuper, résister", une tête de "tanouki" masqué et entonne une chanson de geste hypnotisante sur les hauts faits des mois passés. Le cortège, s'enfile sur la d281. Pour ceux qui ne sont pas passés depuis quelques mois ou qui découvrent, c'est un moment un peu surréaliste. Cette route qui en octobre était quoitidiennemement asphyxiée par un millier de
policiers est devenue le cauchemar de tout aménageur du territoire. On y découvre une architecture défensive et sauvage : barricades et chicanes, tour de guets et barraques posées au milieu du bitume, pneux, palettes et panneaux de circulation détournés de leur usage règlementaire. La DDE en mode zad oblige tout un chacun à zigzaguer et ralentir un brin mais ça passe. Tout au long du parcours, des panneaux et chemins protégés indiquent l'accès à diverses cabanes. Quelques grandes plaques de bois commémoratives rappellent la bataille du sabot, ferme maraîchère occupée dans une manifestation similaire en 2011 et détruite en octobre. Quelques dizaines de minutes plus tard, la manifestation arrivent sur les ruines des planchettes, ancien lieu d'acceuil et d'organisation collective. La pluie est toujours là mais on doit être maintenant un bon millier.

Sur le cortège ouest, le départ a pris un peu plus de temps. 5 voitures de gendarmerie attendaient les premiers arrivés aux Ardillères. Ils se mettent à fuir à l'arrivée d'un bouc, essaient de se remettre un peu plus loin sur le carrefour mais en sont empêchés. Aujourd'hui, c'est nous qui leur bloquons la route et les obligeons à contourner. Qui aurait pu résister de toute façon à une troupe emmenée par des banderoles annonçant ' jacquerie ! " , " nul terre sans guerre " ou encore " vinci dégage, la terre on la partage " , ainsi que par les chants tonitruants des Aveyronnais venus construire une cabane sur les terres de Saint-Jean du Tertre. A l'arrivée au hameau du Liminbout, un panneau " village en résistance " , une grosse pause collective à la buvette pour franchir la dernière ligne droite et se retrouver un millier à la Ferme de Bellevue, occupée en février par le collectif " Copain " * - regroupement d'organisations agricoles en lutte contre l'aéroport.

Les deux manifestations se terminent par des prises de parole de l'assemblée paysanne qui a initié "sème ta zad" et de COPAIN. Une déclaration de
solidarité avec la lutte à Notre Dame des Lande envoyée par la coordination des mouvements paysans indiens est lue, d'autres invitent à venir occuper des terres agricoles menacées par un projet routier le 27 avril à Avignon. Nul besoin de rappeler trop longtemps que, plus qu'une manifestation de masse, l'objectif de cette journée est cette fois de permettre un moment d'action collective et de chantier participatif : des petits groupes s'éparpillent
rapidement une carte à la main sur les différents nouveaux projets agricoles en gestation sur la zone. Des bétaillères font la navette jusqu'à saint-jean du tertre au rythme d'une bourrée, d'autres partent explorer à pied. Malgré la pluie qui continue l'ambiance est au partage et aux sourires. Certains chantiers ont dû être reportés mais ça bosse dans tous les sens : cassage de bois et isolation de la Vache rit, montage de buttes, plantation de fraisiers et patates aux Cent noms, couverture et montage de serre au potager rouge et noir ou a la Wardine, drainage et préparation des sols pour acceuillir des petits fruits et légumes à la Bellich' ou au Sabot, réhabilitation d'une baraque abandonnée à Saint jean du tertre en attendant qu'il fasse un peu plus sec pour démarrer les cultures de blé ou les plantations de vigne, phyto-épuration aux cent noms ou au Gourbi, cuisson de pain à Bellevue, nettoyage de chemins et fossés et création de chemins pour ne pas abîmer les champs et éviter la police. Dès que la fatigue, la faim ou l'humidité se font trop sentir, un tas de cantines et buvettes dispersées sur la zone proposent de grandes assiettes de légumes, des crêpes et autres dégustation de vins et fromages... Et puis il est toujours possible de se poser pour des discussions sur les semences, des atelier sur les plantes médicinales, des états des lieux de la lutte ou pour regarder des photos sur les expulsions au dôme "bowl y wood". Pour beaucoup c'est aussi un moment pour re-découvrir la zones, les barricades et sigmates des batailles, la beauté du bocage et toutes les nouveaux habitats construits ces derniers mois. Certain-e-s rêvent déjà
d'organiser une journée mensuelle " Sème ta zad " avec des chantiers ouverts réguliers. En attendant il est possible de revenir demain et les jours
prochains, en plein soleil pour continuer les chantiers initiés aujourd'hui. Il est déjà tard et temps d'aller danser au Fest noz ou sur quelques bon vinyls. La journée d'aujourd'hui l'a encore prouvée, dans quelques mois ou quelques années, si ils tentent de nouveau de faire passer l'aéroport en force, nous serons encore plus nombreux et déterminés.

