Je propose, pour pas polluer le topic de l'annonce d'un rendez vous pour les grévistes de multipro à Paris, d'échanger quelques avis sur pour l'instant deux thèmes, mais vous pouvez en rajouter d'autres :
- Travaille(euses)urs sans papiers.
- Prisonni(ère)ers politiques.
Termes du débat
Termes du débat
"Nous considérons les fins inséparables des moyens, parce que les méthodes de lutte laissent déjà entrevoir la vie pour laquelle nous nous battons".
Re: Termes du débat
Pour ma part, avancer "travailleurs sans papiers", si l'on considère que n'importe quel prolétaire est (y compris au chômage) un travailleur, bah ok mais alors au fond pourquoi "travailleur" et pas "prolétaire" voire "rien" (sans papiers) ? Parce que la distinction qui s'imposerait, à la limite effectivement, est que parmi les sans papiers, il y a quelques patrons ou chefs d'une industrie d'exploitation quelconque.
Après, j'ai envie de dire, et alors ? Je hais les patrons, mais à part si on veut faire une liste des sans papiers "cools" et des "pas cools" la question est surtout que je pense qu'on devrait s'écarter des voies qui visent à définir qui pourrait habiter la France ou pas. Par contre, lutter contre l'exploitation en ne niant pas qu'elle existe entre sans papiers, me semble plus intéressant. En somme, "contre les frontières, contre l'exploitation". Mais je travaille pas avec la préfecture. Ça ne m'intéresse pas. Je peux détester quelqu'un en pensant qu'il n'a pas à se faire reconduire à la frontière (ou se faire mettre en prison pour élargir).
Pour "prisonniers politiques", Doctor Louarn tu dis : "La lutte pour l'utilisation du terme "prisonnier social" est très bonne mais malgré tout si quelqu'un se positionne et se définit comme "prisonnier politique" qu'il l'est pour des positions et/ou des actes politiques, je vois pas pourquoi on lui retirerait le terme (c'est lui ou elle qui se définit alors comme "différentEs" des autres prisonnierEs)."
Bah je pense que c'est un peu le problème. En fait des luttes dans les prisons, y en a des tas depuis toujours, et particulièrement contre les statuts particuliers (DPS - Détenu particulièrement surveillé par exemple), et chercher à avoir des améliorations de sa condition par rapport aux autres prisonniers (pauvres prisonniers sociaux), je sais pas, ça craint non ? A moins que le but soit la reconnaissance par l'Etat d'un certain ennemi, mais ça on s'en fout non ? De ce qu'il en pense, notre ennemi.
Après, j'ai envie de dire, et alors ? Je hais les patrons, mais à part si on veut faire une liste des sans papiers "cools" et des "pas cools" la question est surtout que je pense qu'on devrait s'écarter des voies qui visent à définir qui pourrait habiter la France ou pas. Par contre, lutter contre l'exploitation en ne niant pas qu'elle existe entre sans papiers, me semble plus intéressant. En somme, "contre les frontières, contre l'exploitation". Mais je travaille pas avec la préfecture. Ça ne m'intéresse pas. Je peux détester quelqu'un en pensant qu'il n'a pas à se faire reconduire à la frontière (ou se faire mettre en prison pour élargir).
Pour "prisonniers politiques", Doctor Louarn tu dis : "La lutte pour l'utilisation du terme "prisonnier social" est très bonne mais malgré tout si quelqu'un se positionne et se définit comme "prisonnier politique" qu'il l'est pour des positions et/ou des actes politiques, je vois pas pourquoi on lui retirerait le terme (c'est lui ou elle qui se définit alors comme "différentEs" des autres prisonnierEs)."
Bah je pense que c'est un peu le problème. En fait des luttes dans les prisons, y en a des tas depuis toujours, et particulièrement contre les statuts particuliers (DPS - Détenu particulièrement surveillé par exemple), et chercher à avoir des améliorations de sa condition par rapport aux autres prisonniers (pauvres prisonniers sociaux), je sais pas, ça craint non ? A moins que le but soit la reconnaissance par l'Etat d'un certain ennemi, mais ça on s'en fout non ? De ce qu'il en pense, notre ennemi.
"Nous considérons les fins inséparables des moyens, parce que les méthodes de lutte laissent déjà entrevoir la vie pour laquelle nous nous battons".
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Doctor Louarn
- squatteur/euse

