APPEL A SOUTENIR les inculpé.e.s du Collectif francilien de lutte contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes : Depuis sa création, le collectif est la cible d'une répression systématique.
Le 27 janvier dernier, 15 personnes se sont invité.e.s dans le parc du château familial des multi-miliardaires François et François-Henri Pinault -actionnaires du groupe VINCI- pour dénoncer leur responsabilité dans la construction du futur aéroport de NDDL. Un pique-nique, une banderole, des slogans pour signifier que nous faisons fi de l' impunité dont bénéficient Pinault et consorts qui exploitent, expulsent et bétonnent au gré de manœuvres politiques et de grands transferts financiers.
La répression ne s'est pas fait attendre, les visiteurs et visiteuses du domaine ont été placé.e.s en garde-à-vue durant 45 heures, inculpé.e.s de « violation de domicile », « menaces de mort », « refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques » et « refus de se soumettre aux prélèvements biologiques », ils/elles comparaîtront devant le Juge des Enfants au TGI de Paris (1 personne) et au TGI de Versailles (14 personnes) le 3 juin.
Le samedi 19 janvier, une cinquantaine de personnes se sont rendues au chantier des Halles, autre exemple de connivence entre VINCI et des élus PS. A Paris comme à Notre-Dame-Des-Landes et ailleurs, ils font main basse sur nos vies et nos territoires. De nos mots, slogans et affiches, nous avons recouvert les palissades du chantier, immenses panneaux publicitaires à la gloire d'un Paris uni autour de la consommation.
La répression fut aussi au rendez-vous, deux personnes ont été arrêtées, placées en garde-à-vue pendant 48h, interrogées par le Service d'Investigation Transversale (la police politique), puis déférées. Elles ont été relâchées 70 heures après leur arrestation et comparaitront pour « dégradation de biens privés », « rébellion » et « refus de se soumettre aux prélèvements biologiques », le 29 maiau TGI de Paris.
Le 16 novembre 2012, deux personnes avaient été arrêtées alors qu'à la veille de la grande manifestation de réoccupation de la ZAD, elles avaient, par quelques inscriptions sur un local de permanence, souhaité rappeler que le PS a les mains sales. Elles ont subi 62 heures de détention, des perquisitions à leur domicile et plusieurs auditions par le fameux Service d'Investigation Transversale (SIT). Jugées le 30 janvier dernier, elles ont été condamnées à un Travail d’Intérêt Général, à une amende et leur condamnation a fait l'objet d'une mention au casier judiciaire.
Nous, collectif de personnes issues de divers horizons, militant.e.s de tous âges, agissant en accord avec nos principes, exprimons toute notre solidarité avec les inculpé.e.s et les personnes emprisonnées. Nous appelons chacun.e à soutenir les inculpé.e.s, en participant à la caisse de soutien et en se rendant à leur procès. Nous appelons chacun.e à nous rejoindre dans notre lutte déterminée contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, contre VINCI et son monde, et contre tous les autres Grands Projets Inutiles et Imposés !
Le collectif francilien de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes
Pour participer à la caisse de soutien : envoyez vos chèques à l’ordre de « Les Ami-e-s de Clark Kent» en spécifiant bien au dos du chèque « Soutien à la lutte contre l’aéroport de NDDL » à l’adresse suivante : 9, rue François Debergue / 93100 Montreuil.
Récapitulatif des dates et lieux des procès
→ samedi 25 mai : Val[l]se avec les Bleus, journée anti-répression avec débats à partir de 13h30 au squat Le
Garage (métro Simplon), manif à 18h et concerts au squat La Bouée (métro Villejuif-Louis Aragon). Plus d’infos sur http://nddl-paris.effraie.org
→ mercredi 29 mai : procès chantier des Halles à 13h30 devant la 10ème chambre correctionnelle du TGI de Paris (4 boulevard du Palais, métro Cité).