Des participant-e-s à "Sème ta zad !"

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Re: lutte à Notre Dame des Landes

Message par Nico37 » 15 avr. 2013 12:46

Regain de tension à Notre-Dame-des-Landes, au moins quatre blessés AB avec AFP 15/04

Des heurts ont éclaté lundi à Notre-Dame-des-Landes où trois gendarmes et au moins un manifestant ont été légèrement blessés dans des heurts entre opposants au projet d'aéropport et les forces de l'ordre.
Trois gendarmes et au moins un manifestant ont été légèrement blessés dans des heurts entre opposants au projet de nouvel aéroport de Nantes et forces de l'ordre, lundi matin sur le site de Notre-Dame-des-Landes, a indiqué la préfecture de Loire-Atlantique. Parmi les gendarmes blessés l'un d'eux a été légèrement brûlé par un cocktail Molotov, a indiqué Patrick Lapouze, directeur de cabinet du préfet. Le collectif d'opposants fait pour sa part état de trois blessés parmi les manifestants et a dénoncé "une pluie des grenades assourdissantes et de lacrymos".

Les heurts ont éclaté en début de matinée près d'un carrefour jugé stratégique de la Zone d'aménagement différé (ZAD), le carrefour dit de Fosses Noires - Chemin de Suez, dont les forces de l'ordre s'étaient retirées vendredi, à la veille d'une manifestation de "remise en culture des terres" qui a pacifiquement réuni plus d'un millier d'opposants samedi.

Premiers heurts notables depuis plusieurs mois

Le collectif d'opposants avait annoncé dès dimanche son intention de conserver le contrôle de ce carrefour, dans un communiqué intitulé "soit ils nous virent, soit ils se cassent". Ils ont également annoncé une manifestation devant la préfecture à Nantes lundi à 16 heures.

Il s'agit des premiers heurts notables sur le site depuis plusieurs mois, une trêve relative ayant accompagné les travaux de la Commission du dialogue qu'avait mis en place le gouvernement fin novembre pour tenter de calmer les esprits. Cette commission a rendu ses conclusions la semaine dernière, soulignant la pertinence du projet d'aéroport tout en recommandant d'amender celui-ci.
Heurts à Notre-Dame-des-Landes : au moins quatre blessés avec AFP 15/04

Trois gendarmes et au moins un manifestant ont été légèrement blessés dans des heurts entre opposants au projet de nouvel aéroport et forces de l'ordre, lundi matin, sur le site de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).

Parmi les gendarmes blessés l'un d'eux a été légèrement brûlé par un cocktail Molotov, a indiqué Patrick Lapouze, directeur de cabinet du préfet. Le collectif d'opposants fait pour sa part état de trois blessés parmi les manifestants et dénonce «une pluie de grenades assourdissantes et de lacrymos».

Les heurts ont éclaté en début de matinée près d'un carrefour jugé stratégique de la Zone d'aménagement différé (ZAD), le carrefour dit de Fosses Noires - Chemin de Suez, dont les forces de l'ordre s'étaient retirées vendredi, à la veille d'une manifestation de «remise en culture des terres» qui a pacifiquement réuni plus d'un millier d'opposants samedi.

Une manifestation à Nantes dans l'après-midi

Le collectif d'opposants avait annoncé dès dimanche son intention de conserver le contrôle de ce carrefour, dans un communiqué intitulé «soit ils nous virent, soit ils se cassent». Ils ont également annoncé une manifestation devant la préfecture à Nantes lundi à 16 heures.

Il s'agit des premiers heurts notables sur le site depuis plusieurs mois. Une trêve relative a accompagné les travaux de la Commission du dialogue qu'avait mise en place le gouvernement fin novembre pour tenter de calmer les esprits. Cette commission a rendu ses conclusions la semaine dernière, soulignant la pertinence du projet d'aéroport tout en recommandant d'amender celui-ci.