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Re: Termes du débat
je te réponds plus tard (un petit up en quelque sorte)
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Doctor Louarn
- squatteur/euse

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Re: Termes du débat
sur les termes "Travail" "travailleurs" etc...
La dans le cas en particulier de la grève des sans papiers, c'est bien parce que c'est des salariés en grève donc logique. Utiliser le terme travailleurs et travailleuses sous tend plus la condition de devoir le faire pour vivre. Mais je ne suis pas pour son utilisation systématique, au contraire, je pense que ça noie souvent la réalité des conditions différentes.
Le terme travail qu'on peut par contre trouver dans les sigles CGT-CNT-CGT/FO la référence est là purement ASSR (anarchosyndicaliste-syndicaliste révolutionnaire) dans le sens de l'opposition à un "parti du travail" qui serait le mouvement social/le prolétariat en lutte (rien à voir avec le un parti institutionnel) face au "parti du capital". En gros c'est aussi une des bases de la pensée "apolitique" (institutionnel) de l'ASSR: il n'y a que deux partis en luttes, la politique institutionnelle ne libérera personne et est en dehors de la vraie lutte (une autre manière de voir que l'abstentionnisme anar mais avec les même conclusions pratiques: prenons nos affaires en main).

en gros on est d'accord, c'est pas aux militants de faire le tri.
chomeurs-euses) et exploiter par des bons petits francaouis de souche qui abuse du principe de la peur d'une OQTF
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1585
ou comme autre exemple le cas des émeutes en italie (cf CQFD)
http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article2213)
Après c'est clair que les dominations existe entre sans papiers aussi comme dans le reste de la société (domination sexiste, économique...) . Mais être un gros patron sans papiers (et même un patron tout court) d'un point de vue strictement pratique ca me semble difficile...
1/ Faire savoir que on peut être en tôle pour des motifs politiques.
2/ Veulent se distinguer des sociaux (qu'ils nommeraient droit commun)
je pense qu'on ne peut que les nommer comme tels, à moins de ne pas les soutenir du tout.
Dans le même sens: une partie des militants afro américains enfermés aux USA se définissent comme prisonnier de guerre, ca montre une certaine réalité sur la répression étasunienne (cointelpro, volonté aussi d'en découdre avec les forces de répression...).
Nous on a eu le débat dans mon orga sur le soutien aux prisonniers bretons, il y a quelques années. Ils se définissaient comme "prisonniers politiques". Pour eux utiliser ce terme c'était montrer les véritables raisons de leur mis au cachot (volonté pour l'état d'en finir avec une frange radicale du mouvement breton ), et le redonner un autre sens à leur arrestation que de laisser les gens se limiter à la terminologie de la campagne de presse policière: "ce ne sont pas des terroristes, ce sont des prisonniers politiques". Voilà aussi le sens que ca prenait. Mettre en avant aussi la campagne de rafle massive de la DNAT. Et effectivement, ils jugeaient surement les raisons de leur emprisonnement différentes de celles des droits communs. Ça n'était pas tous des prisonniers libertaires (mais les prisonniers d'AD ne le sont pas tous non plus, par exemple) et le débat on l'a eu avec eux après leur sortie. Je pense qu'il y a des priorités à certains moments et c'est aux premiers concernés de décider.
Après en fonction de ça, tu soutiens ou pas. Nous on les a soutenu en tant que prisonniers politiques comme on soutient des prisonniers qui se définissent sociaux (pour des actes de résistances sociales, politiques ou non)...
La dans le cas en particulier de la grève des sans papiers, c'est bien parce que c'est des salariés en grève donc logique. Utiliser le terme travailleurs et travailleuses sous tend plus la condition de devoir le faire pour vivre. Mais je ne suis pas pour son utilisation systématique, au contraire, je pense que ça noie souvent la réalité des conditions différentes.
Le terme travail qu'on peut par contre trouver dans les sigles CGT-CNT-CGT/FO la référence est là purement ASSR (anarchosyndicaliste-syndicaliste révolutionnaire) dans le sens de l'opposition à un "parti du travail" qui serait le mouvement social/le prolétariat en lutte (rien à voir avec le un parti institutionnel) face au "parti du capital". En gros c'est aussi une des bases de la pensée "apolitique" (institutionnel) de l'ASSR: il n'y a que deux partis en luttes, la politique institutionnelle ne libérera personne et est en dehors de la vraie lutte (une autre manière de voir que l'abstentionnisme anar mais avec les même conclusions pratiques: prenons nos affaires en main).