→ lundi 3 juin : procès affaire Pinault à 14h00 devant la 7ème chambre du TGI de Versailles (5 place André Mignot à Versailles, gare Versailles-Chantiers).
lutte à Notre Dame des Landes
Re: lutte à Notre Dame des Landes
Re: Rennes. Des « antifascistes » empêchent un rassemblement
Proposition pour une journée d'action contre l'occupation militaire du territoire
Après le premier départ des flics du carrefour de la Saulce, des habitant-e-s de la ZAD trouvaient important de parler et d’agir au sujet de l’occupation militaire. L’idée de proposer aux comités une journée d’action sur ce thème avait été discutée lors de la rencontre des comités du 14 avril. Lors des deux assemblées qui avaient eu lieu sur le carrefour l’idée de lancer un appel aux comités à mettre en oeuvre des actions d’occupations de routes, boulevards ou carrefour avait été discutée à plusieurs reprises. Un groupe composé d’habitant-e-s de la ZAD, et de personnes de différents comités locaux s’était réuni suite à ces assemblées pour en débattre. Le texte de proposition issu de ces discussions a été présenté au groupe thématique dans le cadre des rencontres inter-comités du 14 mai dernier.
L’idée semblait parler aux comités présents, des membres du comité de Paris ont suggéré la date du 14 juillet. L’idée est qu’il serve de base pour débattre de l’initiative lors des réunion des les comités locaux. Suite à ces discussions, les comités interessés par cette journée d’action peuvent nous écrire à l’adresse suivante : antioccupmilit@riseup.net. Nous sommes en attente de retour de leur part sur les formes que prend la militarisation du territoire là où ils sont afin écrire un texte d’appel à cette journée et acter la date de cette journée d’action :
Proposition pour une journée d’action contre l’occupation militaire du territoires
A l’attention des comités locaux de lutte contre l’aéroport et son monde
Après le 23 novembre et suite à deux jours d’affrontements pour la défense de la Châtaigne, des Rosiers et de la forêt de Rohanne, les autorités avaient procédé à la mise en place d’une double stratégie : d’une part une mascarade de concertation avec la création d’une commission dite « de dialogue » et d’autre part une occupation militaire permanente des carrefours de la zone. Fliquer le territoire et chercher des interlocuteurs parmi les opposant-e-s faisait partie d’une seule et même stratégie déployée par l’Etat et Vinci pour tenter d’étouffer notre lutte.
Durant ces cinq mois, nous avons vécu ce qu’il faut bien appeler une occupation militaire : contrôles mouvants des accès à la zone, permanents aux Ardillières et au carrefour de la Saulces, avec la présence d’un nombre variable de fourgons de gendarmerie mobile qui ont transformé l’intersection située au cœur de la ZAD en véritable check-point.
L’apport de matériaux de construction et de combustibles n’a pas pu être empêché pour autant, malgré les arrêtés préfectoraux et les fouilles de véhicules. Ce n’est de toute façon pas l’objectif de l’occupation militaire d’un territoire. Cette méthode de quadrillage, déjà éprouvée dans d’autres situations de conflit, vise davantage à garder le contrôle sur nos allers et venues, à nous ficher, nous intimider à coups de spots dans la gueule et de contrôle d’identité, à séparer les champs des habitations, le bar du lit, à éloigner les amis et à empêcher l’information de circuler d’un bout à l’autre de chez nous.
Bloquer ce carrefour, c’était nous contraindre à ravager les champs alentour et à patauger dans la boue, c’était une tentative d’isoler les lieux, de couper la zone, de freiner notre capacité d’organisation, de nous diviser. Occuper militairement un carrefour est surtout une manière, sur la ZAD comme partout ailleurs, d’occuper nos vies. Durant ces quelques mois, nous avons vécu, de manière plus permanente et plus visible, ce que constitue l’occupation militaire du territoire partout ailleurs. Celle qui sépare les quartiers pauvres des centres-villes, qui rend inhabitable la plupart des espaces dits « publics », celle qui oblige à baisser la tête dans les rues de toutes les métropoles.