Le projet d'aéroport, qui prévoit initialement à l'horizon 2017 le transfert de l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique, au sud de l'agglomération, vers le nouveau site, à une vingtaine de kilomètres au nord, est soutenu par les collectivités locales socialistes des Pays-de-la-Loire et de la Bretagne, l'UMP locale, l'Etat. Il est en revanche vivement contesté par des agriculteurs refusant de quitter leurs terres, des militants anti-capitalistes et des partis comme EELV ou le Parti de Gauche.
Live FR3
Soit ils nous virent, soit ils se cassent ! (et s’ils nous virent, on revient !) 14/04

La veille de la manifestation "Sème Ta ZAD", le carrefour de Fosses Noires / Chemin de Suez, est liberé de la présence des gendarmes mobiles...

Pendant 2 jours, ce carrefour, nombril de la zad, est spontanément redevenu ce qu’il était : un endroit de passage, où l’on se croise, s’echangent des nouvelles, un point de rencontre. Ces jours-ci, la ZAD fut parcouru par des centaines de personnes outils en main.

Le dimanche, nous avons fêté la fin de l’occupation militaire. Rêve éphémère ou réalité des jours à venir ?

Depuis plus de 141 jours nous sommes, habitant-e-s du centre ZAD, pris au piège par les deux barrages de flics. Notre quotidien, c’est du bleu. Pas un matin, midi au soir sans être confronté.e.s à leur présence. Sans être contrôlé.e.s, fouillé.e.s, humilié.e.s. Nous n’avons pas le choix de les éviter. Nos enfants vont à l’école, nous avons pour certain-e-s des activités professionnelles. Fini les balades à vélo, fini les marches tranquilles, les rencontres avec les voisin.e.s et les ami-e-s qui n’osent plus venir. L’endroit où nous et nos enfants vivons, est devenu une zone d’enfermement, dans le silence, depuis le weekend du 15 décembre 2012.

Doit on continuer à subir sans réagir alors qu’il n’y a aucune légitimité et utilité à leur présence ? Nous ne le pensons pas ! Alors il faut relever la tête, s’unir et refuser cette mascarade !

Le prétexte officiel de bloquer le carrefour n’a jamais empêché d’apporter des denrées sur la ZAD, du gaz, des matériaux inflammables ou de construction. Le réel objectif est plutôt de donner l’illusion qu’ils contrôlent la zone, de faire pourrir la situation tout en tentant de contenir la lutte aux frontières de la ZAD, d’établir une pression psychologique et de créer une répression constante qui provoque un climat de tension permanente. Enfin, lors d’un contrôle, quand on craque et qu’on exprime notre ras le bol, la réponse des flics est systématique : "vous n’avez qu’à partir". Ce qui représente une autre forme d’expulsion, plus insidieuse, à l’heure où la commission du dialogue avait demandé la fin des interventions pendant la durée de son mandat...

Leur petite comédie de "commission du dialogue" a pris fin, maintenant la conclusion doit être claire : soit ils nous virent, soit ils se cassent !

Il est évident que nous ne nous laisserons plus occupé.e.s de la sorte : s’ils reviennent chez nous, nous irons chez eux !

Il y a quelques mois, un appel à occuper les lieux de pouvoir avait été lancé en cas d’attaque sur la ZAD. Or, la ZAD est habitée sur toute sa surface et on n’habite pas un endroit sans ses routes, ses champs et les liens qu’ils génèrent. Nous considérons donc que la réoccupation militaire du carrefour serait une attaque directe de notre lieu de vie. Nous appelons en conséquence à des actions décentralisées, que ce soit par des occupations de lieux de pouvoirs et de carrefours de circulation stratégiques, ou par toute autre type d’actions jugées pertinentes !

Les habitant.e.s qui résistent
Rendez vous est donné à 16h devant la préfécture de Nantes.

Leur petite comédie de "commission du dialogue" a pris fin, maintenant la conclusion doit être claire : soit ils nous virent, soit ils se cassent !

Il est évident que nous ne nous laisserons plus occupé.e.s de la sorte : s’ils reviennent chez nous, nous irons chez eux !

Il y a quelques mois, un appel à occuper les lieux de pouvoir avait été lancé en cas d’attaque sur la ZAD. Or, la ZAD est habitée sur toute sa surface et on n’habite pas un endroit sans ses routes, ses champs et les liens qu’ils génèrent. Nous considérons donc que la réoccupation militaire du carrefour serait une attaque directe de notre lieu de vie. Nous
appelons en conséquence à des actions décentralisées, que ce soit par des occupations de lieux de pouvoirs et de carrefours de circulation stratégiques, ou par toute autre type d’actions jugées pertinentes !

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