Ben le but c'est des papiers pour tous, après on règle le truc avec les patrons sur place(t'aurais pu ajouter même un paquet de pourris). Mais c'est vrai que quitte à utiliser son énergie, je préfère que ça soit à des gens bien... c'est comme une grève dans un boite tu ne sais pas nécessairement ce que tes collègues feraient si ils avaient du pognon (et la possibilité d'être calife à la place du calife) ou pour qui ils ont voté aux dernières élections. Tu les mettras devant leur contradictions plus tard...Asylum a écrit :parmi les sans papiers, il y a quelques patrons ou chefs d'une industrie d'exploitation quelconque.
en gros on est d'accord, c'est pas aux militants de faire le tri.
Bien sur qu'elle peut exister mais après il ne faut pas que ca voile la réalité qui est que la majorité des sans papiers sont des prolétaires (travailleurs-ses oulutter contre l'exploitation en ne niant pas qu'elle existe entre sans papiers
chomeurs-euses) et exploiter par des bons petits francaouis de souche qui abuse du principe de la peur d'une OQTF
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1585
ou comme autre exemple le cas des émeutes en italie (cf CQFD)
http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article2213)
Après c'est clair que les dominations existe entre sans papiers aussi comme dans le reste de la société (domination sexiste, économique...) . Mais être un gros patron sans papiers (et même un patron tout court) d'un point de vue strictement pratique ca me semble difficile...
Je suis d'accord avec ton point de vue. Simplement si les gens se définissent comme politiques parce qu'ils veulent:Asylum a écrit :Bah je pense que c'est un peu le problème. En fait des luttes dans les prisons, y en a des tas depuis toujours, et particulièrement contre les statuts particuliers (DPS - Détenu particulièrement surveillé par exemple), et chercher à avoir des améliorations de sa condition par rapport aux autres prisonniers (pauvres prisonniers sociaux), je sais pas, ça craint non ? A moins que le but soit la reconnaissance par l'Etat d'un certain ennemi, mais ça on s'en fout non ? De ce qu'il en pense, notre ennemi.
1/ Faire savoir que on peut être en tôle pour des motifs politiques.
2/ Veulent se distinguer des sociaux (qu'ils nommeraient droit commun)
je pense qu'on ne peut que les nommer comme tels, à moins de ne pas les soutenir du tout.
Dans le même sens: une partie des militants afro américains enfermés aux USA se définissent comme prisonnier de guerre, ca montre une certaine réalité sur la répression étasunienne (cointelpro, volonté aussi d'en découdre avec les forces de répression...).
Nous on a eu le débat dans mon orga sur le soutien aux prisonniers bretons, il y a quelques années. Ils se définissaient comme "prisonniers politiques". Pour eux utiliser ce terme c'était montrer les véritables raisons de leur mis au cachot (volonté pour l'état d'en finir avec une frange radicale du mouvement breton ), et le redonner un autre sens à leur arrestation que de laisser les gens se limiter à la terminologie de la campagne de presse policière: "ce ne sont pas des terroristes, ce sont des prisonniers politiques". Voilà aussi le sens que ca prenait. Mettre en avant aussi la campagne de rafle massive de la DNAT. Et effectivement, ils jugeaient surement les raisons de leur emprisonnement différentes de celles des droits communs. Ça n'était pas tous des prisonniers libertaires (mais les prisonniers d'AD ne le sont pas tous non plus, par exemple) et le débat on l'a eu avec eux après leur sortie. Je pense qu'il y a des priorités à certains moments et c'est aux premiers concernés de décider.
Après en fonction de ça, tu soutiens ou pas. Nous on les a soutenu en tant que prisonniers politiques comme on soutient des prisonniers qui se définissent sociaux (pour des actes de résistances sociales, politiques ou non)...
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Doctor Louarn
- squatteur/euse

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Re: Termes du débat
je pense que ce débat est intéressant...
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