L’occupation militaire du territoire, c’est la fonction fondamentale de la police et de l’armée dans nos sociétés. Ce n’est pas un hasard si le contrôle des routes, des carrefours, des rues, constitue l’activité principale des forces de l’ordre dans les démocraties. Cette logique d’occupation permanente n’est pas limitée à la ZAD, mais peut être observée au quotidien dans les rues et les gares, dans les banlieues dortoirs comme dans les centres-villes musées.
Le vendredi 12 avril 2013, à la veille de la manifestation « Sème ta ZAD », les flics ont quitté le carrefour sous une volées de projectiles en tous genres. Au cours du weekend qui a suivi, nous avons dansé, bu et mangé sur cet espace enfin libéré, construit des chicanes pour tenter d’empêcher leurs troupes de revenir, tout en laissant la circulation libre pour nos voisins et le laitier.
Le lundi suivant, le retour en force des gendarmes mobiles a été marqué par des affrontements, expression spontanée et légitime de la colère contre les flics qui, ici comme ailleurs, nous fichent, nous blessent et nous enferment.
Dans la nuit du 19 avril, les flics sont partis une nouvelle fois, pour plus longtemps cette fois (afin de mieux revenir plus tard ?). Depuis ce jour, nous traversons à nouveau cette zone en tous sens, le cœur libéré d’un poids, ravis de ce que nos lieux, d’est en ouest et du nord au sud, redeviennent à nouveau plus proches et qu’on puisse les joindre à vélo ou à pieds librement.
Nous savons que la résistance active à l’occupation militaire du territoire (embuscades, affrontements, harcèlement psychologique...) n’est pas le seul facteur ayant fait partir les gendarmes mobiles. La raison de leur repli stratégique tient surtout à leur impossibilité de maintenir ce dispositif permanent tout en continuant de surveiller l’ensemble du territoire français. Si nous savourons la joie de nous réapproprier encore davantage ce territoire depuis que les flics ont quitté le terrain, nous ne nous faisons pas d’illusions et savons qu’ils restent présents partout ailleurs.
Parce que nous ne sommes pas uniquement en lutte contre un aéroport, mais contre le monde qui le produit.
Parce que la stratégie de pourrissement et de division qui fait suite à la fin de la commission de dialogue et de l’occupation des carrefours de la zone ne doit pas nous faire baisser la garde, bien au contraire.
Parce que nous sommes contre l’aménagement du territoire et contre son contrôle par des forces armées quelles qu’elles soient.
Nous souhaiterions inviter les comités locaux :
à réfléchir et à débattre localement sur les formes que prend l’occupation militaire du territoire là où ils se trouvent ;
à s’organiser pour agir de manière coordonnée dans le but de refaire des routes et carrefours un espace de liberté, de fête et de lutte.
C’est en écho plus encore qu’en solidarité que nous appelons à se réapproprier les carrefours partout. Couper leurs flux afin de faire obstacle à leur contrôle. Que pour une fois au moins, ce soit à eux de faire demi-tour. Qu’on s’arrête et qu’on se rencontre sur des espaces qui nous ont été confisqués, partout où il ne nous est permis que de passer au crible de leur contrôle.
L’occupation temporaire d’un axe routier peut prendre diverses formes : faux péages Vinci par des brigades de clowns ; fêtes de rues à renfort de sambas et de grillades ; barricades, tranchées et chicanes improvisées pour crier « Zad partout ! » ; installation de jardins éphémères sur le bitume des axes métropolitains ; chaînes humaines sur les grands boulevards ; flics de pacotille procédant à des contrôles routiers humoristiques ; et tout ce qui pourrait surgir de l’imagination subversive des comités locaux...
Cette idée a été discutée avec les différents comités locaux à l’occasion des rencontres du 12 mai, et la date du 14 juillet a été proposée pour cette journée d’action contre l’occupation militaire des territoires, proposition de date qui doit être encore rediscutée par les collectifs avant d’être adoptée. Une adresse mail a été créée afin de permettre aux différents collectifs de se prononcer sur la proposition et de participer à l’élaboration de cet appel :
antioccupmilit [at] riseup.net.
Re: lutte à Notre Dame des Landes
Contre l’aéroport et son monde vert... Kaki.
Nantes est à la page, « attractive ». « Démocratie renforcée », « citoyenneté pour tous » et une ville « renversée par l’art », autant de slogans lancés comme des arguments marketing pour vendre la métropole aux nouvelles « classes créatives » (entendez membres des professions intellectuelles dites supérieures, chercheurs, cadres d’entreprises, managers, artistes huppés, etc...). Un forum mondial des droits de l’homme s’inclut à merveille dans la gigantesque opération de promotion de la ville baptisée « Nantes capitale verte 2013 ».
Pourtant, ce qui semble se développer durablement c’est plutôt le cynisme et l’hypocrisie de nos dirigeant-e-s qui fanfaronnent et s’étendent sur leur intérêt « pour un monde plus humain et plus juste ». On voit une nouvelle fois que le capitalisme et l’oligarchie s’accommodent très bien de discours, même les plus « éthiques », même les plus « engagés »... Tant que ces discussions et débats se déroulent dans le cadre dépolitisé d’un forum où l’on peut inviter autant Total que Véolia et faire semblant de ne pas voir en quoi ces firmes ont besoin de ces moments pour construire une façade respectable et ainsi mieux perpétuer l’essentiel : les profits issue de l’exploitation des ressources et des populations du tiers-monde et d’ailleurs.
Comment comprendre autrement la venue de GDF SUEZ (représenté par son directeur de l’engagement sociétal) à un débat sur un « développement plus humain, plus juste » alors que le projet de construction du barrage hydroélectrique de Belo Monte (financé par la firme française) au Brésil menace en ce moment même de détruire le cadre de vie d’environ 40 000 indiens d’Amazonie ?
Comment osent-ils le titre « développement durable/droits de l’homme : même combat ? » quand ce sont les mêmes qui envoient alternativement
l’armée, les gendarmes mobiles ou les CRS matraquer, gazer, mutiler les opposant-e-s à leur aéroport H.Q.E1 ? Quand ils tentent d’enterrer la lutte sous le poids de la répression d’une main et prétendent dialoguer de l’autre ?
Comment ne pas voir la langue de bois quand ce sont les mêmes qui expulsent les Roms tous les 3 mois et travaillent leur vitrine socialiste le lendemain avec un débat intitulé « heureusement différents, vivre avec l’autre ? »
Comment les mêmes dirigeants peuvent-ils disserter « d’habitats, excluants ou innovants », quand on expulse à tour de bras, du collectif « un toit pour tou-te-s jusqu’aux cabanes de Notre dame des landes en passant par les roms et des dizaines de précaires en galère ?
Comment peut-on parler sans rire de « l’Europe, territoire de libertés » quand les cadavres des clandestins s’entassent aux frontières de celle-ci, que les puces RFID s’immiscent de plus en plus dans nos vies, promues par nos élus, qu’à peine construite, la nouvelle prison de Carquefou est déjà en surpopulation, etc ?
Comment ne pas voir l’imposture lorsqu’on nous invite à nous concentrer sur la situation des droits de l’homme au Mali, où ces mêmes droits de l’homme viennent de justifier encore une fois une guerre impérialiste qui ne dit pas son nom ?
Bref, la liste pourrait s’étirer encore longuement.
Il semblerait que l’on puisse tout dire tant que le pouvoir des affairistes, des technocrates et autres experts et des politiciens qui nous gouvernent ne sont pas remis en question.
Ce forum mondial des droits de l’homme est pour nous à peu près aussi crédible qu’un aéroport haute qualité environnementale, nous ne sommes pas
dupes !
RDV 17h00 à l’arrêt de "busway" (L4) "Cité des Congrès" à Nantes, le mercredi 22 mai pour aller le leur dire !
Co-voiturage au départ de la ZAD, à 15h30 pétantes à la buvette du carrefour de la saulce.
VENEZ NOMBREU-X/SES !
Des occupant-e-s contre l’aéroport et son monde vert... kaki
Re: lutte à Notre Dame des Landes
Photos 11 mai :
Les 2 hash :
89f9a6c31ae3c33998b191f07f015b09c4566f73 (92 Mo)
acf71d9a4e58ab45babadd0dd0844e438f64933c (89 Mo)
Les 2 fiches détaillées :
http://thepiratebay.sx/torrent/8488184/ ... 2013_05_11
http://thepiratebay.sx/torrent/8488134/ ... 2013_05_11
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Re: lutte à Notre Dame des Landes
Ségolène Royal : « Notre-Dame-des-Landes sera très difficile à faire » AFP 15/05
Ségolène Royal (PS), présidente de la région Poitou-Charentes, a estimé ce dimanche que la construction de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes « sera très difficile à faire » et a jugé qu’il fallait « sortir par le haut » dans ce dossier.
Invitée du Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro, l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle était interrogée sur un parallèle qu’elle établit dans son livre, « cette belle idée du courage », entre la contestation du projet d’aéroport et le combat qu’elle avait mené pour la préservation du marais poitevin. « Il faut trouver des solutions en s’écoutant, se respectant, en se comprenant ».
Re: lutte à Notre Dame des Landes
Trente ans après, Plogoff reste une référence, jusqu’à Notre-Dame-des-Landes AFP 24/05
Plusieurs dizaines de milliers de personnes participent à une manifestation anti-nucléaire, organisée par le comité de lutte contre la centrale de Plogoff, le 25 mai 1980
Entré dans la mémoire collective, le combat victorieux des habitants du village breton de Plogoff contre un projet de centrale nucléaire demeure, trente ans après, une référence, y compris dans la mobilisation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, même si le contexte n’est pas le même.
Sortie en mars, une bande dessinée sobrement intitulée "Plogoff" (Delcourt) s’arrache comme des petits pains. Pourtant, ses auteurs, Delphine Le Lay et Alexis Horellou, étaient à peine nés à l’époque des grandes manifestations du printemps 1981 qui virent entre 50.000 et 100.000 personnes s’opposer à la centrale. Le projet de cette usine, qui devait s’élever dans le Finistère, tout près de la pointe du Raz, à l’initiative du président Valéry Giscard d’Estaing, avait finalement été annulé par son successeur François Mitterrand après sa victoire du 10 mai 1981.
Trois décennies plus tard, le film "Plogoff, des pierres contre des fusils", qui retrace au quotidien cette lutte épique et met en évidence le rôle important des femmes dans cette mobilisation, n’en finit pas d’être projeté un peu partout en France au grand bonheur de ses auteurs, Nicole et Félix Le Garrec, qui continuent, en parallèle, d’en écouler des milliers de copies en DVD.
"Pour nous, c’est l’occasion de rencontrer les jeunes générations, de dialoguer avec elles", se réjouit le couple à la retraite, toujours prêt à repartir sur les routes depuis son village battu par les vents.
Naïg Le Gars, conseillère régionale Union démocratique bretonne (UDB), dont la conscience politique s’est en partie forgée à Plogoff, a participé à un débat en avril à Notre-Dame-des-Landes pour partager cette expérience avec les opposants au projet d’aéroport nantais cher au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.
"Il y a un parallèle entre les deux luttes du point de vue de la mobilisation des jeunes et de la recherche de solutions alternatives ; parallèle également au niveau de la rupture entre la population civile, si je peux dire, et le monde des élus", estime-t-elle.
Le "petit village en lutte"
Mais pour l’élue régionale, "les enjeux sont différents : le nucléaire apparaissait à juste titre comme dangereux, alors que l’aéroport n’est pas comparable de ce point de vue. De même, à Plogoff, il y avait une très forte mobilisation de la population ; alors qu’à Notre-Dame-des-Landes, c’est quand même la campagne, ce qui explique que la population extérieure soit plus nombreuse dans la mobilisation que la population locale. Ca donne deux mondes qui ont parfois du mal à cohabiter".
Dans la lutte contre la centrale nucléaire, "les gauchistes étaient accueillis en tant qu’individus mais pas davantage. Il y avait un contrôle social très fort (...) Les habitants ont su conserver leur indépendance et ça a beaucoup compté pour gagner la sympathie des médias, l’image du petit village en lutte", relève Gilles Simon, qui a tiré un livre, "Plogoff, l’apprentissage de la mobilisation sociale" (Presses Universitaires de Rennes), de sa thèse en sciences politiques. "Dès qu’il y avait des tentatives de récupération, leurs auteurs étaient mis au pas", complète Nicole Le Garrec.
A Plogoff, contrairement à Notre-Dame-des-Landes, "il y avait une échéance claire", la présidentielle de mai 1981, rappelle Naïg Le Gars. "On a souvent pensé que, sans cette échéance, si ça avait duré plus longtemps, ça aurait dérapé et il y aurait eu des morts", rappelle-t-elle pour expliquer les comportements jugés plus radicaux parfois observés en Loire-Atlantique, où le combat initial remonte à plus de 40 ans.
Symbole de ce lien entre les deux luttes, Agnès Belaud, cheville ouvrière de l’Acipa (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par l’aéroport), avait une part dans le Groupement foncier agricole, constitué sur le site prévu pour la centrale à Plogoff. "Pour moi, l’important, c’est toujours la défense des terres agricoles", confie-t-elle.
"Ce qui reste dans la mémoire, c’est que, quand on se mobilise fortement, on peut faire plier l’Etat. Et ça, ça parle à beaucoup de gens encore aujourd’hui", commente Gilles Simon. Avec le film, puis la BD, estime-t-il, "le réel est en train de passer dans l’imaginaire, de devenir un modèle".
Pourtant, à Plogoff, on est fatigué d’entendre parler de cette histoire, constate Gilles Simon : "Les habitants détestent quand on vient leur parler de ça. Ce combat en a déstabilisé beaucoup et ce sont des gens plutôt pudiques".
Re: lutte à Notre Dame des Landes
Notre-Dame-des-Landes : la bataille sur internet 15/04
Alors que les tensions montent sur le terrain du futur aéroport près de Nantes, les échanges de messages via les réseaux sociaux s’enflamment. Petit tour des positions sur Twitter.
La bataille de Notre-Dame-des-Landes ne se fait pas que sur le terrain. Déjà très actifs pendant la trêve, les partisans et opposants du projet d’aéroport s’agitent particulièrement sur le réseau social Twitter depuis ce lundi matin, alors que les affrontements entre opposants et forces de l’ordre ont repris sur le site.
Des anti-aéroport commentent ainsi en direct la poussée des forces de l’ordre : "Grenades assourdissantes à #NDDL ce matin. Déjà trois blessés. Des opposants transportés au CHU de Nantes. Ayrault est un ours blessé", raconte Pierrot de Nantes. Phemiss témoigne : "Très gros dispositif. Moyens humains et matériel démolition prêts à intervenir. Basé ancien super U Vigneux #NDDL." Camille Zador raconte : "Reprise de la bataille à #NDDL après les quelques mètres gagnés pendant sème ta #Zad Mr propre fait un complexe d'autorité ! Résistance."
Les partisans défendent leurs mesures
Les partisans du projet ne sont pas en reste pour occuper le terrain du Web. Ainsi, Philippe Grosvallet, président du conseil général de Loire-Atlantique, rappelle sur twitter les mesures "inédites" prises pour protéger le site, notamment le périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PEAN) "Ce périmètre, de par son ampleur (19000 ha entre #Nantes et #NDDL ) et son plan d'action, sera une référence en France!" Ce que Jacques Auxiette, président de la Région, relaie aussitôt : "Bravo à @PGrosvalet et @gilles_retiere : une première mesure très forte (19000 ha protégés) pour réaliser #NDDL de façon exemplaire."
Gilles Retière, président de Nantes métropole, affiche la même communication : "PEAN : 19 000 hectares sanctuarisés : le + grand périmètre de protection des espaces naturels et agricoles en #France #Nantes #NDDL". Enfin, l’Acipran, association de citoyens pour le projet, rappelle, elle, que "malgré la démarche d'apaisement et de dialogue conduite par le gouvernement de nouveaux affrontements sont en cours à #NDDL. #démocratie".
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